rêve
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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[modifier] Français
Étymologie
- Auguste Scheler [1] développe un chapitre exceptionnellement long à ce mot apparamment orphelin (les langues germaniques partagent un étymon draum (« joie », « extase ») et les langues latines un étymon fondé sur somnium qui a donné « songe »). Il part du constat que resver signifiait « courir çà et là » et un resveur de nuit un « maraudeur nocturne ». À l’appui de sa démonstration, il cite l’usage des expressions synonymes : « tu rêves ! » et « tu divagues ! ».
- Le mot est une variante dialectale de « rage » issu du latin rabies. Le a étymologique survit dans l’anglais to rave (« être véhément ou incohérent ») et le bourguigon ravasser. Scheler souligne aussi (sur le modèle d’aqua / esve / ewe / eaue / eau) le caractère intercalaire du s : le provençal a reva. Et donc, outre l’anglais rave, l’ancien français reve a donné, via un diminutif, l’adjectif revelé (« extravagant » dans Le Roman de la rose) et l’anglais revel (en) et revelry (en) (« réjouissance fantasque »).
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| rêve /ʁɛv/ |
rêves /ʁɛv/ |
rêve masculin
- Assemblage subconscient d’images et d’idées, souvent incohérentes, parfois nettes et suivies, qui se présentent à l’esprit pendant le sommeil.
- Il y eut encore entre ce moment de somnolence et le sommeil réel un intervalle pareil à celui du crépuscule, qui sépare le jour de la nuit, intervalle bizarre et indescriptible pendant lequel la réalité se confond avec le rêve, de manière qu’il n’y a ni rêve ni réalité ; … . — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
- Il ne devinait pas encore combien l'âme de la jeune fille, déjà, lui appartenait. Il habitait chaque seconde de ses heures, chaque rêve de ses nuits. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort" , 1940)
- (En particulier) Chose plaisante par opposition à cauchemar (pendant le sommeil ou non).
- Il a fait un beau rêve, se dit d’un homme qui a joui d’un bonheur fort court ou qui n’a eu qu’une espérance trompeuse et de peu de durée. Il se dit aussi d’un homme à qui survient un succès, un bonheur que rien ne lui faisait espérer.
- C'est une maison de rêve.
- (Par extension) (Figuré) Projet sans fondement, chimère, utopie.
- Ce projet n’est qu’un beau rêve.
- Ses espérances n’ont été qu’un rêve.
- Puisse cette idée n’être pas un rêve!
- Ce système est le rêve d’un esprit mal équilibré.
- (Figuré) Désir, espérance.
- Les femmes regardaient cet homme, qui était leur rêve commun. — (Pierre Louÿs, Aphrodite , 1896)
Synonymes
Apparentés étymologiques
Vocabulaire apparenté
Expressions
Traductions
Assemblage subconscient d’images et d’idées
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(Par extension) (Figuré) Projet sans fondement, chimère, utopie
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Traductions à classer suivant le sens :
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Forme de verbe
| Indicatif | Présent | je rêve |
| il/elle/on rêve | ||
| Subjonctif | Présent | que je rêve |
| qu’il/elle/on rêve | ||
| Impératif | Présent | (2e personne du singulier) rêve |
rêve /ʁɛv/
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Homophones
Prononciation
→ Prononciation manquante. (Ajouter)
- France : écouter « rêve »
Voir aussi
Références
- [1] : Auguste Scheler, Dictionnaire d’étymologie française (1862) → consulter cet ouvrage
-
Tout ou partie de cet article est extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935) (rêve), mais l’article a pu être modifié depuis.