mouiller

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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

L'opinion communément partagée est que le mot vient du latin populaire *molliare (« attendrir en trempant, rendre mou »), variante de mollire (« amollir »), de mollis (« mou »). Pour Charles Texier, c'est dans l’arabe ميي, mouie, diminutif dialectal de l'arabe classique ماء ma, signifiant ( « eau »), qu'il faut trouver la bonne racine[1]. De son côté, William Marial, dans son Essai sur les strates de la langue française, est persuadé que mouiller, mouillage et moiteur proviennent de la même racine arabe[2].

Verbe[modifier]

mouiller \mu.je\ transitif 1er groupe (conjugaison) (pronominal : se mouiller)

  1. Rendre humide, imbiber un objet de liquide.
    • Attablé, il expliqua à ses commensaux qu'il avait mouillé ses souliers en cheyant dans un fossé. (Jean Renard, En Anjou, quand 4 liards valaient un sou, Éditions Cheminements, 1997, p.184)
  2. (Cuisine) Ajouter du liquide (comme de l’eau, du lait ou du bouillon) à une sauce, ou à un plat qui a commencé à cuire sans eau.
    • Je les fais revenir dans un sautoir avec du beurre, puis je les mouille avec le bouillon des cosses (Éric Pras (chef étoilé) -Le petit pois, doux souvenir d’enfance- Journal Le Point, N°2226 page 123, 7 mai 2015)
  3. (Marine) Mettre à l’eau.
    • […] le bateau raidissant sa chaîne cassa ses bosses ; le frein du guindeau se rompit ; il fallu mouiller la seconde ancre pour pouvoir le réparer. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Derrière la jetée je mouillais mes ancres, ayant couvert, en trente-trois jours, les dix-huit cents milles qui me séparaient des îles Bermudes. (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Mouiller une mine, mouiller une ligne pour pêcher.
  4. (Figuré) Compromettre, mettre en cause, impliquer (parfois contre sa volonté).
    • On l’a mouillé dans une sale affaire.
  5. (Phonétique) Palataliser, en parlant d'une consonne.
    • Il affirme tout simplement qu'on disait paller, mellan, Challot, etc. ; d'où je conclus que l redoublée ne se mouillait pas toujours. (François Guessard, Examen critique de l'ouvrage intitulé Des variations du langage français depuis le douzième siècle, Paris : Firmin Didot, 1846, p.26)
    • Elle s'exprimait avec un accent qui mouillait les consonnes et la faisait sourire comme si elle cherchait à se faire pardonner ses maladresses. (Jean-Luc Coatalem , Fortune de mer, Stock, 2015)
  6. (Intransitif) (Marine) Jeter l’ancre, s’arrêter ou être ancré par opposition à être en déplacement.
    • L’anse où nous mouillons est évidemment un ancien cratère dans l’intérieur duquel la mer a fait irruption ; […]. (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, p.40)
    • La rade de Casablanca — nous l'avons vu déjà — n'est pas idéale; tant s'en faut. Les vapeurs y mouillent à un mille ou un mille et demi, les voiliers, à plus de deux milles de terre. (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 21)
  7. Pleuvoir.
  8. (Populaire) Avoir peur, par allusion à l’incontinence qui accompagne les grandes frayeurs.
    • Il n’ose pas lui dire, il mouille.
  9. (Vulgaire) (Sexualité) En parlant d’une femme : avoir la vulve humide, en raison des sécrétions vaginales lubrifiantes provoquées par l’excitation sexuelle. En parlant d'un homme : secréter du liquide séminal suite à l'excitation sexuelle.

Synonymes[modifier]

Antonymes[modifier]

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

  • France : écouter « mouiller [mu.je] »

Références[modifier]

  1. Charles Texier, Charles Texier, Berbères et Kabyles, in Moïse SCHWAB, Mémoire sur l'ethnographie de la Tunisie, Tome 1, Paris, 1868, p. 54
  2. William Marial, Essai sur les strates de la langue française, in Bulletin trimestriel de géographie et d'archéologie, Société de géographie et d'archéologie de la province d'Oran, Oran, 1878, p. 18