v’là-t’y pas

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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

Attesté au moins en 1784 (voir les exemples), déformation par syncope de la locution ne voilà-t-il pas.

Locution verbale [modifier]

v’là-t’y pas \vla.ti.pa\ invariable

  1. (Désuet) (Familier) Ne voilà-t-il pas. Avez-vous bien constaté (comme moi que … ?) ; Est-ce bien vrai (que … ?)
    • Eh bian ! la, n’v’là-t’y pas qu’à présent je soupire ? — (Madame Favart, Bibliothèque des théatres, La Fête d’Amour, 1784, Chez la veuve Duchesne)
  2. (Par ellipse) (Familier) Ne me dites pas (que…) ; Non mais, c’est pas vrai (que…).
    • V’là-t’y pas qu’il s’en va !
    • — Ah ben! par exemple, c'est trop fort, s'indigna Marie Calumet, en levant les bras au ciel. V'là-t-y pas c't'écervelée qui voudrait faire boire des saloperies à m'sieu le curé : du lait, ousque c'te saprée chatte s'est promenée le derrière pendant une demi-heure. — (Rodolphe Girard, Marie Calumet, Montréal, 1904, ch. XVI)
    • Quand je suis arrivée, le personnel s’est dit : « Oh ! là ! là ! déjà que c’est une affaire familiale, v’là-t’y pas qu’on va hériter de la petite-fille ! — (André Harris, Alain de Sédouy, Les patrons, p. 30, 1977)
  3. (Par ellipse) (Familier) Soudain, contre toutes attentes […] ; c’est insensé : […].
    • En moins de deux, v’là t’y pas que Dick s’est mis à parler de tuer Mr. Clutter. — (Truman Capote, De sang-froid récit véridique d’un meurtre multiple et de ses conséquences, p. 202, 1966)
Note[modifier]
Le choix de la forme vedette v’là-t’y pas est sans doute arbitraire. Les fréquences d’apparition des différentes formes seraient très laborieuses à déterminer du fait que les moteurs de recherche ne tiennent compte ni de la ponctuation, ni des accents.
La notion interrogative du sens (1) est aujourd’hui désuète. La locution appelle moins aujourd’hui une réponse ou même un point d’interrogation. Les sens modernes (2) et (3), soulignent un constat surprenant, montrent l’incongruité, l’invraisemblance de ce qui se passe, ainsi que sa soudaineté aussi.
Pour la classification de ce mot comme locution verbale, voir voilà. La locution ne voilà-t-il pas se comporte comme une véritable proposition, et se relie par que (ou qu’) au reste de la phrase. [1]

Variantes orthographiques[modifier]

Références[modifier]

  • [1] : Robert Le Bidois, L’inversion du sujet dans la prose contemporaine (1900-1950), page 82, 1952