bader

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Voir aussi : Bader, bâder

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Sens 1) (Siècle à préciser) De l’occitan badar (« regarder bouche bée ») ou de l’ancien français bader (« ouvrir, être ouvert (pour qualifier une brèche dans un mur), se borner à attendre, attendre en vain, aspirer, regarder avidement la bouche ouverte, convoiter, avoir de mauvaises intentions ou de fortes envies, rêver ») , attesté au XIIe siècle dans des versions de la Chanson de Roland. Ce sont deux verbes polysémiques provenant du verbe latin commun intransitif badare signifiant d’abord d’un point de vue physiologique (« bâiller, avoir la bouche grande ouverte et aspirer/inspirer par réflexe ou conditionnement du bâillement ») mais aussi au sens figuré (« attendre (trop longtemps ou en vain), ouvrir une muraille ou un mur ») par emploi parallèle au latin vulgaire batare. L’évolution occitane plus conservatrice a laissé en français moderne badaud (badau en provençal) et le verbe badauder. L’évolution en langue d’oil subsiste avec les variantes baer, baier, beer attestées en ancien français, elle nous a laissé le vieux verbe bayer (avec l'expression bayer aux corneilles, le verbe béer et son participe présent béant, et son participe passé beée aujourd'hui altéré en bée, et les adjectifs parfois substantivés ébahi, bégueule (= bée gueule). L’interprétation des mots badin, badiner, badinage parfois reliés à cette famille pourrait s’expliquer par l’ancien français baldiner (« égayer, enhardir »), en postulant une évolution transitoire méridionale, en domaine occitan.
(Sens 3) (Siècle à préciser) De l’anglais bad, mal, mauvais, avec le suffixe -er ou par péjoration récente du verbe bader, gardant d'ailleurs un sens secondaire ancien de futilité, d'inutilité, d'attente vaine ou de bêtise profonde caractérisant l'existence humaine.

Verbe [modifier]

bader \ba.de\ 1er groupe (conjugaison)

  1. (Occitanie) Regarder bouche bée, c’est-à-dire la bouche ouverte, parfois avec étonnement ou admiration. Contempler avec admiration ou envie. À l’origine il s’agit d’un verbe intransitif, l’attitude passive et prolongée étant une marque de niaiserie ou de sottise. Les formes transitives récentes manifestent également une péjoration indéniable.
    • Et pendant que tu bades ton foot si tard dans la nuit, c’est qui qui régale ta femme ? — (Thierry Pillon. Le Corps à l’ouvrage, p. 95. Stock, 2012.)
    • L’époux empoté, fortement épris de sa femme, ne savait que la bader. — (Rodolphe Meidinger et Kim Hyeong-jun. La Porte des secrets. Et autres contes libertins de Corée, p. 141. Atelier des cahiers, 2015.)
  2. (Midi de la France) Se promener sans but, flâner sans rien faire ou rêvasser en cas d’immobilité (verbe intransitif).
  3. (Chez les adolescents) Être triste, en mauvaise forme.
    • Ce film m’a trop fait bader.
  4. (Limousin) Garder la bouche ouverte pour vider une partie du contenu de son estomac et attendre de recommencer, vomir.
    • Il doit avoir une gastro, il a badé toute la nuit.

Synonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Apparentés étymologiques[modifier]

Anagrammes[modifier]

Ancien français[modifier]

Verbe [modifier]

bader \Prononciation ?\

  1. Variante de beer.

Références[modifier]

Néerlandais[modifier]

Étymologie[modifier]

(Siècle à préciser) Dérivé du verbe baden (« se baigner »).

Nom commun [modifier]

bader \Prononciation ?\ masculin (pour une femme, il existe baadster)

  1. Baigneur.

Synonymes[modifier]

Prononciation[modifier]