forêt

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Sommaire

Français [modifier]

Origine et histoire de « forêt » Étymologie

Du bas latin forestis [1] sous-entendant silva de forum (« tribunal ») : soit le sens initial de « forêt relevant de la cour de justice du roi » puis « territoire soustrait à l'usage général et dont le roi se réserve la jouissance » (→ voir foresterie en ancien français qui garde ce sens spécifique) ; (1121-34) forest (« vaste étendue de terrain peuplée d'arbres »).
On [2] a longtemps tiré ce mot de l'allemand Forst (« forêt ») mais aujourd'hui les étymologistes allemands déclarent que ce mot est venu des langues romanes dans leur langue. À la vérité, on a voulu rattacher le mot roman foresta au haut-allemand foraha (« pin ») mais Diez fait remarquer que la disparition de l'/h/ s'expliquerait mal et qu'un suffixe -est ou -ast est fort rare. Il incline donc vers une étymologie latine déjà proposée par Frisch, à savoir foris (« dehors »). Le grammairien Placidus connaît déjà un adjectif forasticus (« extérieur ») et cet adjectif subsiste dans l'italien forastico, le sicilien furestico, le provençal foresgue (« sauvage », « rude », « rétif »), l'italien forestiere a le sens d'« étranger, homme du dehors ». Sur ce modèle le bas-latin a formé forestare (« mettre dehors », « bannir »). Foresta signifie donc primitivement ban, proscription ou terrain sur lequel on a prononcé un ban, une proscription de culture, d'habitation, dans l'intérêt de la chasse seigneuriale. De là forestare signifie « créer une forêt », car ces prohibitions s'appliquaient surtout aux bois où se trouvaient les bêtes fauves, et que d'ailleurs les arbres poussaient bientôt dans les campagnes ainsi soustraites à la culture. Telle a été la transition historiquement constatée entre foresta (territoire prohibé) et forêt.

Nom commun

Singulier Pluriel
forêt forêts
/fɔ.ʁɛ/
Forêt de l'abbaye de la Crête en Haute Marne.
Forêt en Guinée.

forêt /fɔ.ʁɛ/ féminin

  1. (Botanique) Vaste terrain couvert de bois, de nombreux arbres proches.
    • Or il se trouve que très fréquemment de nombreux arbres sont les uns à côté des autres. Ils peuvent être d’espèces différentes, chacun luttant avec le voisin pour la lumière ; l'ensemble forme un groupement homogène appelé forêt. (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p.101)
    • Ces masses, ici couronnées d'impénétrables et antiques forêts qui n'ont jamais retenti du bruit de la cognée. (Abbé Raynal, Historique phil. VII, 24. — cité par Littré)
  2. (Par extension) Grande quantité.
    • Aussi son existence n’est-elle qu’une forêt de gaffes. (Alphonse Allais, Pas de bile ! : Inanité de la logique, Flammarion, 1893, page 32)
    • Lorsque les hommes de la Constituante se réunirent pour la première fois, ils se trouvèrent en face d'une forêt de taxes, qui avaient poussé au hasard sur le sol de France… (Joseph Caillaux, « Discours à la Chambre du 13 décembre 1904 » in Ma doctrine, 1926)
  3. (En particulier) Amas de choses longues et menues.
    • De dards, de javelots une forêt pressée. (Bernard-Joseph Saurin, Spartacus, IV, 1 — cité par Littré)
  4. (En particulier) Grande quantité de pièces de bois qui forment le comble de quelque vaste édifice.
    • Enfin, le 4 juin 1836, un formidable incendie, […], éclate. Il persiste pendant onze heures et ruine toute la charpente, la forêt entière de la toiture ; […]. (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
  5. (Théorie des graphes) Type de graphe composé de plusieurs arbres.

Synonymes

Dérivés

Expressions

Hyperonymes

Hyponymes

Méronymes

Apparentés étymologiques

Vocabulaire apparenté par le sens

Traductions

Prononciation Prononciation

Mots ou locutions prononcés exactement comme « forêt » Homophones

Voir aussi Voir aussi

Références Références