sacrer
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français [modifier]
Étymologie
Verbe
sacrer /sa.kʁe/ transitif 1er groupe (conjugaison)
- Conférer un caractère sacré par le moyen de certaines cérémonies religieuses.
- Sacrer un roi, un empereur, un évêque. — C’était à Reims qu’on sacrait les rois de France.
- Nommer à un poste important.
- Alors qu’il occupait des postes influents dans les administrations Nixon et Ford, Rumsfeld s’était employé à miner les ambitions présidentielles de Bush père en le faisant sacrer ambassadeur en Chine, en l’éloignant du centre des pouvoirs. — (Le Devoir, 13 novembre 2006)
- (Par analogie) Déclarer solennellement.
- Il a été sacré grand écrivain, grand artiste.
- Le laitier déposa chaque jour à leur porte, comme à toutes les portes de la rue, la bouteille de lait qui les sacrait, sinon citoyens anglais, du moins hôtes de la Grande-Bretagne. — (René Fallet, Charleston, chapitre III ; Éditions Denoël, Paris, 1967)
- (Québec) Donner violemment.
- Il a sacré un coup de poing sur la table. — Il s’est sacré un coup de marteau sur le pied.
- (Québec) Rejeter, abandonner violemment.
- Il était tellement en furie qu’il a sacré la boîte par terre et il est parti sans dire un mot. — Sa femme l’a sacré dehors.
sacrer intransitif
- Jurer, blasphémer, faire des imprécations.
- Des envies folles lui venaient de rosser Blanchette à coups de trique ; mais cela ne changerait rien à la situation, et, furibond il sacrait comme un païen pour se soulager un peu. — (Louis Pergaud, L’Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
- Au Québec, on sacre surtout depuis le XIXe siècle, entre hommes surtout, dans les chantiers, les draves, les campements forestiers, dans et aux abords des moulins à bois pour ensuite étendre cette habitude aux populations urbaines. On sacrait à l’origine par frustrations de toutes sortes, en réponse principalement à une Église omniprésente, exigeante même […] De la colère et de l’intention volontaire de provoquer Dieu et ses représentants, les Québécois en sont venus à sacrer par habitude allant jusqu’à manifester par cet outrage leur surprise, voire même leur joie. — (Le Devoir, 19 juin 2006)
- Des jeunes qui se refusent à sacrer à tous les deux mots, qui s’attristent de la vulgarité ambiante et qui connaissent la différence entre l’essentiel et l’accessoire. — (Le Devoir, 13-14 janvier 2007)
se sacrer de (Familier) pronominal (Québec)
- Se foutre de.
- J’en ai profité pour dire à Moïse que des liche-c… lui avaient écrit à Montréal que les livres étaient mêlés ici, etc., que je me sacrais bien des jaloux et que j’étais comme de coutume sans peur et sans reproche. — (source à préciser)
- Je m’en sacre comme de l’an 40. — Tu penses que ça le dérange que tu démissionnes ? Voyons donc ! Il s’en sacre ! — Je me sacre de ce que tu penses.
Synonymes
- s'en câlisser (Québec)
- s'en contre-saint-ciboiriser (Québec)
- s'en crisser (Québec)
- s'en foutre
- s'en contre-foutre
Quasi-synonymes
- s’en battre l’œil (France)
- s’en battre les couilles
- s’en branler
- s’en ficher (France)
- s’en foutre
- s’en moquer (France)
- s’en tamponner (France)
- s’en torcher
Dérivés
- sacre
- sacré
- sacrer là (Québec)
- sacrer la paix (Québec)
- sacrer le camp (Québec)
- sacrer patience (Québec)
- sacrer son camp (Québec)
- sacrer une volée, en sacrer une (Québec)
Homophones
Anagrammes
Références
- TLFi, Le Trésor de la langue française informatisé (1971-1994) (sacrer)
- Tout ou partie de cet article est extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (sacrer), mais l’article a pu être modifié depuis.