à son corps défendant

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

De corps et défendre.

Locution adverbiale [modifier le wikicode]

à son corps défendant \a sɔ̃ kɔʁ de.fɑ̃.dɑ̃\

  1. (Sens propre) En résistant à une attaque.
    • — Oui, mais l’accusé a agi à son corps défendant, car il avait en face de lui quelqu’un qui voulait le tuer. — (Alphonse Karr, Messieurs les assassins, C. Lévy, 1885, p. 64)
  2. (Figuré) (Familier) Malgré soi, à regret, à contrecœur, contre son gré, de mauvaise grâce, avec répugnance.
    • L’exemple est admirable, et cette dame est bonne :
      Il est vrai qu’elle vit en austère personne ;
      Mais l’âge, dans son âme, a mis ce zèle ardent,
      Et l’on sait qu’elle est prude, à son corps défendant
      — (Molière, Le Tartuffe, 1664, Acte I, scène 1, vv. 121-124)
    • Il est certain que les habitants de la campagne et même des petites villes parlent toujours patois entre eux, et qu’ils ne se servent du français qu’à leur corps défendant. — (Aimé Constantin, Études sur le patois savoyard, Burnod, 1877, p. 7)
    • J’ai accepté le ministère à mon corps défendant et on me ferait le plus grand plaisir en m’ôtant ce fardeau. — (Louis-Nicolas Davout, Les Cent-Jours dans Davout, maréchal d'Empire, t. 2, 1898, p. 201)
    • La corporation étant un organisme chrétien, les juifs en étaient ipso facto écartés ; l’exercice des professions étant interdit en dehors des corporations légalement reconnues, ils furent contraints, à leur corps défendant, de renoncer au travail manuel. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)

Références[modifier le wikicode]