croquer le marmot

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

Pierre-Marie Quitard, dans Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française, Paris : chez P. Bertrand, 1842, pp. 526-527 donne les explications suivantes :
« L’origine de cette expression est fort controversée. Les uns la font venir d’une fable d’Ésope imitée par La Fontaine, dans laquelle une fermière, pour faire cesser les pleurs de son petit garçon, le menace de le donner au loup, qui ayant entendu cela, en passant, vient se planter sur la porte de la maison, dans l’espoir de croquer le marmot, et, après une vaine attente, finit par être assommé. Les autres la rapportent à l’habitude qu’ont les compagnons peintres de croquer un marmot (de tracer le croquis d’un marmot) sur un mur, pour se désennuyer, lorsqu’ils sont obligés d’attendre. — Je crois qu’elle fait allusion à l’usage féodal d’après lequel le vassal qui allait rendre hommage à son seigneur devait, en l’absence de celui-ci, réciter à sa porte, comme il l’eût fait en sa présence, les formules de l’hommage, et baiser à plusieurs reprises le verrou, la serrure ou le heurtoir appelé marmot, à cause de la figure grotesque qui y était ordinairement représentée. En marmottant ces formules, il semblait murmurer de dépit entre ses dents, et en baisant ce marmot, il avait l’air de vouloir le croquer, le dévorer. Ainsi, il fut très naturel de dire figurément croquer le marmot, pour exprimer la contrariété ou l’impatience qu’une longue attente doit faire éprouver. Cette explication est confirmée d’ailleurs par l’expression italienne mangiare i catcnacci, manger les cadenas ou les verrous, qui s’emploie dans le même sens que la nôtre. »

Locution verbale [modifier le wikicode]

croquer le marmot \kʁɔ.ke lə maʁ.mo\ intransitif (se conjugue → voir la conjugaison de croquer)

  1. Attendre longtemps en se morfondant.
    • Je croquai le marmot en vain jusqu'à la fin de l'Opéra; je la perdis dans la foule. Je fus si mortifié d'avoir manqué mon coup, que j'osai à peine rendre compte au Prince d'une si malheureuse issue. — (Mémoires du Chevalier de Ravanne, page de S. A. R. le duc Régent, et mousquetaire, tome 3, Londres, 1781, p. 233)
    • Il a décampé en me laissant seul dans cette chambre où je croque le marmot depuis une heure. — (Eugène Chavette, La Chambre du crime, 1875)
    • La vice-présidence de S. A. I. nous a tous surpris et nous en sommes à nous demander ce que cela veut dire. Je crains qu'il n'y ait eu à ce sujet de grandes colères et chagrins de la part d'une femme que j'aime et qui ne voudrait pas qu'il croquât le marmot. — (Lettres de Prosper Mérimée à la comtesse de Boigne, Librairie Plon, 1933, p. 239)

Références[modifier le wikicode]