friche

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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(XIIIe siècle) Apparenté à frais, fraiche, ce mot a pu se dire des terres nouvellement conquises. On [1] le fait remonter au moyen néerlandais versch/virsch (« frais, nouveau ») qui, employé avec le mot lant (« terre ») désigne une terre qu'on a gagnée sur la mer en l'endiguant. Ducange [2] a proposé l’étymon germanique frisch; en effet le latin a novale (« terre défrichée ») de novus et novalis au sens de « laissé un an en jachère ».
D’après Grim [2], il dérive du latin frango (« briser »), au sens de « briser les mottes, labourer », sart et essart sont aussi nommés d’après l’opération auxquels les champs sont soumis, il en va de même de l’ancien français braiche (« friche »).

Nom commun[modifier]

Singulier Pluriel
friche friches
\fʁiʃ\

friche \fʁiʃ\ féminin

  1. (Agronomie) (Ethnobiologie) Terrain inculte, soit qu’on ne l’ait jamais cultivé, soit que la culture en ait été interrompue.
    • Il y a trois ans qu’il n’a fait travailler à sa vigne, et ce n’est plus qu’une friche.
    • Par exemple, c'est dans les lieux de friches et d'abandon, “le tier paysage”, que se réfugient les auxiliaires du jardinier – plantes, animaux, insectes – qui assureront le futur de notre planète., (Interview de Gilles Clément par Frédérique Basset, Canopée nº8 paru en 2010, p. 84)
    • Il reproche à je ne sais quels écrivains de ne plus savoir le français et d’écrire « friche » où il faudrait « guéret » ; – mais lui écrit « opprobe » et « frustre ». (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 329)
    • Moins d’un siècle après son introduction en Europe à titre de plante de collection, puis de jardin, le buddléia échappé des enclos a gagné les terres inoccupées, plus spécialement les friches urbaines. (Gilles Clément, Éloge des vagabondes, p. 119, NiL édition mai 2002)
    • L’instituteur Jean-Henry Fabre, dans son harmas de Sérignan-du-Comtat, sa friche, sa « solitude », sous les platanes où stridulent grillons et cigales, comparait le monde des fourmis à la république spartiate de Lycurgue. Il évoquait aussi la «brutale république des guêpes». (François Chaslin, Un Corbusier, mars 2015)
  2. (Biogéographie) Ensemble des plantes qui poussent sur ce terrain.
    • La friche, la végétation laissée à elle-même est l'exacte image de l'âme négligée, envahie par les passions et qui ne se soucie pas de remplacer les vices par les vertus. (François de Muizon, Dans le secret des ermites d'aujourd'hui, éditions Nouvelle Cité, Montrouge, 2001, p. 46)
    • […]; d'autre part, la nature d'un terrain non agricole, spontanément, ce n'est pas le bois, mais la broussaille, la friche, la lande, la ginestaie, la garrigue, la genévraie, le maquis, la pelouse rase... ou le désert ! (Acta geographica, Société de géographie, 1986, p.103)
  3. (Figuré) Définition manquante ou à compléter. (Ajouter)
    • Sans faire de bruit, une révolution discrète, locale et qui ne cherche à convaincre personne a déjà eu lieu. Nous acceptons désormais d’être sans statut, retirés dans les marges joyeuses, par nécessité comme par choix. L’avenir est pour nous dans les friches. C’est dans les terrains encore vagues qu’adviendra une nouvelle renaissance. (Puisque tout est fini, alors tout est permis tribune du collectif Catastrophe publiée dans Libération le 22 septembre 2016)

Dérivés[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

  • jachère, interruption annuelle de la culture

Traductions[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

Anagrammes[modifier]

Ancien français[modifier]

Adjectif[modifier]

friche \Prononciation ?\ masculin et féminin identiques

  1. Variante de frische.

Références[modifier]