défaire

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

 Dérivé de faire avec le préfixe dé-.

Verbe [modifier le wikicode]

défaire \de.fɛʁ\ transitif 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se défaire)

  1. Modifier l’état d’une chose de manière qu’elle ne soit plus ce qu’elle était.
    • « Ce que j’ai fait, je le déferai ! » me dit-elle, un jour, dans un accès de fier défi poussé jusqu’à la folie. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 175)
    • […] les autres, fort à l’aise sur le fond du lagon avec dix brasses d’eau sur la tête, défaisaient les tours que ma chaîne avait pris autour des blocs de corail. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil, t. 1, De New-York à Tahiti, 1929)
    • Pénélope défaisait, la nuit, l’ouvrage qu’elle avait fait le jour.
    • Ce que l’un fait, l’autre le défait.
    • Une couture qui se défait.
    • (Figuré) Défaire un mariage, un marché.
    • (Figuré) Ils avaient à défaire tout le chemin qu’ils avaient fait. — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, page 37)
    • C’est le propre de la jeunesse de vouloir, pour reprendre la célèbre formule d’Albert Camus, défaire le monde en pensant le refaire. — (Richard¡ Martineau, Mais les tiennes, où sont-elles?, Le Journal de Québec, 21 février 2021)
  2. (En particulier) Vider des effets qui s’y trouvent, en parlant de colis ou de paquets.
    • Défaire une malle, un paquet, une valise.
  3. (Par extension) Ôter, en parlant de vêtements.
  4. (Militaire) Mettre en déroute.
    • Défaire l’ennemi. — Son armée fut complètement défaite.
    • — Ah ! si l’on me donnait seulement une pertuisane, dit une voix enrouée (c’était le vieux Grandchamp, qui s’était glissé dans la chambre, et dont les yeux étaient rouges de fureur), je déferais bien monseigneur de tous ces hommes noirs ! disait-il. — (Alfred de Vigny, Cinq-Mars, chapitre XXV, 1826)

se défaire

  1. Se délivrer, se débarrasser d’une personne ou d’une chose.
    • Pensant à son accoutrement, il se défit de son faux col et de sa casquette blanche d’aéronaute, qui pouvaient le trahir, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 356 de l’édition de 1921)
    • Du dehors, à la clarté brutale de l’électricité, je pus apercevoir des couples se désunir et plusieurs individus se défaire, avec un geste brusque, de couteaux ou de revolvers. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Se défaire d’une mauvaise habitude, d’un vice, d’une passion.
  2. (En particulier) Congédier, licencier.
    • Se défaire d’un mauvais employé.
  3. (Figuré) Faire mourir.
    • Se défaire d’un assaillant, d’un témoin gênant, etc.
  4. Aliéner, en parlant d’une chose ; en transporter le droit et la possession à un autre.
    • Un marchand qui se défait avantageusement de sa marchandise.
    • Se défaire d’un cheval, d’une propriété.
    • Il cherche, sans y réussir, à se défaire de son domaine.
  5. (Figuré) Passer, s'écouler, se succéder.
    • « Je m’y vois comme si j’y étais. Repense-moi ça, hein, se pousser du ventre dans de la femelle à Maloret... j’aurai pourtant manqué ce train-là, moi. On va, on pousse sa charrue, on trime, les jours se défont et on n’a pensé à rien... » — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 163)

Dérivés[modifier le wikicode]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]