vatique

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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Adjectif) Probablement une création savante de Marcel Proust [1], en 1919, à partir du mot latin vates, ou vatis, (« devin, prophète », « poète inspiré des dieux »).
(Nom) Attesté en 1790 [2]. Du latin scientifique Vatica, de même sens, genre établi en 1767 par Linné [3].

Adjectif [modifier]

Singulier Pluriel
Masculin
et féminin
vatique vatiques
\va.tik\

vatique \va.tik\ masculin et féminin identiques

  1. (Très rare) Relatif à la poésie divinement inspirée, prophétique.
    • Et comme il était imbu d’un certain langage qu’on parlait autour de cette femme dans des milieux littéraires : « Elle a quelque chose de sidéral et même de vatique, tu comprends ce que je veux dire, le poète qui était presque un prêtre. » […] Ces conversations aristocratiques avaient du reste, chez Mme de Guermantes, le charme de se tenir dans un excellent français. À cause de cela elles rendaient légitime, de la part de la duchesse, son hilarité devant les mots « vatique », « cosmique », « pythique », « suréminent », qu’employait Saint-Loup, — de même que devant ses meubles de chez Bing. (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, tome 6, page 152 et 205, 1919, Gallimard)
    • Il semblait toujours dans le délire vatique, faisait des gestes désordonnés, agitait les bras comme s’il allait s’envoler. Sa parole était rapide, les mots se pressaient sur ses lèvres, un chantonnement sourd indiquait leur lutte pour sortir ; ils jaillissaient enfin par bribes avec un grondement de cascade : en somme il bafouillait un peu. C’était officiellement le poète de notre classe. (Jean-Paul Sartre, période 1922-1927, Michel Contat, Michel Rybalka, Écrits de jeunesse, page 153, 1990, Gallimard)
    • L’humour funèbre et sinistre du mot « poète » incroyablement prostitué n’empêche pas quelques-uns par siècle de porter au-dessus de la collectivité qu’ils insultent le sacerdoce vatique de l’esprit. (La Nouvelle revue française, volume 20, n°118-120, page 766, 1962)
    • […] il décèle, à bon droit, semble-t-il, dans Blake une tentative de retour au rôle vatique du hiérophante divinement inspiré d’une folie créatrice. (Charles Cestre, Aurélien Digeon, Études anglaises : Grande-Bretagne, États-Unis, volume 30, page 239, 1977, Didier)
    • […] il est alors investi d’une valeur démonstrative et permet au poème de glisser vers un autre plan (rhétorique, et même vatique), celui d’un discours tenu à la nation anglaise toutes classes confondues. (Denis Bonnecase, S.T. Coleridge : poèmes de l’expérience vive, page 73, 1992)
    • Raminagrobis nous est présenté non comme un simple poète mais comme un vates divin, un poète consacré à Apollon qui chante par « Apolline inspiration », et par qui « Apollo » lui-même, dieu de la prophétie vatique, répondra peut-être à la question de Panurge […] Son rondeau, loin d’être un chant vatique inspiré par Apollon, n’est qu’un jeu spirituel inspiré par la Grande Rhétorique. (Michel Simonin, Centre d’études supérieures de la Renaissance, Rabelais pour le 21e siècle, page 272, 1998, Droz)
    • On songe à cet autre « fou » qui se promènera sur les pas d’Empédocle dans les derniers hexamètres de L’Art Poétique d’Horace, habité par une force « vatique » ambiguë. (Thierry Barbaud, Catulle: une poétique de l̕ indicible, page 155, 2006)
    • Hill adopte ainsi à sa manière l’idée romantique de la qualité vatique ou prophétique du poète. (Jennifer Kilgore-Caradec, René Gallet, La poésie de Geoffrey Hill et la modernité, page 115, 2007)
  2. (Extrêmement rare) Relatif au vatisme, sorte de druidisme celte. Référence nécessaire
    • Il y a trois chaudrons vatiques en chaque personne […]. […] Iugon, le principe liant du joug de la sagesse après une bonne préparation vatique ; l’équivalent celtique du Yoga védique. (site www.angelfire.com, 2002)

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier]

Nom commun [modifier]

Singulier Pluriel
vatique vatiques
\va.tik\

vatique \va.tik\ masculin ou féminin (l’usage hésite)

  1. (Extrêmement rare) Genre d’arbre de la famille des Diptérocarpacées, qui croît en Chine et en Inde, à rameaux striés et velus ; à feuilles alternes, pétiolées, en cœur, ovales, très-entières, glabres et nerveuses ; à fleurs disposées en panicules terminales, qui forme un genre dans la dodécandrie monogynie, et dans la famille des tiliacées. Genre caractérisé par un calice à cinq divisions ; une corolle de cinq pétales ; quinze anthères sessiles à quatre loges ; un ovaire supérieur à cinq angles, surmonté d’un style en spirale à stigmate obtus ; une capsule à trois loges à une seule semence.[4]
    • Le vatique […] sert à des opérations de divination et de magie.[4]
Note[modifier]
Décrit de genre masculin[5][6][7][8] ou féminin[9].

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Paronymes[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

  1. Société de Linguistique Romane, Revue de linguistique romane, volume 47, n°185-188, page 215, 1983, H. Champion.
  2. Laurent Marie de Chazelles, Supplément au dictionnaire des jardiniers, volume 2, page 757, 1790
  3. Charles d’Orbigny, Dictionnaire universel d’histoire naturelle, tome 13, page 44, 1849, Renard, Martinet & C. Référence à Linné, Mantissa plantarum, volume 2, page 152, 1767
  4. a et b Société de naturalistes et d’agriculteurs, Nouveau dictionnaire d’histoire naturelle, volume 35, page 239, 1819, Deterville
  5. Supplément au Dictionnaire de l’Académie, volume 1, page 545, 1827, Masson & fils
  6. Napoléon Landais, Dictionnaire général et grammatical des dictionnaires français, 1846, 9e édition
  7. Louis-Nicolas Bescherelle (dit Bescherelle aîné), Dictionnaire national, ou dictionnaire universel de la langue française, 1856, quatrième édition, en deux tomes → consulter cet ouvrage
  8. Pierre LarousseGrand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1868-1877
  9. Complément du Dictionnaire de l’Académie française, page 1053, 1843