empathie

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Voir aussi : Empathie

Français[edit source]

Étymologie[edit source]

(Date à préciser) De l’anglais empathy attesté en 1908[1] issu du grec ancien ἐμπάθεια, empátheia (« affection ») et calque de l’allemand Einfühlung[1][2], créé en 1858 par le philosophe allemand Rudolf Hermann Lotze. Voir sympathie.

Nom commun [edit source]

Singulier Pluriel
empathie empathies
\ɑ̃.pa.ti\

empathie \ɑ̃.pa.ti\ féminin

  1. (Psychologie) Capacité de comprendre, de ressentir les sentiments ou de se mettre à la place d’une autre personne.
    • À condition de ne pas se méprendre sur le sens du mot empathie. « C’est la volonté de comprendre l’autre de l’intérieur, tout en sachant qu’on n'y est pas », souligne Jacques Lecomte, docteur en psychologie […]. — (Emmanuelle Lucas, Et si on essayait l’empathie, Journal La Croix, page 17, 20 janvier 2016)
    • Si le bébé est traité avec empathie, compassion et compréhension, ses propres capacités à développer ces qualités s’épanouissent en miroir. — (Olivier Maurel, Oui, la nature humaine est bonne)
    • Le mot « empathie » est une traduction du mot allemand Einfühlung, qui renvoie à la capacité de « ressentir l'autre de l'intérieur »; il fut utilisé pour la première fois par le psychologue allemand Robert Vischer en 1873 pour désigner la projection mentale de soi-même dans un objet extérieur — une maison, un vieil arbre noueux ou une colline balayée par les vents — auquel on s'associe subjectivement. (Le terme anglais empathy fut utilisé pour la première fois au début du xxe siècle, pour traduire Einfühlung, par le psychologue Edward Titchener.) À sa suite, le philosophe Theodor Lipps étendit cette notion pour décrire le sentiment d'un artiste qui se projette par son imagination non seulement dans un objet inanimé mais aussi dans l'expérience vécue d'une autre personne. Il proposa l'exemple suivant pour illustrer le sens de ce vocable : nous participons intensément à la marche d'un funambule en équilibre sur sa corde raide. Nous ne pouvons nous empêcher d'entrer dans son corps et de faire mentalement chaque pas avec lui. De surcroît, nous ajoutons à cela des sensations d'inquiétude et de vertige dont le funambule est fort heureusement exempt. — (Mathieu Ricard, Plaidoyer pour l'altruisme, NiL, Paris, 2013, p. 48)
    • Les vents ne gémissaient pas, les flots ne murmuraient pas davantage, la nature manifestait une absence d’empathie presque insultante. — (Michel Houellebecq, Sérotonine, Flammarion, 2019, page 311.)
  2. (Philosophie) Dans la tradition phénoménologique, appréhension immédiate de l’affectivité d’autrui.
  3. (Psychologie sociale) Dans les sciences humaines, attitude envers autrui caractérisée par un effort de compréhension intellectuelle de l’autre, excluant tout entraînement affectif personnel (sympathie, antipathie) et tout jugement moral (caractéristique du sens historique, pénétration de cultures étrangères, techniques d’entretien, psychiatrie, etc.)[3].

Synonymes[edit source]

Antonymes[edit source]

Dérivés[edit source]

Traductions[edit source]

Prononciation[edit source]

Voir aussi[edit source]

  • empathie sur l’encyclopédie Wikipédia Wikipedia-logo-v2.svg

Références[edit source]

  1. a et b (en) Douglas HarperOnline Etymology Dictionary, 2001-2018 → consulter cet ouvrage
  2. « empathie » dans Dictionnaire Larousse en ligne
  3. Louis-Marie Morfaux, Vocabulaire de la philosophie et des sciences humaines, 2001, Armand Colin