joug

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher

Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Du latin jugum (« joug, attelage, joug symbolique sous lequel défilaient les vaincus, esclavage ») de l’indo-européen commun dont sont également issus yoke en anglais, ζυγόν, zugón en grec ancien, Joch en allemand, иго igo en russe, یوغ yough en persan et युग yuga en sanskrit.

Nom commun[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
joug jougs
/ʒu/
ou /ʒuɡ/

joug /ʒu/ ou /ʒuɡ/ masculin

  1. (Élevage) Pièce de bois que l’on pose sur l’échine des bœufs ou autres animaux de trait et avec laquelle ils sont attelés pour tirer un chariot ou une charrue.
    • D’après M. Gourdon les bœufs du Midi qui travaillent au joug ont les muscles du cou bien plus développés que les grands animaux du Nord qui font leur service au collier. (J. Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, 1868)
    • Le harnachement au joug, généralement employé avec les bovins, s’applique sur des points d’appui situés plus haut sur l’animal que les colliers et bricoles. Selon le nombre de bêtes attelées, les jougs sont simples pour un animal seul (jouguet), doubles pour une paire, triple pour le dressage d’un jeune entre deux anciens. (Philippe Lhoste, Michel Havard, Éric Vall , La traction animale, 224 p., pages 109 et 111, 2010, Quae/Cta/Presses agronomiques de Gembloux)
  2. (Antiquité) Portique improvisé à l’aide de trois lances, sous lequel les vainqueurs obligeaient les vaincus à se courber.
    • Faire passer une armée vaincue sous le joug.
    • Le consul fit passer les vaincus sous le joug, et vendit les plus robustes comme esclaves.
  3. (Figuré) Servitude, soumission totale, asservissement résultant d’une défaite. Sujétion, servilité, obéissance aveugle.
    • Secouer le joug des envahisseurs.
    • Un commencement d’indépendance, un effort de la pensée pour suivre sa voie, pour se soustraire insensiblement au joug de l’autorité. (Ampère)
    • Rome, à trois affranchis si longtemps asservie,
      À peine respirant du joug qu’elle a porté,
      Du règne de Néron compte sa liberté.
      (Racine, Britannicus, 1669)
    • Machiavel attribuera cette docilité du peuple à la grande habileté de ses maîtres qui étaient à la fois sages et méchants ; pour moi, je pense, que la religion a beaucoup contribué à retenir les peuples sous le joug. Un mauvais Pape était haï, mais son caractère était révéré ; le respect attaché à sa place, allait jusqu’à sa personne. Il est venu cent fois dans l’esprit des nouveaux Romains de changer de Maître ; mais il portait entre ses mains une arme sacrée qui les arrêtait. (Frédéric II, Anti-Machiavel, ou Essai de critique sur le Prince de Machiavel, ch. XI – Des États ecclésiastiques, 1741)
    • Le vieillard fut le moins agité des trois, peut-être parce qu’il était le plus en danger. Quand on est sous le poids d’un grand malheur ou sous le joug de la persécution, un homme courageux commence pour ainsi dire par faire le sacrifice de lui-même, il ne considère ses jours que comme autant de victoires remportées sur le sort. (Balzac, Un épisode sous la Terreur, 1830)
    • Le premier pas de ce qu’on peut considérer comme une tendance de l’esprit à s’émanciper du joug de l’autorité, ce sont les traductions de la Bible en langue vulgaire ; […] des interprétations, d’abord morales seulement, puis allégoriques, mirent sur la voie de ce que l’Église voulait éviter, et de ce que la réforme a proclamé depuis, l’examen individuel de l’Écriture. ( Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
    • Vous dominiez tout, grand, sans chef, sans joug, sans digue,
      Absolu, lance au poing, panache au front.
      (Hugo, La Légende des siècles, Bivar, 1857)
    • Puis à mon tour j’ai porté le joug et me suis courbé sous le fouet, j’ai peiné pour les autres, travaillé sans repos et sans trêve pour grossir mon gain. (Sacher-Masoch, Le Legs de Caïn (Contes Galiciens), traduction anonyme de 1874)
    • <Les Vénètes> pressent les autres cités de garder l’indépendance que les ancêtres leur ont transmise plutôt que de subir le joug des Romains. (César, La Guerre des Gaules, III, 8, trad. Constans, 1926)

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Homophones[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

  • joug sur Wikipédia Article sur Wikipédia

Références[modifier | modifier le wikicode]