course à l’échalote

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Français[modifier | modifier le wikicode]

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Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

→ voir course et échalote

(Sens direct)

  1. (épreuve) Origine inconnue ; on suppose un glissement plaisant à partir d’un synonyme antérieur « course à l’oignon » (oignon désignant en argot l’anus ou les fesses), du fait que l’échalote qui désigne aussi l’anus en argot, est une sorte d’oignon (longtemps appelée « oignon d’Ascalon »), et rime avec « culotte » (comme dans « fond de culotte »). Date inconnue.
  2. (poursuite) Origine dans l’expression au sens propre ; prend le sens littéral de « course à l’anus, course au cul » comme une sorte de substantif de l’expression « courir au cul de quelqu’un ». Date inconnue ; sens relevé dans : François Caradec, Dictionnaire du français argotique et populaire, 1977 (rééd. N’ayons pas peur des mots, 1988). Il n’est pas clair si l’expression n’est pas parfois employée par certains pour signifier le fait d’être arrêté et emmené de force par la police.
  3. (surenchère) Origine incertaine ; on suppose deux dérivations possibles depuis le sens propre, non mutuellement exclusives : d’une part, en considérant l’aspect de pousser l’autre et forcer l’autre à courir, on dérive l’idée de surenchère mutuelle sur un sujet afin de capter des faveurs ou des électeurs ; d’autre part, en considérant l’aspect de spectacle d’une course puérile et grotesque, on dérive une vision similaire de certaines compétitions électorales. Date inconnue ; sens attesté : dans Lewis Carroll (trad. Philippe Rouard), Alice au pays des merveilles, 1984, pour traduire la parodie électorale « Caucus-Race » (les traductions antérieures avaient « Course au caucus » chez Jacques Papy et « Course à la Comitarde » chez Henri Parisot) ; dans le Nouveau Petit Robert (1993).

(Sens indirect)

  1. (jeu) Origine dans l’expression directe. Date inconnue ; sens attesté : dans Robert Sabatier, Trois Sucettes à la menthe, 1972 mais censé utiliser le parler des années 1930.
  2. (expulsion) Origine dans l’expression directe. Date inconnue ; sens attesté : dans Géo Sandry et Marcel Carrère, Dictionnaire de l’argot moderne, 1953.
  3. (fuite) Origine dans l’expression indirecte d’expulsion. Date inconnue.

Locution nominale[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
course à l’échalote courses à l’échalote
/kuʁ.s‿a l‿e.ʃa.lɔt/

course à l’échalote /kuʁ.s‿a l‿e.ʃa.lɔt/ féminin (Idiotisme)

  • (direct ou dans faire la course à l’échalote)
  1. (Propre) Épreuve de course en duos où le second devait tenir le premier par le col et le fond du pantalon sans le lâcher.
  2. (Figuré)(Argot) Course-poursuite ou filature de près ; prendre en chasse, poursuivre quelqu’un (à pied ou en voiture), en particulier en talonnant le poursuivi.
    • C’est pas l’moment d’tomber sur les flics et d’risquer une course à l’échalote.
    • Je me colle à son pare-choc et en avant pour la course à l’échalote.
    • [Il] avait enjambé la barricade et se préparait à se jeter la tête la première sur le ciment. Les matons lui font une course à l’échalote mais se trouvent trop éloignés pour l’empêcher d’exécuter le plongeon. (Jean Guy Le Dano, La Mouscaille, 1973)
  3. (Figuré)(Péjoratif) Compétition forcenée ou surenchère (électorale, hiérarchique, etc.), course au pouvoir, lutte pour le pouvoir, en particulier quand tous les moyens sont bons ou que seul gagner importe.
    • Pendant la campagne [de Jacques Chirac en 2002], cela devient une course à l’échalote sur la sécurité, dont le candidat du Front national, Jean-Marie Le Pen, va avantageusement profiter. (Béatrice Gurrey, « Une présidence sans cesse perdue et reconquise », Le Monde, éd. du 13 mars 2007)
  • (indirect ou dans faire faire la course à l’échalote)
  1. (Propre) Jeu ou brimade enfantine consistant à pousser un camarade en le tenant d’une main par le col et de l’autre par le fond du pantalon.
    • Y m’a cafté au pion, alors j’y ai fait faire la course à l’échalote à la récré.
  2. (Figuré)(Argot) Forcer quelqu’un à partir en le tenant d’une main par le col et de l’autre par le fond du pantalon.
    • Il virait les indésirables à la course à l’échalote (Alphonse Boudard, Les Combattants du petit bonheur, 1977)
    • [Michel expulse un inspecteur du travail.] Michel l’a saisi par le col de veste et le fond du pantalon. Une vraie course à l’échalote dans la rue. (Guy Croussy, Le Sphinx, 1984)
  3. (Par extension) Fuite ou débandade ; chasser ou faire s’enfuir quelqu’un.
    • À chaque plaisanterie des chansonniers, à chaque répartie des clowns, on devine une allusion discrète à la course à l’échalote que la Wehrmacht poursuit, là bas, au sud-ouest, sur le sol français. (Pierre Destenay, Babel germanique, 1948)
    • [Après avoir mis en fuite l’ennemi.] Ben mon Lieutenant ! On leur a fait faire une sacrée course à l’échalotte c’te fois ! (Pierre Hovette, Paras au Vietnam, 1969)

Variantes orthographiques[modifier | modifier le wikicode]

Synonymes[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

  • Julie Amerlynck, Phraséologie potagère. Les noms de légumes dans les expressions françaises contemporaines, éd. Peeters, coll. « Bibliothèque des Cahiers de l’Institut de Linguistique de Louvain », Louvain-la-Neuve, 2006 (ISBN 2-87723919-5), pp. 73-74
  • Le Monde, Le P’tit Dico, « page E », www.lemonde.fr
  • Georges Planelles, Expressio. Les expressions françaises décortiquées, « La course à l’échalote », www.expressio.fr
  • Alain Rey et Sophie Chantreau, Dictionnaire des expressions et locutions, éd. Le Robert, coll. « Les Usuels », Paris, 1979 (ISBN 2-85036-065-1)