saute-ruisseau

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

→ voir sauter et ruisseau
Pour se rendre chez les uns et les autres, le saute-ruisseau devait parcourir nombre de rues, où coulaient, sur les côtés ou au milieu de la chaussée, des ruisseaux d’eau par-dessus lesquels il devait donc sauter. [1] [2]

Nom commun [modifier le wikicode]

(orthographe traditionnelle)
Singulier et pluriel
saute-ruisseau
\sot.ʁɥi.so\
(orthographe rectifiée de 1990)
Singulier Pluriel
saute-ruisseau saute-ruisseaux
\sot.ʁɥi.so\

saute-ruisseau \sot.ʁɥi.so\ masculin

  1. (Familier) Petit clerc d’avoué, de notaire, d’huissier, chargé des commissions.
    • Le saute-ruisseau est généralement, comme était Simonnin, un garçon de treize à quatorze ans, qui dans toutes les études se trouve sous la domination spéciale du principal clerc, dont les commissions et les billets doux l’occupent tout en allant porter des exploits chez les huissiers et des placets au Palais. — (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, 1832)
    • Autre clerc plus petit derrière le premier, autre clerc plus grand derrière le second, saute-ruisseau de douze ans derrière le troisième. En tout, trois clercs et demi ; ce qui, pour le temps, annonçait une étude des plus achalandées. — (Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, 1844, chap. 32)
    • En fait, l’amant d’Élodie était un petit clerc de procureur très joli garçon, chérubin saute-ruisseau, qu’elle avait adoré et dont le souvenir après trois ans lui donnait encore une chaleur dans le sein. — (Anatole France, Les Dieux ont soif, Calmann-Lévy, 1912, chap. 5, p. 69)
    • À midi et demi, le petit Ménétreau, galopin d’école l’an dernier, promu récemment saute-ruisseau chez Defert, s’asseyait à côté de Voussard, et finissait son pain du déjeuner à grands coups de dents, comme un fox qui déchire une pantoufle. — (Sidonie-Gabrielle Colette, La Maison de Claudine, chap. 20, 1922)
  2. (Par extension) (Familier) Garçon de courses, commissionnaire.
    • Vous allez vous imaginer peut-être que j’élevais mes prétentions jusqu’à un emploi de surnuméraire, saute-ruisseau d’administration, commis aux douanes, aux barrières, que sais-je ! — (Édouard d’Éliçagaray, Le Comité directeur, 1830, p. 22)
    • Ainsi, on l’a connu employé comme chasseur dans un des grands cafés du boulevard. Jamais, de mémoire de garçon, on n’avait vu saute-ruisseau si débrouillard, si vif-argent. — (Georges Eekhoud, L’Autre Vue, Mercure de France, 1904, p. 89)

Traductions[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  • Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (saute-ruisseau)
  • [1] Comme le montre cette phrase de Merville, les ruisseaux dont il s’agit sont ceux de la ville, que l’on appellerait de nos jours des caniveaux : « Armé de la longue perche nécessaire au voyageur pédestre dans cette contrée coupée de canaux et de ravins, on le voyait, en parcourant les châteaux circonvoisins, franchir d’un saut des largeurs de trente et quarante pieds aussi lestement qu’un clerc d’huissier à Paris saute un ruisseau du Marais ou de la rue Saint-Honoré. » — Le Baron de l'Empire, A. Dupont, Paris, 1832, p. 9-10.
  • [2] Alfred Franklin rapporte une explication anecdotique – et invérifiable – de cette expression, qui remonte au règne de Charles VI (1380-1422) : « Chaque notaire possédait alors, dans la grande salle du Châtelet, un banc qui portait le nom du titulaire et la date de sa réception. [...] Les dimanches et jours de fête, les notaires forcés de quitter leurs bancs, s’installaient près du Châtelet, dans un parloir de couvent, une sacristie d’église, ou même une salle de cabaret, et par tous les temps envoyaient au dehors leurs plus jeunes clercs racoler des clients. De là serait venu, dit-on, le nom de saute-ruisseau que porte encore le dernier clerc d’une étude. » — Article « Notaires royaux » dans le Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercés dans Paris depuis le treizième siècle, H. Welter, Paris, 1906, p. 503.