médiocrité

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(XIVe siècle)[1] Du latin mediocritas (« juste milieu, insignifiance »).

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
médiocrité médiocrités
\me.djɔ.kʁi.te\

médiocrité \me.djɔ.kʁi.te\ féminin

  1. État ou qualité de ce qui est médiocre (moyen, peu important, peu digne d'être remarqué).
    • La médiocrité de sa fortune, de son esprit.
    • Un mot les caractérise, la médiocrité ; mais c’est une médiocrité voulue, systématique. Ils font exprès d’être médiocres. « Mariage de la mort et du vide, » disait Michelet de l’alliance des jésuites et des sulpiciens. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 127.)
    • C’était un saint ; c’était à peine un prêtre ; ce n’était pas du tout un sulpicien. Il manquait à la première règle de la compagnie, qui est d’abdiquer tout ce qui peut s’appeler talent, originalité, pour se plier à la discipline d’une commune médiocrité. — (Ernest Renan, Souvenirs d’enfance et de jeunesse, 1883, collection Folio, page 137.)
  2. (Absolument) Situation sociale, état de fortune intermédiaire entre la richesse et la pauvreté, entre la haute société et une condition petite-bourgeoise ou populaire. Situation sociale peu brillante.
    • Vivre dans la médiocrité ; se contenter d'une heureuse médiocrité.
    • Elles sont donc réelles, de l'aveu même de ce brave homme borné, ces aventures des jeunes héros de province qui, plutôt que d'accepter la médiocrité dans un coin de leur pays natal, sont venus à la Grande ville, l'ont domptée, en ont fait la respectueuse servante de leurs passions. — (Pierre Benoit, Kœnigsmark, 1918).
    • — J’ai horreur de la médiocrité.
      — Mais depuis dix ans, tu vis dans une médiocrité dorée, la pire de toutes.
      — (Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu follet (1931))
  3. Manque d'intelligence, de talent, de qualités personnelles. Insuffisance du côté de l’esprit ou du mérite.
    • Trouver son bonheur dans la médiocrité.
    • Il y a peu d’hommes qui se permettent un usage vigoureux et intrépide de leur raison, et osent l’appliquer à tous les objets dans toute sa force. (…) Il faut l’appliquer ainsi à tous les objets: (…) sans quoi, on restera dans la médiocrité. — (Chamfort, Maximes et pensées, I, 63, éd. 1923)
    • Les positivistes, qui représentent, à un degré, éminent la médiocrité, l'orgueil et le pédantisme, avaient décrété que la philosophie devait disparaître devant leur science ; mais la philosophie n'est point morte et elle s'est réveillée avec éclat. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, 1908)
    • Le mot de Renan à propos de Louis-Philippe : « Il faut pardonner aux rois leur médiocrité ; ils ne se sont pas choisis » n’est pas nécessairement irrespectueux. — (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 353)
    • Ce ponte est d’une grande médiocrité. — Ce nouveau chef-d'œuvre, ce journaliste de plateau-télé, cette humoriste sont d’une médiocrité désolante.
    • Sa page perso sur la toile est d'une médiocrité qui serait affligeante, si elle n'était pas ridicule.
  4. De faible valeur, de mauvaise qualité, franchement mauvais. En ce sens, souvent employé comme euphémisme.
    • Des résultats scolaires médiocres.
    • Des marchands d’un champagne dont la médiocrité n’était dépassée que par son prix qui ne cessait de monter, ne se préoccupaient plus, à Montmartre comme à Montparnasse, que d'adapter les soi-disants plaisirs de Paris à des images étrangères et le plus souvent chromolithographiques. — (Jean Valmy-Baysse, La curieuse aventure des boulevards extérieurs, 1950)

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]