cours

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Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

Du latin cursus, de currere.

Nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

Singulier et pluriel
cours
/kuʁ/

cours /kuʁ/ masculin, singulier et pluriel identiques

  1. Mouvement d’écoulement, flux, étendue parcourue par l’eau des fleuves, des rivières et des ruisseaux
    • Dans cette partie de son cours, la Lanterne reçoit les eaux de nombreux ruisseaux ou « rus » provenant des vallons tourbeux voisins. (Gustave Malcuit, Contributions à l'étude phytosociologique des Vosges méridionales saônoises, les associations végétales de la vallée de La Lanterne, thèse de doctorat, Soc. d'édit. du Nord, 1929, p.6)
    • Descendre, remonter le cours d’un fleuve.
    • Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours.
    • Une rivière dont le cours,
      Image d’un sommeil doux, paisible, et tranquille,
      Lui fit croire d’abord ce trajet fort facile.
      (Jean de la Fontaine, Fables, VIII, XXIII (Le Torrent et la Rivière))
  2. (Par analogie) Qualifie l’étendue ou l’écoulement de certaines choses.
    • […] principalement l’idée qu’il avoit d’établir le véritable cours de la ligne de montagnes, qui commence à la mer Noire, va parallèlement au Danube jusqu’au mont St-Gothard, et continue jusqu’à la Méditerranée. (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Éloge de M. le comte Marsigli)
    • Je voudrais que du ciel le barbare secours
      De mon sang dans mon cœur eût arrêté le cours.
      (Voltaire, Zaïre, III, 3)
  3. Mouvement, course réel ou apparent des astres.
    • Le cours apparent du soleil va d’est en ouest.
    • Que puisses-tu, grand soleil de nos jours,
      Faire sans fin le même cours !
      (François de Malherbe, III, 4)
    • Le soleil pâlit au milieu de son cours, et l’azur du ciel, traversé de bandes verdâtres, semble se décomposer dans une lumière louche et troublée. (François-René de Chateaubriand, Les Martyrs, livre dix-neuvième, volume 2, éd. Le Normant, 1809, p. 239)
  4. Développement, enchaînement; direction que prennent certaines choses, ou qu’on leur donne.
    • Le cours des saisons, des événements.
    • Nous verrons quel cours prendra cette affaire.
    • Je lui prête mon bras sans engager mon âme ;
      Je m’abandonne au cours de sa félicité,
      Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté.

      (Pierre Corneille, Sertorius, III, 2)
    • Les choses quelquefois prennent un autre cours. (Pierre Corneille, Nicomède, IV, 5)
    • […] Mon sang rompt le cours du mal que j’avais fait. (Pierre Corneille, Nicomède, V, 10)
    • J’observe comme vous cent choses tous les jour
      Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours.
      (Molière, Le Misanthrope, I, 1)
    • Ni ils ne sont maîtres des dispositions que les siècles passés ont mises dans les affaires, ni ils ne peuvent prévoir le cours que prendra l’avenir, loin qu’ils le puissent forcer. (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 8)
    • Ce serait en tous cas à moi qu’il se faudrait prendre du cours qu’ont eu vos deux lettres. (Jacques-Bénigne Bossuet, Lettres sur l’affaire du quiétisme, 141, 75 (À M. de Rancé), 22 août 1697)
    • […] mais ce sont des coups qui se font remarquer, et qui sortent de l’ordre commun, au lieu qu’il n’y a qu’à laisser aller les choses leur cours naturel, et vous mourrez tel que vous êtes […] (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le lundi de Pâques sur la fausse confiance)
    • Je dis la raison : car ce serait se figurer, comme ces philosophes insensés, une divinité indolente, […] qui suit le cours des révolutions humaines, sans leur donner elle-même de mouvement […] (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le mercredi de la deuxième semaine de Carême sur la vocation)
    • Les uns se représentoient un dieu oisif […] laissant au hasard le cours des siècles et des saisons, les révolutions des empires, la destinée de chaque particulier, la machine entière de ce vaste univers […] (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le jour de Noël)
    • Vous ne sauriez […] Conter vos malheurs sans conter mon histoire ;
      Et lorsque, ce matin, j’en écoutais le cours,
      Mon cœur vous répondait tous vos mêmes discours.
      (Jean Racine, Mithridate, II, 6)
    • Désormais que ma muse, aussi bien que mes jours,
      Touche de son déclin l’inévitable cours.
      (Jean de la Fontaine, Poésies mêlées, LXIX)
    • Quand on est au cours des plus grandes affaires, rarement tombe-t-on dans certaines petitesses. (Vauvenargues, Sujétion de l’esprit)
  5. Durée.
    • La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre.
    • J’en romprai bien le cours [de sa vie]. (Pierre Corneille, Horace, III, 6)
    • Dans le cours d’une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian. (Pierre Corneille, Héraclius empereur d’Orient, V, 6)
    • Mais enfin ce héros, sujet au cours des ans,
      A trop longtemps vaincu pour vaincre encor longtemps.
      (Pierre Corneille, Sertorius, II, 1)
    • Encore une fois, tout est vain en l’homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle […] (Jacques-Bénigne Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, Duchesse d’Orléans)
    • Puis donc, mon cher Polyclès, qu’à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans où je me trouve, j’ai assez vécu pour connaître les hommes ; que j’ai vu d’ailleurs, pendant le cours de ma vie, toutes sortes de personnes et de divers tempéramens [sic] ; et que je me suis toujours attaché à étudier les hommes vertueux, comme ceux qui n’étaient connus que par leurs vices […] (Jean de la Bruyère, Avant-propos de Théophraste)
    • Dans le cours d’environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu’il partagea à peu près également entre les deux théâtres. (Jean le Rond D’Alembert, Éloges, Marivaux)
  6. Enseignement suivi sur une matière.
    • Suivre un cours de chimie, d’algèbre, de littérature.
    • Apprenez, ma fille ; faites votre cours [de médecine]. (Marquise de Sévigné, 387)
    • Outre les leçons publiques, M. Chirac faisait chez lui des cours particuliers. (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Chirac)
    1. Traité spécial sur un enseignement.
      • Ce professeur a publié un cours de philosophie.
      • La tête en l’air, qui suit à Oxford quelques cours de botanique, se prépare à devenir pasteur quand une chance imprévue s’offre à elle : on lui propose de partir, au titre d’homme de compagnie du capitaine Robert Fitz-Roy, âgé de vingt-six ans et au caractère difficile, pour un très long voyage d’étude. (Jean d'Ormesson, C’est une chose étrange à la fin que le monde, 2010, ISBN 978-2-221-12336-2)
    2. Études universitaires.
      • J’alléguai mille causes de retard ; je fis ressortir l’utilité de continuer à D*** quelques cours que je n'avais pu suivre à Gottingue ; […]. (Benjamin Constant, Écrits littéraires (1800-1813), éd. M. Niemeyer, 1995, p.134)
  7. (Droit) Recueil de lois, de canons.
    • Cours civil, cours canonique.
  8. (Finance) Circulation.
    • Cette monnaie n’a plus cours.
    • Ce n’est pas tout : j’ai acheté cent louis d’or cinq ou six pièces d’une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans. (Charles-Louis de Secondat Montesquieu, Lettres persanes, 142)
    • […] une science vaine, aride, dénuée d’agrément et d’utilité, qui ne tombe point dans la conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n’a point de cours. (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
  9. (Par extension) Se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit.
    • Plusieurs copies qui eurent cours par la ville. (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 11)
    • Ces ouvrages [de parti] ont cela de particulier, qu’ils ne méritent ni le cours prodigieux qu’ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où ils tombent […] (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
    • Les choses qui ont cours [qui sont usuelles] […] (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XIII)
    • Un ouvrage qui n’ait nul cours [nulle vogue] […] (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XII)
    • Jusqu’à ce qu’ils aient vu le cours que l’ouvrage aura dans le monde. (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
    • De toutes les erreurs qui ont aujourd’hui cours dans le monde, […] (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour la fête de la Visitation de la sainte Vierge)
    • Il y en a un à qui j’enseigne la langue indienne ; il m’apprend en récompense un jargon qui a cours dans l’Europe, et qu’on nomme l’italien. (Voltaire, Lettres d’Amabed, 1)
    • En général la satire a peu de cours dans les grandes villes […] (Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, II, 9)
  10. Donner cours à une monnaie, à un papier ; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion.
    • Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des principaux moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à l’Évangile. (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 1)
    • Les manières polies donnent cours au mérite. (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, V)
  11. (Économie) (Finance) (Commerce) Prix observé sur un marché.
    • Les variations des cours de bourse reflètent en principe l'effet de la loi de l'offre et de la demande s'exerçant sur les valeurs mobilières. (J. Vacher, administrateur à l'I.N.S.E.E. Statistiques économiques et sociales - Ecole Nationale de la statistique et de l'administration économique, 1959-1960)
    • Le crédit s’effondra dans un tourbillon affolé d’ordres de vente. Partout un phénomène se produisit qui s’était déjà, à un degré moindre, manifesté en des périodes précédentes de panique : le désir de posséder et d’entasser de l’or, avant que les cours fussent complètement tombés. (H.G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908 - Traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 412, Mercure de France, 1921)
    • Au reste, puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que les marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus grande somme pour une plus petite, tantôt une plus petite pour une plus grande. (Étienne Bonnot de Condillac, Le Commerce et le gouvernement, I, 17)
    • Les expéditeurs sont à leur poste ; les courtiers des grandes maisons étrangères sont sur pied. Sans beaucoup de bruit, des cours s’établissent, des transactions s’effectuent, des chargements s’accomplissent. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, 1931)
    • Les cours de la graine de tournesol fluctuent en fonction de l’humeur des triturateurs et donc de la demande en huile. (ÉPIS-CENTRE Infos, mai 2010)
    • (Figuré) C’est le cours du marché des affaires humaines,
      Qu’encore qu’un chacun vaille ici-bas son prix,
      Le plus cher toutefois est souvent à mépris.
      (Abbé Mathurin Régnier, Satire XII : À monsieur Freminet)
    • Donc à si peu de frais la vertu se profane,
      Se déguise, se masque, et devient courtisane,
      Se tranforme
      [sic] aux humeurs, suit le cours du marché,
      Et dispense les gens de blâme et de péché.
      (Abbé Mathurin Régnier, Satire V : À M. Bertaut, évêque de Séez)
  12. Promenade publique, située dans la ville ou à proximité, ordinairement plantée d’arbres, et qui s’étend plus en longueur qu’en largeur.
    • Le Cours la Reine.
    • Au XVIIe siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du faubourg St-Antoine.
    • Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres. (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 7)
    • Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours. (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, VII)
    • En revenant à Paris, nous trouvâmes au cours presque toutes les filles de qualité à marier. (Louis de Rouvroy, 28, 72)
  13. (Vieilli)Étendue d’une chose en longueur.
    • Une tapisserie de dix mètres de cours.
  14. (Vieilli)Action de courir, cheminement, progrès, déroulement, au propre et au figuré.
    • Que d’un cours si rapide
      La victoire vous ait ramené dans l’Aulide.
      (Jean Racine, Iphigénie, I, 2)
    • C’est pour vous qu’on l’a vu, vainqueur de tant de princes,
      D’un cours impétueux traverser nos provinces.
      (Jean Racine, Alexandre le Grand, II, 1)
    • Mais un trouble importun vient, depuis quelques jours,
      De mes prospérités interrompre le cours.
      (Jean Racine, Athalie, II, 5)
  15. (Filature) L’allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie.

Dérivés[modifier | modifier le wikitexte]

Expressions[modifier | modifier le wikitexte]

Variantes dialectales[modifier | modifier le wikitexte]

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Forme de nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

cours /kuʁ/ féminin pluriel

  1. Pluriel de cour.

Forme de verbe[modifier | modifier le wikitexte]

Conjugaison du verbe courir
Indicatif Présent je cours
tu cours
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Impératif Présent (2e personne du singulier)
cours

cours /kuʁ/

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
  2. Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
  3. Deuxième personne du singulier de l’impératif de courir.

Prononciation[modifier | modifier le wikitexte]

  • France : écouter « cours [kuʁ] »

Homophones[modifier | modifier le wikitexte]

Voir aussi[modifier | modifier le wikitexte]

Références[modifier | modifier le wikitexte]