cours
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Français [modifier]
Étymologie
Nom commun
| Singulier et pluriel |
|---|
| cours /kuʁ/ |
cours /kuʁ/ masculin, singulier et pluriel identiques
- Mouvement d’écoulement, flux, étendue parcourue par l’eau des fleuves, des rivières et des ruisseaux
- Cette rivière a un cours rapide.
- Descendre, remonter le cours d’un fleuve.
- Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours.
- Une rivière dont le cours,
Image d’un sommeil doux, paisible, et tranquille,
Lui fit croire d’abord ce trajet fort facile. — (Jean de la Fontaine, Fables, VIII, XXIII (Le Torrent et la Rivière))
- (Par analogie) Qualifie l'étendue ou l'écoulement de certaines choses.
- […] principalement l’idée qu’il avoit d’établir le véritable cours de la ligne de montagnes, qui commence à la mer Noire, va parallèlement au Danube jusqu’au mont St-Gothard, et continue jusqu’à la Méditerranée. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Éloge de M. le comte Marsigli)
- Je voudrais que du ciel le barbare secours
De mon sang dans mon cœur eût arrêté le cours. — (Voltaire, Zaïre, III, 3)
- Mouvement, course réel ou apparent des astres.
- Le cours apparent du soleil va d'est en ouest.
- Que puisses-tu, grand soleil de nos jours,
Faire sans fin le même cours ! — (François de Malherbe, III, 4) - Le soleil pâlit au milieu de son cours, et l'azur du ciel, traversé de bandes verdâtres, semble se décomposer dans une lumière louche et troublée. — (François-René de Chateaubriand, Les Martyrs, livre dix-neuvième, volume 2, éd. Le Normant, 1809, p. 239)
- Développement, enchaînement; direction que prennent certaines choses, ou qu’on leur donne.
- Le cours des saisons, des événements.
- Nous verrons quel cours prendra cette affaire.
- Je lui prête mon bras sans engager mon âme ;
Je m’abandonne au cours de sa félicité,
Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté.
— (Pierre Corneille, Sertorius, III, 2) - Les choses quelquefois prennent un autre cours. — (Pierre Corneille, Nicomède, IV, 5)
- […] Mon sang rompt le cours du mal que j’avais fait. — (Pierre Corneille, Nicomède, V, 10)
- J’observe comme vous cent choses tous les jour
Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours. — (Molière, Le Misanthrope, I, 1) - Ni ils ne sont maîtres des dispositions que les siècles passés ont mises dans les affaires, ni ils ne peuvent prévoir le cours que prendra l’avenir, loin qu’ils le puissent forcer. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 8)
- Ce serait en tous cas à moi qu’il se faudrait prendre du cours qu’ont eu vos deux lettres. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Lettres sur l’affaire du quiétisme, 141, 75 (À M. de Rancé), 22 août 1697)
- […] mais ce sont des coups qui se font remarquer, et qui sortent de l’ordre commun, au lieu qu’il n’y a qu’à laisser aller les choses leur cours naturel, et vous mourrez tel que vous êtes […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le lundi de Pâques sur la fausse confiance)
- Je dis la raison : car ce serait se figurer, comme ces philosophes insensés, une divinité indolente, […] qui suit le cours des révolutions humaines, sans leur donner elle-même de mouvement […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le mercredi de la deuxième semaine de Carême sur la vocation)
- Les uns se représentoient un dieu oisif […] laissant au hasard le cours des siècles et des saisons, les révolutions des empires, la destinée de chaque particulier, la machine entière de ce vaste univers […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le jour de Noël)
- Vous ne sauriez […] Conter vos malheurs sans conter mon histoire ;
Et lorsque, ce matin, j’en écoutais le cours,
Mon cœur vous répondait tous vos mêmes discours. — (Jean Racine, Mithridate, II, 6) - Désormais que ma muse, aussi bien que mes jours,
Touche de son déclin l’inévitable cours. — (Jean de la Fontaine, Poésies mêlées, LXIX) - Quand on est au cours des plus grandes affaires, rarement tombe-t-on dans certaines petitesses. — (Vauvenargues, Sujétion de l’esprit)
- Durée.
- La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre.
- J’en romprai bien le cours [de sa vie]. — (Pierre Corneille, Horace, III, 6)
- Dans le cours d’une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian. — (Pierre Corneille, Héraclius empereur d’Orient, V, 6)
- Mais enfin ce héros, sujet au cours des ans,
A trop longtemps vaincu pour vaincre encor longtemps. — (Pierre Corneille, Sertorius, II, 1) - Encore une fois, tout est vain en l’homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle […] — (Jacques-Bénigne Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, Duchesse d’Orléans)
- Puis donc, mon cher Polyclès, qu’à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans où je me trouve, j’ai assez vécu pour connaître les hommes ; que j’ai vu d’ailleurs, pendant le cours de ma vie, toutes sortes de personnes et de divers tempéramens [sic] ; et que je me suis toujours attaché à étudier les hommes vertueux, comme ceux qui n’étaient connus que par leurs vices […] — (Jean de la Bruyère, Avant-propos de Théophraste)
- Dans le cours d’environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu’il partagea à peu près également entre les deux théâtres. — (Jean le Rond D’Alembert, Éloges, Marivaux)
- Enseignement suivi sur une matière.
- Suivre un cours de chimie, d’algèbre, de littérature.
- Apprenez, ma fille ; faites votre cours [de médecine]. — (Marquise de Sévigné, 387)
- Outre les leçons publiques, M. Chirac faisait chez lui des cours particuliers. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Chirac)
- Traité spécial sur un enseignement.
- Ce professeur a publié un cours de philosophie.
- Études universitaires.
- Ce jeune homme a fini ses cours.
- (Droit) Recueil de lois, de canons.
- Cours civil, cours canonique.
- (Finance) Circulation.
- Cette monnaie n’a plus cours.
- Ce n’est pas tout : j’ai acheté cent louis d’or cinq ou six pièces d’une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans. — (Charles-Louis de Secondat Montesquieu, Lettres persanes, 142)
- […] une science vaine, aride, dénuée d’agrément et d’utilité, qui ne tombe point dans la conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n’a point de cours. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- (Par extension) Se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit.
- Plusieurs copies qui eurent cours par la ville. — (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 11)
- Ces ouvrages [de parti] ont cela de particulier, qu’ils ne méritent ni le cours prodigieux qu’ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où ils tombent […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- Les choses qui ont cours [qui sont usuelles] […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XIII)
- Un ouvrage qui n’ait nul cours [nulle vogue] […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XII)
- Jusqu’à ce qu’ils aient vu le cours que l’ouvrage aura dans le monde. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- De toutes les erreurs qui ont aujourd’hui cours dans le monde, […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour la fête de la Visitation de la sainte Vierge)
- Il y en a un à qui j’enseigne la langue indienne ; il m’apprend en récompense un jargon qui a cours dans l’Europe, et qu’on nomme l’italien. — (Voltaire, Lettres d’Amabed, 1)
- En général la satire a peu de cours dans les grandes villes […] — (Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, II, 9)
- Donner cours à une monnaie, à un papier ; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion.
- Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des principaux moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à l’Évangile. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 1)
- Les manières polies donnent cours au mérite. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, V)
- (Économie) (Commerce) Valeur sur le marché.
- Le crédit s’effondra dans un tourbillon affolé d’ordres de vente. Partout un phénomène se produisit qui s’était déjà, à un degré moindre, manifesté en des périodes précédentes de panique : le désir de posséder et d’entasser de l’or, avant que les cours fussent complètement tombés. — (H.G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908 - Traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 412, Mercure de France, 1921)
- Au reste, puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que les marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus grande somme pour une plus petite, tantôt une plus petite pour une plus grande. — (Étienne Bonnot de Condillac, Le Commerce et le gouvernement, I, 17)
- Les expéditeurs sont à leur poste ; les courtiers des grandes maisons étrangères sont sur pied. Sans beaucoup de bruit, des cours s’établissent, des transactions s’effectuent, des chargements s’accomplissent. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, 1931)
- Les cours de la graine de tournesol fluctuent en fonction de l’humeur des triturateurs et donc de la demande en huile. — (ÉPIS-CENTRE Infos, mai 2010)
- (Figuré) C’est le cours du marché des affaires humaines,
Qu’encore qu’un chacun vaille ici-bas son prix,
Le plus cher toutefois est souvent à mépris. — (Abbé Mathurin Régnier, Satire XII : À monsieur Freminet) - Donc à si peu de frais la vertu se profane,
Se déguise, se masque, et devient courtisane,
Se tranforme [sic] aux humeurs, suit le cours du marché,
Et dispense les gens de blâme et de péché. — (Abbé Mathurin Régnier, Satire V : À M. Bertaut, évêque de Séez)
- Promenade publique, située dans la ville ou à proximité, ordinairement plantée d’arbres, et qui s’étend plus en longueur qu’en largeur.
- Le Cours la Reine.
- Au XVIIe siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du faubourg St-Antoine.
- Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres. — (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 7)
- Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, VII)
- En revenant à Paris, nous trouvâmes au cours presque toutes les filles de qualité à marier. — (Louis de Rouvroy, 28, 72)
- (Vieilli)Étendue d’une chose en longueur.
- Une tapisserie de dix mètres de cours.
- (Vieilli)Action de courir, cheminement, progrès, déroulement, au propre et au figuré.
- Que d’un cours si rapide
La victoire vous ait ramené dans l’Aulide. — (Jean Racine, Iphigénie, I, 2) - C’est pour vous qu’on l’a vu, vainqueur de tant de princes,
D’un cours impétueux traverser nos provinces. — (Jean Racine, Alexandre le Grand, II, 1) - Mais un trouble importun vient, depuis quelques jours,
De mes prospérités interrompre le cours. — (Jean Racine, Athalie, II, 5)
- Que d’un cours si rapide
- (Filature) L’allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie.
Dérivés
Expressions
- au cours
- avoir son cours
- donner libre cours
- cours d'eau
- cours ecclésiastique : (Religion) Heures canoniales ou bréviaire.
- cours forcé : Mesure par laquelle un gouvernement oblige à prendre comme espèces réelles les valeurs en papier qu’il émet ou fait émettre par des banques privilégiées.
- cours moyen
- en cours
- laisser passer le cours
- long cours
- plan d'eau
- prendre son cours
- donner cours à l'eau : (Vieilli) Lui procurer de l’écoulement.
- cours de ventre : (Vieilli) Diarrhée.
- cours de la lune : Temps qui s’écoule depuis le premier quartier jusqu’à la pleine lune.
- cours de plinthe : (Architecture) Plinthe de pierre ou de plâtre continuée dans les murs de face, à l’effet de marquer la continuation des étages.
- cours de pannes : (Architecture) Réunion de toutes les pannes pour faire la longueur du comble.
- cours d’assise : (Architecture) Rang continu de pierres de même hauteur, posées de niveau dans toute la longueur d’un mur dans une bâtisse.
Variantes dialectales
- bourguignon : cor de ventre
Traductions
Forme de nom commun
cours /kuʁ/ féminin pluriel
- Pluriel de cour.
Forme de verbe
| Conjugaison du verbe courir | ||
|---|---|---|
| Indicatif | Présent | je cours |
| tu cours | ||
| Impératif | Présent | (2e personne du singulier) cours |
cours /kuʁ/
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
- Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de courir.
Prononciation
- France : écouter « cours [kuʁ] »
Homophones
Voir aussi
- cours sur Wikipédia

Références
- Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (cours)
- Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 (cours)
Catégories :
- Mots en français issus d’un mot en latin
- français
- Noms communs en français
- Analogies en français
- Lexique en français du droit
- Lexique en français de la finance
- Lexique en français de l’économie
- Lexique en français du commerce
- Métaphores en français
- Termes vieillis en français
- Formes de noms communs en français
- Formes de verbes en français