naïba

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Voir aussi : Naïba

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

De l’arabe ناب, naba (« remplacer, représenter »)[1].

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
naïba
\na.i.ba\
naïbas
\na.i.ba\
nouaïb
\nu.a.ib\

naïba \na.i.ba\ féminin

  1. (Maroc) Impôt par certaines tribus au sultan.
    • Peut-être pourrait-on trouver dans l’étymologie même du mot naïba l’origine de cet impôt, sans cesse payé sans qu’il soit possible d’arriver à s’en acquitter et auquel sont soumises encore aujourd’hui les tribus dites de naïba. — (Archives Marocaines, Direction des affaires indigènes et du service des renseignements : section sociologique, 1913, volume 20, page 170)
    • A l’origine, la naïba a dû être une taxe de location des terres, imposée aux peuplades conquises et considérées comme dépossédées du sol, mais elle a perdu depuis longtemps ce caractère. — (Bulletin trimestriel de géographie et d’archéologie, Société de géographie et d’archéologie de la province d’Oran, 1928, volume 49, page 64)
    • Le prince Almohade Yacoub el-Mansour avait été le premier à percevoir les deux impôts coraniques, l’achour et le zekkat ; quant à la naïba c'est, en principe, un impôt supplémentaire, destiné à parer aux frais extraordinaires de la guerre, que les Almohades et les Mérinides avaient déjà commencé de percevoir. — (Eugène Aubin, Le Maroc d'aujourd'hui, Librairie Armand Colin, 1905, page 242)
    • Tous les mois, toutes les semaines, des sommes variables étaient exigées des contribuables qui se trouvaient pour ainsi dire ne rien posséder en propre et ne travailler que pour s’acquitter des nombreuses naïbas qui n’avaient d’autres causes que les besoins des gouverneurs. — (Archives Marocaines, 1927, volume 27, page 139)
  2. (Maroc) Guerrier de tribu, affecté à l’armée du sultan, à l’appel de ce dernier, en redevance de cet impôt.
    • En théorie, l’armée régulière du Sultan est forte d’environ 34.000 hommes, soit : 20.000 d’infanterie, 10.000 de cavalerie et 4.000 d’artillerie. En cas de guerre, d’après le commandant Erckmann, ce chiffre pourrait être porté à près de 80.000 hommes par l’addition des nouaïb, fantassins et cavaliers auxiliaires fournis par les tribus. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 79)
    • Ce sont ces contingents qu’on appelle au Maroc les nouaïb. Ce nom, pluriel arabe de naïba, leur est donné parce qu’ils sont recrutés parmi les tribus dites de naïba, par opposition aux tribus appelées tribus de guich ou tribus du makhzen. — (Jacques Caillé, La mission du capitaine Burel au Maroc en 1808, Arts et métiers graphiques, 1953, page 59)

Traductions[modifier le wikicode]

Adjectif [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
naïba
\na.i.ba\
naïbas
\na.i.ba\
nouaïb
\nu.a.ib\

naïba \Prononciation ?\ masculin et féminin identiques

  1. (Maroc) Qualifiait une tribu soumise à cet impôt.
    • Les privilégiés s’indignèrent : à quoi bon désormais appartenir à une tribu makhzen, si l’on avait à payer les taxes comme une simple tribu naïba. — (Eugène Aubin, Le Maroc d’aujourd'hui, Librairie Armand Colin, 1905, page 255)
    • D’abord se présentent les gens de Fez, avec les étendards de Moulay Edriss, puis les délégués des tribus nouaïb et, tout à la fin, les cavaliers makhzen. — (Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente : 1902-1903, Librairie Armand Colin, 1904, réédition Éditions Paris-Méditérannée, 2004, page 160)
    • En premier lieu, le Makhzen, avec son Sultan, son organisation, ses vizirs, ses tribus arabes, guichs et naïbas, en un mot tout ce qui concerne le Maroc officiel, le Maroc diplomatique, celui avec lequel on traite, auquel on prête de l'argent […]. Revue du monde musulman, Mission scientifique du Maroc, 1974, volume 9, page 42

Traductions[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  • [1] : Hespéris: Archives berbères et bulletin de l'Institut des hautes-études marocaines, Volume 4, Emile Larose, 1924, page 146.