vogue la galère

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

→ voir voguer et galère.
On disait autrefois : « vogue la gallée », gallée ou galée étant l’ancienne forme du mot galère. L’un des premiers emplois connus de cette locution se trouve dans la Farce de Maître Mimin (anonyme, v. 1450-1500), qui fut l’une des farces les plus populaires du Moyen Âge :
Il suffist, il s’en faut aller ;
Chantons hault à la bien allée,
Et à Dieu, vogue la gallée !
 [1]
Ce refrain, qui fut lui-même très populaire, fut suivi par d’autres, tel celui que l’on trouve dans une comédie d’Alexis Piron :
Et vogue la Galère,
Tant qu’elle, tant qu’elle, tant qu’elle,
Et vogue la Galère,
Tant qu’elle pourra voguer.
 [2]
L’image de la galère qui vogue est celle, toute simple, d’un bateau qui va sur l’eau. Laissons-nous emporter, nous dit ce dicton, et laissons arriver ce qui doit arriver.

Locution-phrase [modifier]

vogue la galère \vɔɡ la ɡa.lɛʁ\

  1. Arrive ce que pourra.
    • Dormez en paix, Monsieur, je vous conjure !
      De ma maison, voilà le meilleur lit ;
      Buvez, mangez, ayez bon appétit ;
      Et vogue la galère !
      — (Jean-François Boisard, Fables, G. Mathiot, 1817, p. 109)
    • Quel bonheur, cria Coralie quand Camusot fut parti, plus de mansarde au quartier Latin, tu demeureras ici, nous ne nous quitterons pas, tu prendras pour conserver les apparences un petit appartement, rue Charlot, et vogue la galère ! — (Honoré de Balzac, Un grand homme de province à Paris, 1839, p. 242)
    • J’ai encore pour une quinzaine de jours à faire des recherches ; et puis, après une belle semaine de forte rêverie, vogue la galère ! — (Gustave Flaubert, Correspondance, lettre à Jules Duplan, 22 juillet 1857)

Synonymes[modifier]

Références[modifier]

  • [1] Édouard Fournier, Le Théâtre français avant la Renaissance : 1450-1550, mystères, moralités et farces, Laplace, Sanchez et Cie, Paris, 1872, texte et note p. 321.
  • [2] Alexis Piron, Philomèle, parodie en trois actes précédée d’un prologue, donnée au Théâtre italien en 1723, acte III, scène 8, dans Œuvres complettes d’Alexis Piron éditées par Jean-Antoine Rigoley de Juvigny, t. 5, M. Lambert, Paris, 1776, p. 502.