énantiosémie

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(1984) De énantiosème, Barthes, 1982 (du grec ancien ἐναντίος, enantίos (« opposé »), et du grec ancien σῆμα, sễma (« signe »).
→ voir énantio-.

Nom commun [modifier]

Singulier Pluriel
énantiosémie énantiosémies
\e.nɑ̃.tjɔ.se.mi\

énantiosémie \e.nɑ̃.tjɔ.se.mi\ féminin

  1. Fait pour un mot de signifier une chose et son contraire, ambivalence de celui-ci autorisant des interprétations opposées.
    • Crépuscule, louer, remercier, trouvaille, ainsi que pharmakon en grec et crise en chinois, sont des exemples classiques d’ambivalence, d’ambiguïté et d’énantiosémie.
    • L’énantiosémie du langage s’avance masquée, comme l’Inconscient, sous-jacente dans le lexique, la syntaxe et la sémantique […], dans la prosodie et la phonologie, dans les figures de style. Elle est liée à la plasticité de la langue qui peut dire à la fois quelque chose et son inverse. Présente au fond de la pensée et de l’imaginaire, elle est magnifiée par la poésie dans l’harmonie des contraires. — (Josette Larue-Tondeur, Ambivalence et énantiosémie. Des tendances et désirs de la psyché au langage et à la poésie, Lambert-Lucas, 2011)
    • Donnons ici quelques cas d’énantiosémie. À côté des cas connus comme le verbe louer ou le nom hôte, on peut considérer le verbe chasser qui fait ainsi référence à deux mouvements opposés : en gros, attraper, « faire venir à soi » et « faire disparaître » (chasser la cannette / chasser les mouches) ; le verbe apprendre s’emploie pour exprimer l’acte d’enseigner, mais, aussi l’acte d’assimiler un enseignement (apprendre quelque chose à quelqu’un / apprendre quelque chose de quelqu’un). Supporter renvoie à une action « positive » —encourager, soutenir, ou au procès plus négatif de tolérer quelque chose qui nous perturbe. Partager est un procès par lequel, soit on met une chose en commun, soit on disperse cette chose. Dispenser, c’est aussi bien « accorder » quelque chose à quelqu’un, qu’ « exempter » quelqu’un de quelque chose ; jurer est un acte illocutoire de serment, mais aussi un acte de blasphème —et dans le même ordre d’idée, on sait que sacré signifie à la fois « saint » et « maudit » [« Ce métier sacré est un sacré métier », Pierre Lazaref (parlant du journalisme)]. Remercier quelqu’un, c’est exprimer une reconnaissance, ou au contraire, sanctionner en congédiant. Écran réfère aussi bien à un objet qui permet la « monstration » de quelque chose (écran de télévision), qu’à un objet qui permet de cacher quelque chose (écran de fumée). Jusqu’au XVIIIe siècle, crépuscule désigne aussi bien le coucher du soleil que son lever (TLF). L’énantiosémie semble, par ailleurs, toucher également des unités adverbiales du français. — (Dominique Legallois, Existe-t-il une énantiosémie grammaticale ?, in Jacques Francois et al., La Linguistique de la contradiction, Peter Lang, 2013, p. 157)
    • « Photogénique », un cas un peu particulier d’énantiosémie. À l’origine, « qui produit de la lumière ». Aujourd’hui, à la suite d’une néosémie en deux temps, « que la lumière photographique rend beau ».
    • « Éponyme », pour une personne, « qui donne son nom » ; et qui, sous l’influence de l’anglais, pour une chose, reçoit son nom : une marque éponyme.

Traductions[modifier]

Voir aussi[modifier]