bienséance

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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

(1534) Dérivé de bienséant [1] [2]

Nom commun[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
bienséance bienséances
/bjɛ̃.se.ɑ̃s/

bienséance /bjɛ̃.se.ɑ̃s/ féminin

  1. Convenance de ce qui se dit ou se fait avec ce qui est dû aux personnes, à l’âge, au sexe, à la condition, et avec les usages reçus, les mœurs publiques, le temps, le lieu, etc. Qui correspond à l'idée qu'un groupe social se fait de la morale, du bien, du beau et de l'honnête.
    • Cela choque la bienséance, blesse les bienséances, est contraire à la bienséance.
    • Il sait ce que demande, ce que prescrit, ce que veut la bienséance, ce que veulent les bienséances.
    • Il l’a fait par bienséance. Connaître les bienséances. Observer les bienséances.
    • Les règles, les lois de la bienséance. Se mettre au-dessus des bienséances. Cela est contre la bienséance.
    • Ne pas s'écarter de la bienséance. L’oubli des bienséances. Une ignorance grossière des bienséances.
    • PHILINTE
      Il est bon de cacher ce qu’on a dans le cœur.
      Serait-il à propos, et de la bienséance,
      De dire à mille gens tout ce que d’eux, on pense ?
      ( Molière, Le Misanthrope, 1666)
    • «Il faut faire comme les autres»: maxime suspecte, qui signifie presque toujours: «il faut mal faire» dès qu'on l'étend au-delà de ces choses purement extérieures, qui n'ont point de suite, qui dépendent de l'usage, de la mode ou des bienséances. (La Bruyère, Les Caractères, 1688)
    • Je crois qu’il est bon d’avertir ici que bien qu’il y ait dans Esther des personnages d’hommes, ces personnages n’ont pas laissé d’être représentés par des filles avec toute la bienséance de leur sexe. La chose leur a été d’autant plus aisée qu’anciennement les habits des Persans et des Juifs étaient de longues robes qui tombaient jusqu’à terre. (Racine, Esther, Préface, 1689)
    • (…) En Amérique, où nous ne dépendons que de nous-mêmes, où nous n’avons plus à ménager les lois arbitraires du rang et de la bienséance, où l’on nous croit même mariés, qui empêche que nous ne le soyons bientôt effectivement et que nous n’anoblissions notre amour par des serments que la religion autorise ? (Prévost, Manon Lescaut, 1731)
    • Braver toujours les bienséances est d’une âme abjecte ou corrompue ; en être esclave dans toutes les occasions est d’une âme petite. (Joubert, Pensées, essais et maximes, 1838)
    • Je n'estime pas ces originaux-là. D'autres en font leurs connaissances familières, même leurs amis. Ils m'arrêtent une fois l'an, quand je les rencontre, parce que leur caractère tranche avec celui des autres, et qu'ils rompent cette fastidieuse uniformité que notre éducation, nos conventions de société, nos bienséances d'usage ont introduite. S'il en paraît un dans une compagnie ; c'est un grain de levain qui fermente qui restitue à chacun une portion de son individualité naturelle. Il secoue, il agite ; il fait approuver ou blâmer ; il fait sortir la vérité ; il fait connaître les gens de bien ; il démasque les coquins ; c'est alors que l'homme de bon sens écoute, et démêle son monde. Je connaissais celui-ci de longue main. (Diderot, Le neveu de Rameau, éd.1891)
    • (…) moi je vous dis: pour les porcs, tout est porc !
      C'est pourquoi les exaltés et les humbles, qui inclinent leur cœur, prêchent ainsi: "Le monde lui-même est un monstre fangeux."
      Car tous ceux-là ont l'esprit malpropre; surtout ceux qui n'ont ni trêve ni repos qu'ils n'aient vu le monde par derrière, - ces hallucinés de l'arrière-monde!
      C'est à eux que je le dis en plein visage, quoique cela choque la bienséance : en ceci le monde ressemble à l'homme, il a un derrière, - ceci est vrai !
      Il y a dans le monde beaucoup de fange: ceci est vrai ! mais ce n'est pas à cause de cela que le monde est un monstre fangeux!
      (Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1883, trad. H. Albert, 1898)
    • La tyrannie des bienséances. (Jean Guéhenno, Jean-Jacques, 1950) [1]

Synonymes[modifier | modifier le wikicode]

Antonymes[modifier | modifier le wikicode]

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

  • Être à la bienséance de quelqu’un, (Vieilli) Ce qu’il conviendrait à quelqu’un d’avoir.
    Cet emploi, ce poste est à votre bienséance.
    Cette terre est à votre bienséance, à cause du voisinage. On dit plutôt aujourd’hui Être à la convenance de…
  • Par droit de bienséance, (Familier) Sans avoir aucun autre droit que celui de sa propre convenance, de sa propre commodité.

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Prononciation[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  1. a et b TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé (1971-1994) (bienséance)
  2. Petit Robert 1976