avoir du chien dans le ventre

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(1846) Expression d’origine peut-être militaire, simplification de « avoir du sacré chien (du tord-boyau) dans le ventre » selon Nestor Roqueplan[1], tombée en désuétude dans les années 1930.

Locution verbale [modifier le wikicode]

avoir du chien dans le ventre \a.vwaʁ dy ʃjɛ̃ dã l‿vãtʁ\ intransitif (se conjugue, voir la conjugaison de avoir)

  1. (Figuré) (Populaire) (Désuet) Avoir du cran, de la rage, de la persévérance.
    • Les bras meurtris par cent combats,
      Le dos courbé par la souffrance,
      Souvent sans pain, nos vieux soldats
      Jadis allaient venger la France ;
      Guidés par un jeune héros,
      En tête, à l’arrière-garde, au centre,
      On les voyait toujours dispos ;
      Pour défendre ainsi nos drapeaux,
      Il faut avoir du chien dans l’ventre.

      — (Eugène Berthier, Il faut avoir du chien dans l’ventre, in La chanson au dix-neuvième siècle, Durand, 1846, pages 29-30)
    • Bref, tout ça prouve aux combattants
      Qu’Marianne a la peau brune,
      Du chien dans l’ventre et qu’il est temps
      D’crier : vive la Commune !

      — (Eugène Pottier, Elle n’est pas morte, mai 1886)
    • Il avait du chien dans le ventre s’il persistait à rester en faction près de la mare, derrière son buisson. Quel rageur que ce Billoin ! — (Robert Poirier  de Narçay, La Bossue, Flammarion, 1900)
  2. (Figuré) (Familier) (Désuet) Avoir de l’élan, de la flamme, en parlant d’un(e) comédien(ne), d’un chanteur, d’une chanteuse.
    • Mieux vaut pour une actrice avoir du chien dans le ventre qu’un chat dans la gorge. — (Hippolyte Briollet, Pensées d’un paveur en chambre, Le Tintamarre, 26/07/1874, page 3)
    • Le parterre se levait, les loges jetaient des fleurs ; l’orchestre s'écriait : « — Elle a réellement du chien dans le ventre ! » Avoir du chien dans le ventre, c’était déjà chez nous la plus belle formule d’éloges qu’on pût imaginer ; c’était le succès ; c’était la gloire ! — (Philibert Audebrand, Les gasconnades de l’amour, E. Dentu, 1881, page 141)

Traductions[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  1. Nestor Roqueplan, Argot et mœurs de théâtre, Le Figaro - Supplément littéraire du dimanche, 21/09/1879, page 173