merde

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Voir aussi : merdé

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

Du latin merda, de même sens.
(Interjection) (Théâtre) Lorsqu’une pièce avait du succès, les attelages stationnant derrière le théâtre laissaient une quantité de crottin importante ; souhaiter beaucoup de « merde » revenait donc à souhaiter du succès à la représentation de l’acteur. (information à préciser ou à vérifier)

Nom commun[modifier]

Singulier Pluriel
merde merdes
\mɛʁd\

merde \mɛʁd\ féminin

  1. (Vulgaire)
    1. Excrément d’homme ou d’animal.
      • J’ai marché dans une merde de chien.
      • Ce pourquoi à tout, on préférait la merde du jeune homme sain — et parfois même celle, connue sous le nom de méconium, qui résultait de « la première déjection que font les enfants après leur naissance » — jusqu’à asservir un homme spécialement à cet office […] (Dominique Laporte, Histoire de la merde, 1978, p. 90, ISBN 2267017016)
    2. Chose sans valeur, objet de mauvaise qualité.
      • Cette voiture, c’est de la merde !
    3. (Injurieux) Personne méprisable, sans valeur.
      • Tu es une vraie merde.
      • Petite merde !
    4. Situation inextricable.
      • Quelle merde, je ne m’en sortirai pas.
      • Se retrouver dans la merde.
    5. Fait désagréable, incommodité, incident de la vie.
      • Une présentatrice se matérialise dans la chambre. Tout d’abord translucide comme un voile, elle devient de plus en plus nette.
        — Bonsoir. Voici les nouvelles !
        Elle n’annonce que des merdes ultra-pessimistes. Au moins une qui ne déçoit pas Mishima.
        (Jean Teulé, Le Magasin des suicides, 2007. Julliard, p. 129.)
      • Tous aux abris ! Jacques Chirac en avait fait une philosophie prudentissime de l’action politique : « Les merdes, disait l’ancien président, volent en escadrille ». (Nicolas Domenach, Les m….. volent toujours en escadrille, article du 21 février 2008, sur www.marianne.fr, lien)
      • Il m’est arrivé une merde.
Note[modifier]
attention Ce mot féminin n'a pas de masculin correspondant, et il peut désigner des hommes.
Au Québec, ce mot (→ voir marde) est généralement prononcé \maʁd\, sauf dans certains cas. Ainsi, pour qualifier un objet de mauvaise qualité (sens 2), le québécois a deux possibilités courantes : « [sujet] à’ marde (où à’ est un à allongé, contraction de à la) ou « [sujet] de merde » (voir exemples pour le sens 2 ci-dessous).
De plus, au sens propre, le mot est généralement utilisé avec un partitif (« de la ») (voir exemple pour le sens 1 ci-dessous).
Par conséquent, les exemples suivants pourraient constituer des pendants québécois réalistes des énoncés français cités ci-dessus. Noter les deux prononciations différentes selon les sens et les contextes. Curieusement, ces prononciations sont rarement interchangeables.
On trouve également la prononciation \maʁd\ dans D’un château l’autre de Céline, attestant semble-t-il de cette prononciation dans l’usage populaire oral dans la France du début du XXe siècle.

Excrément (1) :

(Québec) J’ai pilé dans de la marde de chien.

Chose sans valeur (2) :

(Québec) Toé pis ton char à’ marde !
(Québec) Quel pays de merde !
(Québec) La politique, c’est d’la marde / Nan, nan, nan, nan / J’mange des scorpions à la moutarde / Nan, nan, nan, nan (Chanson parodique de François Pérusse)

Personne méprisable (3) :

(Québec) Non, mais, t’es une vraie merde.

Ennui (4) :

(Québec) Là, j’suis dans’ marde. (Le mot dans’ est ici une contraction de dans la, prononcé [dãː] avec le [ãː] allongé.)
(Québec) Quand il arrive quelque part, ça fait toujours de la marde.

Drogue (5) :

(Québec) Touche pas à cette merde-là.
(Québec) Touche pas à ça, c’est de la marde. (Ce dernier sens est en fait plus proche du sens (2), ce qui explique la prononciation en \a\.)

Synonymes[modifier]

Chose sans valeur (2) :

Personne méprisable (3) :

Dérivés[modifier]

Proverbes et phrases toutes faites[modifier]

  • c’est de la merde (se dit d'un objet de piètre qualité, ou sans valeur artistique)
  • c’est la merde (se dit au sujet d’une situation difficile, inextricable ou dont il est difficile de percevoir les tenants et les aboutissants)
  • c’est le bout de la merde (au Québec seulement) (situation méprisable)
  • c’est un beau merdier (c’est une catastrophe, une situation qui ne va pas être évidente à régler. se dit aussi d’une pièce en désordre par exemple)
  • chacun sa merde
  • je vous dis merde (bonne chance, surtout avant une performance. expression typiquement employée en France pour encourager la personne qui entre en scène, ou avant un examen)
  • merde alors (deux sens selon l’intonation qu’on y met : zut alors ou surprenant, inattendu, admirable)

Hyponymes[modifier]

Méronymes[modifier]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]


Traductions[modifier]

Interjection[modifier]

Invariable
merde
\mɛʁd\

merde \mɛʁd\ invariable

  1. (Vulgaire) Exclamation de colère, d’irritation ou de surprise.
    • Ne me dis pas que tu es revenu les mains vides après un voyage de trente et un ans ?! Merde alors !
    • Je reçus d’elle, sitôt après, une lettre enthousiaste, [...] où il est question de ma séduction, de mon charme secret, etc... J'aurais dit « merde », qu’elle l’aurait trouvé divin. (André Gide, Journal 1889-1939, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, 1951, page 306)
  2. (Théâtre) (Familier) Vœu de bonne chance à un acteur de théâtre avant qu’il n’entre en scène.
    • Vas-y, je te dis merde.
    • Il est temps d’y aller. Merde.
  3. (Par extension) (Familier) Vœu de bonne chance à une personne avant qu’elle ne passe une épreuve (souhaiter bonne chance étant supposé porter malheur).
    • Au fait : merde pour le bac.
Note[modifier]
Cette interjection est aussi appelée le mot de Cambronne, ou le mot de cinq lettres.
En France, pour éviter de le prononcer clairement, on dit parfois mer…credi.
Au Québec, alors que le sens d’« excréments » est généralement prononcé \maʁd\, l’exclamation est toujours prononcée \mɛʁd\. Elle y est courante en soi, mais sert aussi typiquement dans les caricatures verbales du parler français de France.
À noter toutefois, toujours au Québec, l’interjection maudite marde!, qui, elle, est toujours prononcée avec le son \a\. Exemples :
(Québec) Merde, j’ai tout renversé !
(Québec) Voyons ! Où c’est qu’j’ai mis mes clés, merde !
(Québec) Maudite marde ! Ça va-tu finir un jour, c’t’histoire-là ?

Synonymes[modifier]

Exclamation (1) :

→ voir sacrebleu#Synonymes

Traductions[modifier]

Forme de verbe[modifier]

Conjugaison du verbe merder
Indicatif Présent je merde
il/elle/on merde
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je merde
qu’il/elle/on merde
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
merde

merde \mɛʁd\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de merder.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de merder.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de merder.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de merder.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de merder.

Anagrammes[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

Italien[modifier]

Forme de nom commun[modifier]

merde \Prononciation ?\ féminin

  1. Pluriel de merda.