paradis

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Voir aussi : paradís

Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

(xe siècle) Du latin ecclésiastique paradisus issu du grec ancien παράδεισος parádeisos (« enclos pour animaux »), le terme fut utilisé lors de la traduction de la bible en grec pour désigner l'Eden. Le mot était lui-même issu de l’avestique *pairiḍaēza (« jardin, enclos, espace clos ») composé de pairi (« autour ») et de daēza (« mur ») et a été transmis en Grèce par l'intermédiaire du persan pardêz.[1] [2]

Nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

Invariable
paradis
/pa.ʁa.di/
Représentation allégorique du paradis par Lucas Cranach.

paradis /pa.ʁa.di/ masculin invariable

  1. (Religion) Jardin de délices, d’éden.
    • Dieu chassa Adam et Ève du paradis.
  2. (Religion) Selon certaines religions, lieu de bonheur éternel et de délices où vont les hommes bienheureux, les âmes des justes (parfois aussi les animaux), après leur mort.
    • Les approches du bonheur sont, pour les vrais amants, comparables à ce que la poésie catholique a si bien nommé l’entrée du paradis, pour exprimer un lieu ténébreux, difficile, étroit, et où retentissent les derniers cris d’une suprême angoisse. (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les âmes de nos chastes fondateurs, […] et de ces sept saints qui se sont réunis les premiers pour le service du Temple sont troublées même dans les joies célestes du paradis. (Walter Scott, Ivanhoé, Traduction de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Sous la première République, au moment même où toute l’Europe nous tombait sur le dos, c'est les curés qui ont excités la guerre civile en Vendée, fanatisant les paysans, les menant au combat, et leur promettant le paradis s'ils étaient tués. (Émile Thirion, La Politique au village, p. 203, Fischbacher, 1896)
    • Des associations d’idées s’étaient, là-dessus, faites en lui naturellement, et bien malin eût été celui qui l’aurait pu convaincre que l’église est le vestibule d’un lieu de délices appelé « Paradis ». (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Et sais-tu ce que je me disais à l’instant, en t’apercevant, si gracieuse, qui cueillais les fleurs parmi la rosée du matin ? Que les jeunes Parisiennes, et même que les houris qui nous attendent au paradis sont, à coup sûr, moins belles que toi […] (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
  3. (Par extension) Lieu merveilleux, qui apporte le bonheur ; séjour délicieux, charmant, orné par la nature ou par l’art.
    • […] le professeur Haug […] nous signala l’intérêt qu’il y avait à recueillir des ammonites et autres fossiles sur la Terre de Jameson ; ce paradis des géologues, côte Nord de L’Hurry Inlet, était à une vingtaine de milles de la station de Rosenving. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Cette île est un paradis perdu en pleine mer. - Ce magasin de jouets est un paradis pour les enfants. - Cette campagne, cette vallée, ce jardin est un paradis terrestre, est un vrai paradis, un petit paradis, un paradis.
  4. (Par extension) L’état le plus heureux dont on puisse jouir.
    • Un bon ménage est le paradis sur la terre.
  5. (Architecture) Étage le plus élevé d’une salle de spectacle ou d’un théâtre.
  6. (Jeux) Dernière case du jeu de la marelle, celle où l'on a gagné.
    • Quand j’arrivais au « paradis » , c’était vraiment le paradis. (Marie Cardinal, Les mots pour le dire, Livre de Poche, p. 76)
  7. (Antiquité) Jardin d'agrément.
    • Arsame promit de nous conduire à la fête de Milyta, et nous invita à diner pour le lendemain à son paradis, avec une autre de ses maîtresses. (Étienne-François de Lantier, Voyages d’Anténor en Grèce et en Asie avec des notions sur l’Égypte, Paris : Belin & Bernard, an VI, 2e édition, t.3, p.25-26)
    • Les satrapes (gouverneurs des satrapies, régions de l'Empire perse) se sont mis à imiter le roi en bâtissant des jardins dans leur palais que les grecs ont nommé "paradeiso", qui veut dire "paradis". Un satrape de Babylone, entre l'époque d'Hérodote et celle d'Alexandre le Grand, aurait très bien pu bâtir un jardin dans le palais royal, en s'inspirant à la fois des paradis perses et des jardins assyriens. (Les Jardins suspendus de Babylone, site http://lemondeantique.org, lu le 14-10-2014)

Synonymes[modifier | modifier le wikitexte]

Antonymes[modifier | modifier le wikitexte]

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikitexte]

Dérivés[modifier | modifier le wikitexte]

Expressions[modifier | modifier le wikitexte]

  • paradis terrestre ; (Religion)
  • ne pas l’emporter au paradis
  • se recommander à tous les saints du paradis : implorer l’assistance, la protection de tout le monde
  • être en paradis, croire être en paradis, dans le paradis : être dans une extrême joie ou se trouver délivré de quelque grande douleur, de quelque grande peine d’esprit
  • faire son paradis en ce monde : se livrer à toute sorte de plaisirs

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Prononciation[modifier | modifier le wikitexte]

Voir aussi[modifier | modifier le wikitexte]

Références[modifier | modifier le wikitexte]

  • Georges Bertrand, Dictionnaire étymologique, ed l'Harmattan, Paris 2013
  • Étymologie du mot et article sur le thème du paradis dans le numéro 33 de la revue Téhéran, le mensuel culturel iranien en langue française

Espéranto[modifier | modifier le wikitexte]

Forme de verbe[modifier | modifier le wikitexte]

paradis /pa.ɾa.dis/

  1. Passé de paradi.

Latin[modifier | modifier le wikitexte]

Forme de nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

paradis /Prononciation ?/

  1. Datif pluriel de parada.
  2. Ablatif pluriel de parada.