inouï

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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Du préfixe in- et de ouï.
On a dit parfois, au XVIe siècle, inaudite, du latin inauditus.

Adjectif[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin inouï
/i.nwi/
inouïs
/i.nwi/
Féminin inouïe
/i.nwi/
inouïes
/i.nwi/

inouï /i.nwi/

  1. (Vieilli) Qu’on n’a pas ouï.
    • Cette façon de parler est sans doute de quelque province de France ; car elle est inouïe à la cour, et même il ne me souvient pas de l’avoir ouï dire dans les villes. (Claude Favre de Vaugelas, Remarque t. II, p. 663, dans POUGENS)
    • Que faudra-t-il croire de cet amas de dogmes inouïs aux schismatiques même les plus audacieux ? (François de Salignac de la Mothe Fénelon, t. II, p. 93)
  2. (Vieilli) Dont on n’a jamais parlé.
    • Que, lorsqu’il n’y avait point d’exemple de quelque chose, il en fallait faire ; que ce qui était inouï ne le serait plus quand il serait fait. (Louis-Guez de Balzac, De la cour, 7e disc.)
    • Il est beau de tenter des choses inouïes. (Pierre Corneille, Sertor. IV, 2)
    • Et qui croira qu’un cœur si grand en apparence […] Trame une perfidie inouïe à la cour ? (Jean Racine, Brit. III, 6)
    • Le prix est sans doute inouï, Jamais d’un tel honneur un sujet n’a joui. (Jean Racine, Esth. II, c.)
    • Est-ce donc un prodige inouï parmi nous ? (Jean Racine, Phèdre, IV, 6)
    • Les grands et le peuple lui rendent des honneurs jusque-là inouïs. (Jean-Baptiste Massillon, Carême, Pécheresse)
    • Ah ! quels noms inouïs lui donnez-vous, seigneur ! (Voltaire, Fanat. I, 2.)
    • Le czar, se réservant pour tous domestiques un valet de chambre, un homme de livrée et un nain, se confondait dans la foule ; c’était une chose inouïe dans l’histoire du monde, qu’un roi de vingt-cinq ans qui abandonnait ses royaumes pour mieux régner. (Voltaire, Russie, I, 9.)
    • L’appareil inouï pour ces mortels nouveaux De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux. (Voltaire, Alz. I, 1)
  3. (Aujourd’hui) Extraordinaire, exceptionnel, incroyable.
    • Les saints martyrs de Lyon et de Vienne endurèrent des supplices inouïs. (Jacques-Bénigne Bossuet, Historique I, 10.)
    • Les infortunes inouïes d’une si grande reine. (Jacques-Bénigne Bossuet, Reine d’Anglet.)
    • La promptitude inouïe avec laquelle se fit ce grand changement est un miracle visible. — [[Jacques-Bénigne Bossuet, Historique II, 7.]]
    • Ah ! sentence ! ah, rigueur inouïe ! (Jean Racine, Iphigénie V, 1.)
    • Fortune dont la main couronne Les forfaits les plus inouïs. (Jean-Baptiste Rousseau, Ode à la Fortune.)
    • La jalousie entre ces deux chefs et l’absence du czar furent en partie cause de la défaite inouïe de Nerva. (Voltaire, Russie, I, 11)
    • Ce crime est trop indigne, il est trop inouï. (Voltaire, Tancr. II, 6.)
    • Douce soirée où l’on pouvait encore croire — à la rigueur, le calcul des probabilités cédant à une chance inouïe — qu’il n’y aurait pas de morts pendant la guerre. (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Les rafales d’une violence inouïe, accès de colère de Wottan ou de Thor, tombent des hauteurs en sifflant et soulèvent des tourbillons d’embruns qui sillonnent la mer. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)

Synonymes[modifier | modifier le wikicode]

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]