Wiktionnaire:Actualités/Brouillon
Actualités du Wiktionnaire

Wiktionnaire:Actualités est un journal mensuel sur le Wiktionnaire, les dictionnaires, les mots et les langues. Il est publié en ligne depuis avril 2015. Son écriture est ouverte à toutes les bonnes volontés. Vous pouvez consulter les anciens numéros, participer au brouillon de la prochaine édition ou vous inscrire pour recevoir un avis de publication. Le courrier du lectorat est en bas de chaque numéro. Bonne lecture !
Brèves d’ici
Statistiques
Par contrainte technique, les statistiques réalisées par Unsui sur les copies de sauvegarde (dump) ont un mois de décalage avec celles, réalisées avec des modèles et une requête simple par Noé.
- Du 1er août au 1er septembre 2026
- Du 1er au 30 septembre 2026
Brèves des alentours
Des nouvelles des communautés, outils et projets qui sont dans le voisinage du Wiktionnaire.
Brèves d’ailleurs
À voir ou écouter
Quelques émissions audio ou vidéo sur la lexicographie, la linguistique et la langue française ou d’autres sorties ou découvertes ce mois-ci.
La collaboration du mois de septembre
Ce mois-ci, Lepticed7 propose de s’intéresser au syndicalisme !
Septembre
Pour vous y préparer, ce mois-ci, nous vous proposons de travailler sur le vocabulaire du syndicalisme, des luttes sociales et du travail.
Une rentrée sociale ?
Mois suivant
Nouveau dictionnaire de la langue française
- Pierre Larousse, Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, 6e édition, Paris : Augustin Boyer et Compagnie [PDF pesant 246,01 Mio]
Connaissant le grand nombre d’ouvrages publiés par Larousse, au delà de vingt, notamment son Grand dictionnaire universel du XIXe siècle qui comprend pas moins de 24 000 pages[1], il est très difficile de croire qu’il a écrit autant. En effet, tout comme Alexandre Dumas, il a recours à des prête-plumes, y compris sa femme Suzanne. Néanmoins, Pierre Larousse relit, corrige et contrôle tout ce qui sera publié sous son nom pour s’assurer de l’uniformité des textes[2]. Donc, lorsqu’on lit un ouvrage signé « Pierre Larousse », il faut comprendre « Pierre Larousse et coll. ».
Publié voici plus de 150 ans, le Nouveau dictionnaire de la langue française est encore compréhensible par la majorité des lecteur francophones contemporains. En effet, la plupart des mots sont écrits avec les mêmes lettres qu’aujourd’hui et la syntaxe utilisée est souvent pareille à celle de maintenant. Quand ce n’est pas le cas dans une définition, cela constitue un défi intellectuel qui ne prend souvent pour le résoudre que quelques recherches sur Wiktionnaire ou en ligne. Pierre Larousse, ses collaborateurs et sa collaboratrice n'avaient pas accès à une flopée d’outils de rédaction. Pourtant, ce dictionnaire comporte pas moins de 33 000 entrées[3], ce qui constitue un exploit.
L’âge vénérable de ce dictionnaire est un fort indice que ses définitions sont surannées ou politiquement incorrectes. Quelques exemples :
- « CACOGRAPHIE n. f. Orthographe vicieuse présentant aux élèves des fautes qu’ils doivent corriger, comme : apparution, disparution, en définitif, mis pour : apparition, disparition, en définitive. »[4]
- « DÉBLOQUER v. tr. Obliger l’ennemi à lever un blocus. Impr. Remplacer par d’autres des lettres bloquées. V. int. Sortir d’une des blouses du billard : la bille a débloqué. »[5]
- « ET conj. copulative, qui sert à lier les parties du discours. »[6]
Les sujets grand public d’aujourd’hui sont évidement différents. Par exemple, quand on lit « ALUNER », on pourrait penser qu’il y a une faute de frappe, parce que poser le pied sur le corps céleste bien connu, c’est alunir. Toutefois, ce n’est pas le cas : « v. tr. Tremper des étoffes dans de l’eau d’alun. »[7]. Cet exemple n'est pas anecdotique. Dans ce dictionnaire, Larousse donne régulièrement des définitions qui se rapportent à la fabrication d’objets, à l’exploitation de ressources naturelles et à la navigation sur l’eau. Pour les habitants des pays fortement industrialisés du XXIe siècle, la plupart de ces définitions ne résonnent pas en eux. Quelques exemples :
- « BACHOT n. m. Petit bateau pour passer un cours d’eau. »[8]
- « ÉCOBUER v. tr. Enlever la couche superficielle d’un terrain, la brûler, et répandre sur le sol le produit de la combustion. »[9]
- « ÉVIER n. m. Table de pierre sur laquelle on lave la vaisselle ; petit canal par lequel s’écoulent les eaux d’une cuisine... »[10]
Des expressions nous sont encore connues. Par exemple, « Fig. Filer doux, céder par crainte ; »[11]. D’autres me semblent inutilisées au XXIe siècle : « des jours filés d’or et de soie, une vie douce et heureuse. »[12]
Larousse a ajouté des Notes étymologiques, scientifiques, historiques et littéraires qui contiennent des informations qui ne sont plus acceptées le plus souvent parce que la science a réévalué les assertions et les hypothèses de cette époque. En voici trois exemples :
- « CANNE À SUCRE … Lors de son apparition en France, le sucre, qui est devenu aujourd’hui un objet de première nécessité, était très-rare. Sous Henri IV encore, on n’en faisait usage qu’en médecine, et il ne se trouvait que chez les apothicaires, où il se vendait à l’once.[13] »
- « AMIANTE. Les anciens regardaient l’amiante comme une espèce de lin incombustible ; ils le cardaient, le filaient, et en faisaient des nappes, des serviettes, etc., que l’on jetait au feu quand elles étaient sales, et qui en sortaient plus blanches que si on les eut lavées. C’est dans une toile d’amiante qu’ils brûlaient les corps des personnages distingués, dont ils voulaient conserver les cendres pures et séparées de celles du bûcher. On en compose aujourd’hui des mèches qui brûlent dans l’huile sans se consumer, et un papier précieux en ce qu’il est incombustible. Dans ces derniers temps, on a employé l’amiante pour en faire des tuniques propres à préserver les pompiers du feu, dans les incendies[14]. »
- « MAMMIFÈRE … La classe des mammifères est la première du règne animal. À sa tête est l’homme…[15]
Larousse savait aussi rapporter des anecdotes savoureuses : « Quelqu’un disait à Fontenelle que [le café] était un poison lent. « Très-lent, en effet, repartit le spirituel écrivain, car voilà plus de 80 ans que j’en bois. »[16] »
Je fais l’hypothèse que Pierre Larousse voulait documenter les sujets qui préoccupaient ses concitoyens. Ce dictionnaire est un rappel que le changement est la seule chose qui ne change pas. Peu importe, il constitue une agréable plongée dans une époque révolue.Les collaborations de la semaine de septembre
Ces suggestions, affichées sur la page d’accueil, ont été proposées par Noé. Merci de leurs contributions aux personnes qui ont créé de nouvelles entrées !
Semaine 36 (31 août au 6 septembre 2026)

Semaine 37 (7 au 13 septembre 2026)

Semaine 38 (14 au 20 septembre 2026)

Semaine 39 (21 au 27 septembre 2026)

Semaine 40 (28 septembre au 4 octobre 2026)

Semaines suivantes
Écrire le droit dans les langues de Polynésie française
Depuis 2023, le secrétariat général du gouvernement de Polynésie française s’est donné la mission de rendre accessible le droit dans les cinq langues polynésiennes reconnues par la collectivité ultramarine. Destiné à permettre à chacun de consulter le droit de la Polynésie française dans sa propre langue, le projet est baptisé « Lexpol reo mā’ohi », Lexpol étant l'homologue de Légifrance pour le droit polynésien et « reo mā’ohi » désignant « la langue de chez nous ». La parution début 2026 d'une Parau ’āpī (« lettre d'information ») est l'occasion de l'évoquer.
Le travail, auquel sont associés des personnels de différents services du secrétariat général, a commencé avec le tahitien, et il est aussi engagé pour le èo ènata (marquisien). Parallèlement à la traduction des textes, le projet comporte une dimension lexicale. Début 2026, un « comité de création lexicale » s'est constitué au sein du secrétariat général. Parmi les 18 nouveaux termes proposés de la première série, trois portent sur l'interruption volontaire de grossesse tandis que les 15 autres fixent la manière de désigner les différents types de textes législatifs et réglementaires constitutifs du droit polynésien, qu'il s'agisse de textes venant des autorités nationales ou de ceux issus des instances de la collectivité. Ce comité comprend une représentante de l'Académie tahitienne, et les nouveaux termes seront soumis à cette institution.
En février 2026, les statistiques de la lettre d'information faisaient état de 700 textes déjà traduits et de 1608 termes dans le lexique.Les thésaurus de la semaine de septembre
Ces nouvelles suggestions hebdomadaires, affichées sur la page d’accueil, ont été proposées par Harmonide.
- Semaine 36 (31 août au 6 septembre 2026) : pèlerinage
- Semaine 37 (7 au 13 septembre 2026) : courriel
- Semaine 38 (14 au 20 septembre 2026) : maltraitance
- Semaine 39 (21 au 27 septembre 2026) : boucle
- Semaine 40 (28 septembre au 4 octobre 2026) : librairie
Semaines suivantes
Mots croisés — Septembre 2026
Courrier du lectorat
Références
- ↑ Contributeurs, Hors du travail, il n’avait pas de vie, Le Scriptorium, Wikisource en français, juin 2026
- ↑ Contributeurs, Hors du travail, il n’avait pas de vie, Le Scriptorium, Wikisource en français, juin 2026
- ↑ En me basant sur des transclusions issues d’un ouvrage sur Wikisource, voici le nombre d'entrées que j'ai comptées pour les cinq premières sections du dictionnaire :
- Lettre A : 2523
- Lettre B : 1532
- Lettre C : 3701
- Lettre D : 2151
- Lettre E : 2339
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 81
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 161
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 238
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 21
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 51
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 207
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 244
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 263
- ↑ Nouveau dictionnaire de la langue française, 1874, p. 263
- ↑ Notes étymologiques, scientifiques, historiques et littéraires, 1874, p. 11-12
- ↑ Notes étymologiques, scientifiques, historiques et littéraires, 1874, p. 4
- ↑ Notes étymologiques, scientifiques, historiques et littéraires, 1874, p. 35
- ↑ Notes étymologiques, scientifiques, historiques et littéraires, 1874, p. 11
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- 2026 : janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, brouillon du prochain numéro
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