poisson d’avril

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

L’origine de ce terme reste obscure. Une explication serait qu’il viendrait de l’époque où le début de l’année était le premier avril, jour théorique du printemps. Les étrennes données ce jour-là prenaient le nom de « poisson d’avril », par allusion au fait qu’au début de l’année, le Soleil quittait le signe des Poissons (dernier signe de l’année zodiacale) pour entrer dans le Bélier. Le début d’année ayant été fixé au 1er janvier par l'Édit de Roussillon de Charles IX, en France, les étrennes traditionnelles ont été remplacées par des farces.
La première référence reconnue au poisson d’avril, d’après le Trésor de la langue française informatisé, date du Dictionnaire de l’Académie française, 4e édition (1762), à l’article « poisson » ; en fait, on le trouve déjà dans l’Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine [1], par Augustin Calmet, à Nancy : chez Jean-Baptiste Cusson, 1728, vol. 3, p. 261, où l'auteur signale que l'usage existait à Nancy en 1634, et qu'il y était redouté des Français venus en Lorraine, qui, alors, ignoraient cet usage.

Locution nominale [modifier]

Singulier Pluriel
poisson d’avril poissons d’avril
\pwa.sɔ̃ d‿a.vʁil\
Poissons d'avril collés dans le dos d'un homme.

poisson d’avril \pwa.sɔ̃ da.vʁil\ masculin

  1. Plaisanterie que l’on fait le premier avril.
    • Ce jour-la on a coûtume en Lorraine, de donner ce qu'ils appellent le Poisson-d'Avril; c'est à-dire, de faire quelques petits tours , & quelque innocente tromperie aux personnes qui ne s'en défient pas. Les François qui étoient depuis peu dans Nancy, avertis de cette coûtume, & craignant qu'on ne leur donnât le Poisson-d'Avril, se défioient de tout ce qu'on leur disoit. — (Augustin Calmet, Histoire de Lorraine, […], depuis l'entrée de Jules-César dans les Gaules, jusqu-à la Cession de la Lorraine, arrivée en 1737 inclusivement, Nancy : chez la veuve & les héritiers d'Antoine Léseure, 1757, vol. 6, livre 34, p. 128)
    • Nous lisons dans les journaux politiques, qu'à Paris, une femme vient de donner le jour à un enfant couvert d'écaillés si nous étions au mois d'avril , nous demandrions si cet enfant n'est pas un poisson d'avril. — (La presse médicale belge, n°10, 26 février 1854, p. 84)
    • Lorsque des journalistes de presse écrite ou de télévision réalisent un poisson d'avril, ils doivent mimer au plus près l'approche journalistique du réel et utiliser tous les codes vraisemblables pour accréditer la croyance en une information fausse. — (Marc Lits, Du récit au récit médiatique, De Boeck Supérieur, 2008, p. 83)
  2. Figure d’un poisson que l’on colle sur le dos de quelqu’un le premier avril.
    • À l'école déjà, vous trouviez un peu bête la tradition du poisson d'avril collé dans le dos des petits camarades. Vous êtes charitable, c'est connu. — (Bernard Lalanne & ‎Charles Haquet, Inventaire des petits plaisirs honteux... mais utiles pour supporter le quotidien en temps de crise, éd. J'ai Lu, 2014)
    • Elle laissait accroché dans son dos le poisson d'avril de l'année précédente pour ne pas nous donner la joie de la piéger une nouvelle fois. — (Christophe Léon, Nénuphar Grigrimaldit, éd. Alice Jeunesse/Primento 2014, chap. 8)

Traductions[modifier]

Locution interjective [modifier]

poisson d’avril \pwa.sɔ̃ d‿a.vʁil\

  1. Exclamation utilisée pour révéler à une personne victime d’un poisson d’avril qu’elle vient de se faire piéger.
    • L'électeur aimait passionnément à en dire, et à faire toutes les fonctions de prêtre et d’évêque. […]. Il s'avisa un jour du commencement d'avril de faire inviter tout Valenciennes à le venir voir officier et ouïr son sermon. L'église était pleine, et les tribunes garnies de sa musique et de trompettes et timbales. Il monta en chaire, fit le signe de la croix, salua les assistants; puis tout-à-coup s'écria: « Poisson d'avril ! poisson d'avril ! » et la musique de lui répondre, et lui de rire, de faire le plongeon , et de s'enfuir au bruit des trompettes et des timbales. — (Nouveaux mémoires de Dangeau, dans : Pierre-Édouard Lemontey, Essai sur l'établissement monarchique de Louis XIV, Paris : chez Deterville, 1818, p. 211)
    • Ambiance un peu spéciale, ce matin, sur France Inter puisque notre invité, c'est François Fillon... Non, ce n'est pas un poisson d'avril, il sera là, dans quelques minutes, en chair et en os. Lui, en revanche, adore faire des poissons d'avril : « Il n'y aura pas de période de récession. » Poisson d'avril ! — (Stéphane Guillon, François Fillon : 1er avril 2008, dans On m'a demandé de vous calmer, éd. Stock, 2009)

Traductions[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]