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à perte de vue

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Composé de à perte, de et vue.

Locution adverbiale

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à perte de vue \a pɛʁt də vu\

  1. Jusqu’à l’horizon, aussi loin que la vue peut porter.
    • Nous parcourons la vaste plaine fertile des Doukkala, sans pierres et sans arbres, où s’étalent à perte de vue d’immenses champs de blé, d’orge, de maïs, de fèves et de pois chiches. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 153)
    • Entre La Couarde-sur-Mer et Ars-en-Ré, le cycliste découvrira les marais salants qui se déploient à perte de vue. — (journal Sud-Ouest, supplément Guide saison 2022 Charente-Maritime, page 49)
    • Des voitures à perte de vue, mais aussi des bus, des tracteurs, des camping-cars et même des moissonneuses-batteuses. — (journal 20 minutes, édition Paris-IDF, 12 octobre 2022, page 9)
    • Ils étaient parvenus sur le bord d'une immense pièce d'eau. Vers leur droite elle fuyait à perte de vue, de place en place ornée de nénuphars et de nymphéas, […]. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n'arrive jamais, 1955)
  2. (Plus rare) (Sens figuré) Aussi longtemps ou aussi abondamment qu'il est possible.
    • Tout le monde se mit à disserter à perte de vue sur la stratégie; chacun discourait à perdre haleine sur les avantages et les inconvéniens de l’ordre-mince ou de l’ordre-profond, […]. — (Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803, nouvelle édition, tome 5, Paris : chez H.-L. Delloye, 1840, page 120)
    • […], M. de Persigny discourait à perte de vue, au hasard de l’improvisation, sans se préoccuper de la discrétion de ses interlocuteurs. — (Gustave Rothan, Souvenirs diplomatiques : L'Europe et l'avènement du Second Empire, Éditions Calman-Lévy, 1890, page 165)
    • On discute à perte de vue, on se gourme un peu les uns les autres. Au total on lantipone.
      Pourtant tout cela presse, car il y va de la santé de tout le pays.
      — (José Vincent, « L’enseignement des langues de terroir », le 10 novembre 1924, dans Le Correspondant, volume 297, 1924, page 385)
    • La « normalité » de l’état de paix, c’est un beau sujet traité à perte de vue dans les ouvrages de droit international, en attendant que cette science devienne, grâce aux hommes politiques et diplomates, purement métaphysique, comme quelque chose d'extra-terrestre, d’extra-humain… — (Ahmed Rechid, « L’islam et le droit des gens », page 41, en recueil dans Académie de droit international : Recueil des cours, tome 2 de 1937 (tome 60 de la collection), 2e tirage, Leyde : chez A.W. Sijthoff, 1969, page 412)

Prononciation

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