hydre

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Voir aussi : Hydre, -hydre

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

Emprunté via le latin hydra, au grec ancien ὕδρα, húdra.
Originellement l’hydre de Lerne, dans la mythologie grecque.

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
hydre hydres
\idʁ\
Une hydre à sept têtes (sens 1)
Armoiries avec une hydre (sens héraldique)

hydre \idʁ\ féminin

  1. (Mythologie) Serpent fabuleux à plusieurs têtes qui renaissent dès qu’on lui en coupe une.
    • L’École Normale est une institution que les nations envient à la République : elle est une des têtes de la France qui est pourvue de chefs comme une hydre. — (Paul Nizan, Aden Arabie, chap. I., Rieder, 1932 ; Maspéro, 1960)
    • N’est pas héros qui veut; ni le courage ni le don ne suffisent, il faut qu’il y ait des hydres et des dragons. — (Jean-Paul Sartre, Les Mots, 1964, II)
  2. (Figuré) Ennemi dangereux, menace.
    • L’hydre de l’anarchie, factions considérées comme multiples et renaissantes, qui menacent l’ordre établi.
    • Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile,
      Une tête coupée en fait renaître mille.
      — (Pierre Corneille, Cinna, IV, 3, 1639)
    • Des riens devenaient des hydres dont lui-même [le duc d’Orléans] se trouvait souvent fort embarrassé. — (Louis de Rouvroy, 436, 62)
    • Il faut savoir séduire, flatter l’hydre du peuple. — (Voltaire, Mérope, I, 4, 1743)
    • Un homme de lettres, pour peu qu’il ait de réputation, est un Hercule qui combat des hydres ; prêtez-moi votre massue, j’ai plus de courage que de force. — (Voltaire, Lett. Damilaville, 8 août 1767.)
    • Les Français combattaient dans les alliés une hydre toujours renaissante. — (Voltaire, Louis XIV, 16.)
    • Au lieu de couper les têtes de l’hydre, ils se bornent à lui mordre la queue. — (Voltaire, Lett. Schouvalof, 3 déc. 1768.)
    • Lorsque Bossuet descendit dans la carrière, la victoire ne demeura pas longtemps indécise, l’hydre de l’hérésie fut de nouveau terrassée. — (François-René de Chateaubriand, Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne, I, I, 1)
    • Quelle n’est pas ma désillusion en découvrant sous chaque pied de vigne l’hydre de la question sociale. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Une hydre est un composé de plusieurs personnes sur un tronc commun. — (Charles Bonnet, Considérations sur les corps organisés, Œuvres tome VI, page 109, dans Charles de Pougens)
  3. (Héraldique) Meuble représentant l’animal fabuleux du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée comme un corps de serpent à la queue entortillée, doté d’ailes de chauve-souris, de deux pattes arrières et muni de plusieurs têtes dont il faut préciser le nombre dans le blasonnement (généralement c’est sept).
    • D’argent à l’hydre à sept têtes de gueules, languée de sinople, qui est de Desier le Fier, Chevalier de la Table Ronde (armoiries imaginaires) → voir illustration « armoiries avec une hydre »
  4. (Herpétologie) Reptile ophidien correspondant présentement à une section des hydrophides, ou serpents d’eau.
  5. (Zoologie) Genre de polypes, où l’on distingue l’hydre verte de Linné.
  6. (Botanique) Plante du genre cornifle (Ceratophyllum demersum, L.) (cératophyllées).
  7. Hydre hydraulique : machine qui, au moyen d’un puits ou d’une petite source, procure une chute d’eau assez considérable pour être utilisée.
  8. (Alchimie) Pierre philosophale.
    • L’hydre des sages ou pierre des sages, la pierre philosophale.

Dérivés[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]