cocu
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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[modifier] Français
Étymologie
- Du coucou, dont la femelle passait pour volage (usage attesté dès le XVe siècle).
- Le mot français coucou vient lui même de l’ancien français cocu signifiant le coucou, et venait lui-même de l’ancien provençal cogot (coguos, coutz) ou de l’ancien catalan cugus. Le mot cogul signifie aussi bien coucou que cocu dans l’occitan provençal actuel ; il vient du latin coculus dont le second u était prononcé allongé (il signifiait alors coucou) ou bref. En ancien français, cous correspondait à cucus, substitut vernaculaire du cuculus latin. Les mots cocu du français et cogot du provençal actuel auraient aussi une autre origine depuis cucutus (traité tel un coucou, dont la femelle est trompée par le mâle) qui a aussi donné cocotte.
Adjectif
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin | cocu /kɔ.ky/ |
cocus /kɔ.ky/ |
| Féminin | cocue /kɔ.ky/ |
cocues /kɔ.ky/ |
cocu masculin
- Dupé, trompé, victime d’infidélité conjugale.
- […] il la conduirait devant le maire et devant le curé, se disant à lui-même, en manière de consolation, que, s’il était dans son destin de devenir cocu, il le serait certainement moins longtemps que s’il avait suivi l’exemple de ses anciens camarades et s’était comme ces derniers marié vers la trentaine. — (Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Chanceux, veinard.
- Alors toi, aujourd'hui, tu es vraiment cocu, tu pourrais jouer les yeux fermés !
Nom commun
| Singulier | Pluriel | |
|---|---|---|
| Masculin | cocu /kɔ.ky/ |
cocus /kɔ.ky/ |
| Féminin | cocue /kɔ.ky/ |
cocues /kɔ.ky/ |
cocu masculin
- (Familier) Personne dont le partenaire ou le conjoint est infidèle.
- A-t-on mieux cru jamais être cocu que moi.
Vous voyez qu’en ce fait la plus forte apparence
Peut jeter dans l’esprit une fausse créance :
De cet exemple-ci, ressouvenez-vous bien,
Et quand vous verriez tout, ne croyez jamais rien. — (Molière, Sganarelle ou le Cocu imaginaire, scène dernière) - LISETTE : Par ma foi, je lui sais bon gré de cette affaire,
Et ce prix de ses soins est un trait exemplaire.
LÉONOR : Je ne sais si ce trait se doit faire estimer ;
Mais je sais bien qu’au moins je ne le puis blâmer.
ERGASTE : Au sort d’être cocu son ascendant l’expose,
Et ne l’être qu’en herbe est pour lui douce chose. — (Molière, L’École des maris, acte III, scène 9) - CHRYSALDE : Vous pensez vous moquer, mais à ne vous rien feindre,
Dans le monde je vois cent choses plus à craindre,
Et dont je me ferais un bien plus grand malheur,
Que de cet accident qui vous fait tant de peur.
Pensez-vous qu’à choisir de deux choses prescrites,
Je n’aimasse pas mieux être ce que vous dites,
Que de me voir mari de ces femmes de bien,
Dont la mauvaise humeur fait un procès sur rien.
Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses,
Se retranchant toujours sur leurs sages prouesses,
Qui pour un petit tort qu’elles ne nous font pas,
Prennent droit de traiter les gens de haut en bas,
Et veulent sur le pied de nous être fidèles,
Que nous soyons tenus à tout endurer d’elles :
Encore un coup compère, apprenez qu’en effet,
Le cocuage n’est que ce que l’on le fait,
Qu’on peut le souhaiter pour de certaines causes,
Et qu’il a ses plaisirs comme les autres choses.
ARNOLPHE : Si vous êtes d’humeur à vous en contenter,
Quant à moi ce n’est pas la mienne d’en tâter ;
Et plutôt que subir une telle aventure…
CHRYSALDE : Mon Dieu ne jurez point de peur d’être parjure ;
Si le sort l’a réglé, vos soins sont superflus,
Et l’on ne prendra pas votre avis là-dessus.
ARNOLPHE : Moi ! je serais cocu ?
CHRYSALDE : Vous voilà bien malade,
Mille gens le sont bien sans vous faire bravade ;
Qui de mine, de cœur, de biens et de maison,
Ne feraient avec vous nulle comparaison. — (Molière, L’École des femmes, acte IV, scène 8) - Avoir une veine (une chance) de cocu. Être très chanceux.
- A-t-on mieux cru jamais être cocu que moi.
- Celui qui est trompé, dupé, le dindon de la farce.
- Dans cette histoire, c’est moi le cocu.
- (Argot) Escargot (en France dans le Sud-Ouest), peut-être à cause des prétendues cornes dont on affuble parfois les maris trompés, ou à cause de sa coquille (ou coque).
Traductions
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Apparentés étymologiques
Voir aussi
- cocu sur Wikipédia

Références
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Tout ou partie de cet article est extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (cocu), mais l’article a pu être modifié depuis.