tenir la dragée haute

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(Date à préciser) Composé de tenir, dragée et haut. Cette locution serait tirée d’un vieux jeu pour enfants qui supposait d’accrocher ces bonbons au bout d’une ligne de canne à pêche qu’un adulte tenait en hauteur.

Locution verbale [modifier le wikicode]

tenir la dragée haute \tə.niʁ la dʁa.ʒe ot\ (se conjugue → voir la conjugaison de tenir)

  1. (Sens figuré) Offrir une belle résistance en montrant son pouvoir.
    • Valérie voulait se trouver dans un milieu plein de fraîcheur afin de plaire à monsieur le directeur, et plaire assez pour avoir le droit d’être cruelle, de lui tenir la dragée haute, comme à un enfant, en employant les ressources de la tactique moderne. — (Honoré de Balzac, La Cousine Bette, 1846)
    • Rome ne pouvait être partout à la fois. Quand elle tenait la dragée haute à la Parthie, c’est qu’elle était débarrassée de tout autre conflit extérieur important. — (Pierre Renucci, Claude, Perrin, Paris, 2012, page 234)
  2. (Sens figuré) Faire attendre longtemps ce que quelqu’un désire ou ce qu’on lui a promis.
    • Si je savais faire des surprises, mon lieutenant, comme on en fait dans les livres, et faire attendre la fin d’une histoire en tenant la dragée haute aux auditeurs, et puis la faire goûter du bout des lèvres, et puis la relever, et puis la donner tout entière à manger, je trouverais une manière nouvelle de vous dire la suite de ceci. — (Alfred de Vigny, Servitude et grandeur militaires, 1835)
    • Je restais maîtresse de l’argent ; je lui tenais la dragée haute. C’était ton expression, maman. Rappelle-toi que tu me disais : « Maintenant, tu vas pouvoir lui tenir la dragée haute. » — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 153)
    • Vous ne compreniez pas qu’il avait besoin, pour respirer, de se sentir le plus fort. Il ne fallait pas lui tenir la dragée haute. « La dragée haute » ne fait pas sauter cette espèce de chiens : ils détalent vers d’autres pitances servies par terre. — (François Mauriac, Le Nœud de vipères, Grasset, 1933, réédition Le Livre de Poche, pages 156-157)
  3. (Par extension) Faire acheter cher quelque avantage ou quelque plaisir.
    • Inutile de dire que je tins la dragée haute au ministre et mis à mon acceptation la condition que j’aurais absolument carte blanche pour bouleverser de fond en comble les services de ma préfecture. — (Touchatout, Mémoires d’un préfet de police, 1885)

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]