cours
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Étymologie
Nom commun
| Invariable |
|---|
| cours /kuʁ/ |
cours /kuʁ/ masculin invariable
- Action de courir, cheminement, progrès, déroulement, au propre et au figuré.
- Que d’un cours si rapide
La victoire vous ait ramené dans l’Aulide. — (Jean Racine, Iphigénie, I, 2) - C’est pour vous qu’on l’a vu, vainqueur de tant de princes,
D’un cours impétueux traverser nos provinces. — (Jean Racine, Alexandre le Grand, II, 1) - Mais un trouble importun vient, depuis quelques jours,
De mes prospérités interrompre le cours. — (Jean Racine, Athalie, II, 5)
- Que d’un cours si rapide
- (Marine) (Aviation) Distance.
- Long cours, voyage de long cours, par opposition au cabotage qui se fait sans presque quitter la côte, tandis qu’on s’en éloigne tous les jours dans le voyage de long cours.
- On est généralement plus longtemps à se rendre de Dunkerque à Cette que de Nantes à Terre-Neuve ; mais, quelle que soit la durée du voyage, le premier est nommé cabotage ou grand cabotage, et l’autre long cours. — (Legoarant, François de Salignac de La Mothe Fénelon (1651-1715))
- (Filature) L’allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie.
- Mouvement, course réel ou apparent des astres.
- Que puisses-tu, grand soleil de nos jours,
Faire sans fin le même cours ! — (François de Malherbe, III, 4)
- Que puisses-tu, grand soleil de nos jours,
- En parlant de l’eau des fleuves, des rivières et des ruisseaux, mouvement d’écoulement, flux, étendue parcourue par l’eau.
- Cette rivière a un cours rapide.
- Descendre, remonter le cours d’un fleuve.
- Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours.
- Une rivière dont le cours,
Image d’un sommeil doux, paisible, et tranquille,
Lui fit croire d’abord ce trajet fort facile. — (Jean de la Fontaine, Fables, VIII, XXIII (Le Torrent et la Rivière))
- Ruisseau, rivière, fleuve, eau en mouvement ; par opposition à un plan d’eau (mer, lac, étang, mare).
- Un cours d’eau.
- Les grands cours d’eau qui traversent l’Amérique méridionale.
- Donner cours à l’eau, lui procurer de l’écoulement.
- Transport, expression de l’émotion, perçue comme une humeur (voir ce mot).
- Donner cours à ses larmes, les laisser couler.
- De ses premiers sanglots laissez passer le cours. — (Jean Racine, Bérénice, III, 2)
- Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes ; à nos sanglots donnons un libre cours. — (Jean Racine, Esther, 5)
- Donner cours à ses transports, à sa fureur.
- Je veux pour donner cours à mon ardente haine… — (Jean Racine, La Thébaïde ou les Frères ennemis, IV, 1)
- (Figuré) Avoir origine dans l’expression prendre son cours qui se dit d’une eau qui prend sa pente.
- Et de là prend son cours mon déplaisir secret. — (Pierre Corneille, Le Cid, I, 2)
- La charité de Marie a donc été en quelque sorte la source féconde, d’où la grâce a pris son cours, & s’est répandue avec abondance sur toute la nature humaine. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Troisième sermon : Pour la fête de la Conception de la très-sainte Vierge, 1)
- Laisser passer le cours : Attendre qu’une eau soit écoulée.
- (Figuré) Attendre que quelque chose ait cessé.
- Ulysse […] De ce premier torrent laissa passer le cours. — (Jean Racine, Iphigénie, I, 1)
- Par comparaison avec le cours d’un fleuve, on dit le cours d’une chaîne de montagnes.
- […] principalement l’idée qu’il avoit d’établir le véritable cours de la ligne de montagnes, qui commence à la mer Noire, va parallèlement au Danube jusqu’au mont St-Gothard, et continue jusqu’à la Méditerranée. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Éloge de M. le comte Marsigli)
- (Par analogie)
- Le cours du sang. Il faut que cette humeur ait son cours.
- Je voudrais que du ciel le barbare secours
De mon sang dans mon cœur eût arrêté le cours. — (Voltaire, Zaïre, III, 3)
- Cours de ventre : (Vieilli) Diarrhée.
- Développement, enchaînement.
- Le cours des saisons, des événements.
- Je lui prête mon bras sans engager mon âme ;
Je m’abandonne au cours de sa félicité,
Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté.
— (Pierre Corneille, Sertorius, III, 2) - Les choses quelquefois prennent un autre cours. — (Pierre Corneille, Nicomède, IV, 5)
- […] Mon sang rompt le cours du mal que j’avais fait. — (Pierre Corneille, Nicomède, V, 10)
- J’observe comme vous cent choses tous les jour
Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours. — (Molière, Le Misanthrope, I, 1) - Ni ils ne sont maîtres des dispositions que les siècles passés ont mises dans les affaires, ni ils ne peuvent prévoir le cours que prendra l’avenir, loin qu’ils le puissent forcer. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 8)
- Ce serait en tous cas à moi qu’il se faudrait prendre du cours qu’ont eu vos deux lettres. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Lettres sur l’affaire du quiétisme, 141, 75 (À M. de Rancé), 22 août 1697)
- […] mais ce sont des coups qui se font remarquer, et qui sortent de l’ordre commun, au lieu qu’il n’y a qu’à laisser aller les choses leur cours naturel, et vous mourrez tel que vous êtes […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le lundi de Pâques sur la fausse confiance)
- Je dis la raison : car ce serait se figurer, comme ces philosophes insensés, une divinité indolente, […] qui suit le cours des révolutions humaines, sans leur donner elle-même de mouvement […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le mercredi de la deuxième semaine de Carême sur la vocation)
- Les uns se représentoient un dieu oisif […] laissant au hasard le cours des siècles et des saisons, les révolutions des empires, la destinée de chaque particulier, la machine entière de ce vaste univers […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour le jour de Noël)
- Vous ne sauriez […] Conter vos malheurs sans conter mon histoire ;
Et lorsque, ce matin, j’en écoutais le cours,
Mon cœur vous répondait tous vos mêmes discours. — (Jean Racine, Mithridate, II, 6) - Désormais que ma muse, aussi bien que mes jours,
Touche de son déclin l’inévitable cours. — (Jean de la Fontaine, Poésies mêlées, LXIX) - Quand on est au cours des plus grandes affaires, rarement tombe-t-on dans certaines petitesses. — (Vauvenargues, Sujétion de l’esprit)
- Durée.
- La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre.
- J’en romprai bien le cours [de sa vie]. — (Pierre Corneille, Horace, III, 6)
- Dans le cours d’une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian. — (Pierre Corneille, Héraclius empereur d’Orient, V, 6)
- Mais enfin ce héros, sujet au cours des ans,
A trop longtemps vaincu pour vaincre encor longtemps. — (Pierre Corneille, Sertorius, II, 1) - Encore une fois, tout est vain en l’homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle […] — (Jacques-Bénigne Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre, Duchesse d’Orléans)
- Puis donc, mon cher Polyclès, qu’à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans où je me trouve, j’ai assez vécu pour connaître les hommes ; que j’ai vu d’ailleurs, pendant le cours de ma vie, toutes sortes de personnes et de divers tempéramens [sic] ; et que je me suis toujours attaché à étudier les hommes vertueux, comme ceux qui n’étaient connus que par leurs vices […] — (Jean de la Bruyère, Avant-propos de Théophraste)
- Dans le cours d’environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu’il partagea à peu près également entre les deux théâtres. — (Jean le Rond D’Alembert, Éloges, Marivaux)
- Cours de la lune : Le temps qui s’écoule depuis le premier quartier jusqu’à la pleine lune.
- On dit qu’une maladie a son cours quand elle passe inévitablement par certaines périodes.
- […] De propos en propos, et de fil en aiguille
Se laissant emporter au flux de ses discours,
Je pense qu’il falloit que le mal eût son cours. — (Abbé Mathurin Régnier, Satire XIII : Macette ou L’Hypocrisie déconcertée) - Il faut que le reste [du mal] ait son cours, et nous comptons sur trois semaines. — (Marquise de Sévigné, 245)
- […] De propos en propos, et de fil en aiguille
- Enseignement suivi sur une matière.
- Suivre un cours de chimie, d’algèbre, de littérature.
- Apprenez, ma fille ; faites votre cours [de médecine]. — (Marquise de Sévigné, 387)
- Outre les leçons publiques, M. Chirac faisait chez lui des cours particuliers. — (Bernard le Bouyer de Fontenelle, Chirac)
- Traité spécial sur un enseignement.
- Ce professeur a publié un cours de philosophie.
- Études universitaires.
- Ce jeune homme a fini ses cours.
- (Droit) Recueil de lois, de canons.
- Cours civil, cours canonique.
- (Finance) Circulation.
- Cette monnaie n’a plus cours.
- Donner cours forcé aux billets : Obliger de les recevoir comme argent.
- Ce n’est pas tout : j’ai acheté cent louis d’or cinq ou six pièces d’une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans. — (Charles-Louis de Secondat Montesquieu, Lettres persanes, 142)
- […] une science vaine, aride, dénuée d’agrément et d’utilité, qui ne tombe point dans la conversation, qui est hors de commerce, semblable à une monnaie qui n’a point de cours. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- (Par extension) Se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit.
- Plusieurs copies qui eurent cours par la ville. — (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 11)
- Ces ouvrages [de parti] ont cela de particulier, qu’ils ne méritent ni le cours prodigieux qu’ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où ils tombent […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- Les choses qui ont cours [qui sont usuelles] […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XIII)
- Un ouvrage qui n’ait nul cours [nulle vogue] […] — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, XII)
- Jusqu’à ce qu’ils aient vu le cours que l’ouvrage aura dans le monde. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, I)
- De toutes les erreurs qui ont aujourd’hui cours dans le monde, […] — (Jean-Baptiste Massillon, Sermon pour la fête de la Visitation de la sainte Vierge)
- Il y en a un à qui j’enseigne la langue indienne ; il m’apprend en récompense un jargon qui a cours dans l’Europe, et qu’on nomme l’italien. — (Voltaire, Lettres d’Amabed, 1)
- En général la satire a peu de cours dans les grandes villes […] — (Jean-Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse, II, 9)
- Donner cours à une monnaie, à un papier ; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion.
- Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des principaux moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à l’Évangile. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Théologie historique, III, 1)
- Les manières polies donnent cours au mérite. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, V)
- (Économie) (Commerce) Valeur sur le marché.
- Le crédit s’effondra dans un tourbillon affolé d’ordres de vente. Partout un phénomène se produisit qui s’était déjà, à un degré moindre, manifesté en des périodes précédentes de panique : le désir de posséder et d’entasser de l’or, avant que les cours fussent complètement tombés. — (H.G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908 - Traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 412, Mercure de France, 1921)
- Au reste, puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que les marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus grande somme pour une plus petite, tantôt une plus petite pour une plus grande. — (Étienne Bonnot de Condillac, Le Commerce et le gouvernement, I, 17)
- Cours moyen, cours également distant du plus haut et du plus bas de la bourse courante.
- Acheter de la rente au cours moyen.
- Les expéditeurs sont à leur poste ; les courtiers des grandes maisons étrangères sont sur pied. Sans beaucoup de bruit, des cours s’établissent, des transactions s’effectuent, des chargements s’accomplissent. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, 1931)
- Les cours de la graine de tournesol fluctuent en fonction de l’humeur des triturateurs et donc de la demande en huile. — (ÉPIS-CENTRE Infos, mai 2010)
- (Figuré) C’est le cours du marché des affaires humaines,
Qu’encore qu’un chacun vaille ici-bas son prix,
Le plus cher toutefois est souvent à mépris. — (Abbé Mathurin Régnier, Satire XII : À monsieur Freminet) - Donc à si peu de frais la vertu se profane,
Se déguise, se masque, et devient courtisane,
Se tranforme [sic] aux humeurs, suit le cours du marché,
Et dispense les gens de blâme et de péché. — (Abbé Mathurin Régnier, Satire V : À M. Bertaut, évêque de Séez)
- Étendue d’une chose en longueur.
- Une tapisserie de dix mètres de cours.
- (Architecture) Rang, alignement.
- Cours de plinthe, plinthe de pierre ou de plâtre continuée dans les murs de face, à l’effet de marquer la continuation des étages.
- Cours de pannes, réunion de toutes les pannes pour faire la longueur du comble.
- Cours d’assise, rang continu de pierres dans une bâtisse.
- Promenade publique dans une ville, lieu agréable qui est un rendez-vous pour se promener à certaines heures à cheval ou en voiture, et qui est ordinairement en dehors de la ville.
- Au XVIIe siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du faubourg St-Antoine.
- Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres. — (Antoine Hamilton, Mémoires de Grammont, 7)
- Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours. — (Jean de la Bruyère, Les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, VII)
- En revenant à Paris, nous trouvâmes au cours presque toutes les filles de qualité à marier. — (Louis de Rouvroy, 28, 72)
- (Religion) (Liturgie) Cours ecclésiastique : Heures canoniales ou bréviaire.
Dérivés
Variantes dialectales
- bourguignon : cor de ventre
Traductions
Forme de verbe
| Indicatif | Présent | je cours |
| tu cours | ||
| Impératif | Présent | (2e personne du singulier) cours |
cours /kuʁ/
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
- Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent de courir.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de courir.
Prononciation
- France : écouter « cours [kuʁ] »
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Homophones
Voir aussi
- cours sur Wikipédia

Références
- Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 (cours)
Catégories :
- Mots en français issus d’un mot en latin
- français
- Noms communs en français
- Lexique en français de la marine
- Lexique en français de l’aviation
- Métaphores en français
- Analogies en français
- français vieilli
- Lexique en français du droit
- Lexique en français de la finance
- Lexique en français de l’économie
- Lexique en français du commerce
- Lexique en français de l’architecture
- Lexique en français de la religion
- Lexique en français de la liturgie
- Formes de verbes en français