bien-pensant

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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

(xixe siècle) De bien et pensant.

Adjectif[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin bien-pensant
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃/
bien-pensants
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃/
Féminin bien-pensante
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃t/
bien-pensantes
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃t/

bien-pensant

  1. Qui pense correctement, selon les codes en vigueur. Conformiste, bien formaté.
    • La bourgeoisie, la gauche bien-pensante.
    • Le but de notre École est de former des têtes bien-pensantes.
    • L'ascenseur social est une invention des tronches bien-pensantes.
    • Notre ligne bien-pensante et notre empathie pour tous ceux qui souffrent dans le monde, ne nous interdit pas de passer des petites annonces coquines et des pubs de luxe.
  2. Vertueux, qui s'aligne sur la morale ambiante, avec bonne conscience.
    • Les associations bien-pensantes abattent une chape de plomb sur le porno-chic publicitaire.
    • Comme c'est un homme bien-pensant, il a tenu sa promesse, malgré son accident. (Dumas)
    • (…) Elle était cousine des Buivres. (…) Elle avait reporté sur tous les Buivres ce qu'elle pouvait éprouver de sentiments de famille. Elle ressentait une honte personnelle des vilenies de celui qui avait un conseil judiciaire, et, autour de son front bien-pensant, sur ses bandeaux orléanistes, portait naturellement les lauriers de celui qui était général. (Proust, Les plaisirs et les jours, 1896)

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier | modifier le wikicode]

Nom commun[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin bien-pensant
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃/
bien-pensants
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃/
Féminin bien-pensante
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃t/
bien-pensantes
/bjɛ̃.pɑ̃.sɑ̃t/

bien-pensant

  1. Conformiste, personne qui fait siennes les idées du courant dominant dans le domaine de la morale et de la politique.
    • À la police, on lui avait donné des renseignements parfaits du mari.
      « Employé au ministère de l’intérieur, correct, bien noté, bien pensant, mais marié à une femme fort jolie, dont les dépenses semblaient un peu exagérées pour sa position modeste. » Voilà tout.
      (Maupassant, Rouerie, in Le père Milon , éd. 1899)
    • Waldeck-Rousseau, avocat célèbre, gendre du demi-dieu de la Salpêtrière, Charcot, grand bourgeois libéral et magnifique de la meilleure espèce parlementaire, ne pouvait guère passer pour un démagogue, un chambardeur, aux yeux des bien-pensants. De plus, il eut l'adresse de charger des plus basses besognes du ministère un homme encore cher au cœur des amis de l'ordre, l'ancien vainqueur de la Commune, le général au profil de gamin cynique, jouant les loustics et les têtes brûlées, mais non moins expert et docile qu'une vieille cocotte, Galliffet. (Bernanos, La Grande Peur des bien-pensants, 1931)


Références[modifier | modifier le wikicode]