résister

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Français [modifier]

Origine et histoire de « résister » Étymologie

Du latin resistere (« se tenir en faisant face » d'où « tenir tête » et « opposer de la résistance à quelqu'un ou quelque chose », signifiant d'abord « s'arrêter, ne pas avancer davantage »), dérivé, avec le préfixe augmentatif re- de sistere (« se placer, s'arrêter » → voir se et stare).

Verbe

résister /ʁe.zis.te/ intransitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Ne pas céder, ou céder difficilement au choc, à la pression, à l’action d’un autre corps, à une force, à un effort quelconque.
    • Ces pierres factices ont beaucoup mieux résisté aux agents atmosphériques que les pierres de grès ; elles sont composées d’un mortier parfaitement dur, mêlé de cailloux concassés de la grosseur d’un œuf, et ont dû être façonnées dans des caisses de bois. (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Le marbre résiste plus au ciseau que la pierre commune.
    • Une viande qui résiste au couteau.
    • Ce vieux château a jusqu’ici résisté à l’injure, aux injures du temps.
    • Vous chargez trop ce plancher, il ne pourra pas résister à un aussi grand poids.
    • La toiture a résisté à la violence du vent.
    1. (Familier) Ne pas céder à la tentation.
      On n’y peut plus résister.
  2. Se défendre, opposer la force à la force.
    • Résister aux agents de la force publique.
    • Une armée à laquelle l’ennemi est hors d’état de résister.
    • Les assiégés ont résisté longtemps, ont résisté courageusement.
    • La place a résisté plus de trois mois.
    • Ce cheval résiste au cavalier.
  3. (Figuré) S’opposer aux desseins, aux volontés de quelqu’un, tenir ferme contre quelque chose de fort, de puissant.
    • Si ce que vous proposez est dans l’intérêt public, je ne résiste plus.
    • Je lui ai résisté en face.
    • Il ne faut pas résister à son maître.
    • Qui peut résister à la volonté de Dieu ?
    • Résister à la grâce.
    • Résister à la séduction, à la tentation.
    • Résister à ses passions.
  4. Bien supporter l’effort, la souffrance, la maladie, le travail, en parlant des hommes et des animaux.
    • Dernièrement, j'avais eu la maladresse de m’enrhumer en pleine chaleur. Voilà pourtant ce que c'est que de devenir vieux : on ne peut résister à rien. (Émile Thirion, La Politique au village, p. 125, Fischbacher, 1896)
    • J'essayais, en contractant le gosier, d'absorber le moins possible d'eau et de résister à l'asphyxie en retenant le plus longtemps que je pouvais l'air dans mes poumons. Mais je ne pus tenir plus de quelques instants. (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Cet homme résiste à toutes les fatigues.
    • Il est en convalescence, mais bien affaibli : s’il a une rechute, il n’y résistera pas.
    • Vous travaillez trop, votre santé n’y pourra résister.
  5. (En particulier) Supporter un désagrément moral.
    • La conversation avec cet homme est d’un ennui mortel, on n’y peut plus résister.
  6. Persister, bien supporter l'usure du temps.
    • Les calomnies mordent difficilement sur l'amitié; mais quelle amitié résisterait à une suite de rêves qui y serait contraire ? (Alain, Propos, 1921, p. 332)

Synonymes

Antonymes

Dérivés

Traductions

Prononciation Prononciation

Références Références