hypostase

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[modifier] Français

Origine et histoire de « hypostase » Étymologie

Du grec ύπόστασις hupostasis. Concrètement : dépôt, sédiment d'urine, d'humeur, excréments ; abstraitement : ce qui est au fond, « base, fondement ». De ύπό hupo « sous » et στασις stasis « ce qui se tient », substantivation du verbe istemi : se tenir là, debout de manière fixe, demeurer, rester ; se distingue du sujet : hupokeimenon, et de la substance ousia elle-même séparée en substance première : ousia protè, correspondant à lhupostasis et substance seconde, ousia deutera, correspondant à lhupokeimenon. Introduit par Plotin au IIIe siècle, et par les écrivains chrétiens de son temps pour le sens philosophique ; le mot sera traduit en latin par substantia; le terme correct en français et en matière théologique étant le terme : hypostase.

Open book 01.svg Nom commun

Singulier Pluriel
hypostase
/i.pɔs.taz/
hypostases
/i.pɔs.taz/

hypostase /i.pɔs.taz/ féminin

  1. (Médecine) (Vieilli) Se dit d'un dépôt :
    1. Sédiment dans les urines.
    2. Dépôt de sang dans les parties basses du poumon.
  2. (Philosophie) La substance en tant que réalité ontologique.
    1. En philosophie générale, il désigne la substance, le sujet, la personne ;
    2. Dans le latin scholastique, il s'agit de l’individu au sens moral, transcrit en latin : substantia, mais avec des distinctions bien particulières :
      1. Dans la philosophie traditionnelle, la substance a plus d’extension que l’hypostase, l’hypostase plus d’extension que la personne. La substance se dit de toute nature existante, que cette nature possède ou non sa propre subsistance, l’hypostase se dit de tout être existant en soi et par soi ; la personne est une hypostase de nature rationnelle. (A. Michel, dans Dictionnaire de théologie Catholique, VII, 435.)
      2. En termes de Théologie, il désigne la Trinité non comme un tout mais comme trois parties distinctes. Il y a en Dieu trois hypostases et une seule nature.
        Spécialement chez Plotin et dans le vocabulaire théologique postérieur : chacune des trois personnes divines en tant que substantiellement distincte de chacune des deux autres.
        Donc celui qui est engendré dans la nature humaine, ne reçoit pas la forme de celui qui l'engendre, comme la matière reçoit sa forme, ou comme le sujet l'accident, mais comme le suppôt ou l'hypostase possède la nature de l'espèce ; il en est de même en Dieu. C'est pourquoi il ne faut pas qu'il y ait en ce Dieu qui est engendré une matière ou un sujet de nature divine : mais que le Fils subsistant soit lui-même celui qui a la nature divine. (Saint Thomas d'Aquin, De potentia, Questions Disputées sur la Puissance de Dieu).
    3. (Péjoratif) (Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie) Entité fictive, abstraction faussement considérée comme une réalité.
    4. Substantification du verbe hypostasier : donner à tort une réalité absolue à ce qui n'est que relatif.
  3. (Linguistique) Substitution d'une catégorie grammaticale à une autre.

Traductions

Nuvola apps edu languages.svg Prononciation

Books-aj.svg aj ashton 01f.svg Références

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935) (hypostase)

LittréDictionnaire de la langue française (1872-1877) (hypostase)

Dictionnaire universel françois et latin, [Imprimerie de] Trévoux, 1704-1771