Annexe:Prononciation/français

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.

Sommaire

[modifier] Tableau de l’API du français traditionnel

Voyelles
API X-SAMPA Syllabe ouverte Syllabe fermée
/i/ /i/ dit /di/ dite /dit/
/e/ /e/ dé /de/
/ɛ/ /E/ dais /dɛ/ dette /dɛt/
/ɛ̃/ /E~/ daim /dɛ̃/ plainte /plɛ̃t/
/œ̃/ /9~/ d’un /d‿œ̃/ junte /ʒœ̃t/
/œ/ /9/ jeune /ʒœn/
/ə/ /@/ de /də/
(non accentuée)
devenu /dəv.ny/
(non accentuée)
/ø/ /2/ deux /dø/ jne /ʒøn/
/y/ /y/ dû /dy/ lutte /lyt/
/u/ /u/ doux /du/ douze /duz/
/o/ /o/ dos /do/ dôme /dom/
/ɔ/ /O/ lotte /lɔt/
/ɔ̃/ /O~/ dont /dɔ̃/ monte /mɔ̃t/
/ɑ̃/ /A~/ dent /dɑ̃/ lente /lɑ̃t/
/ɑ/ /A/ mât /mɑ/ âme /ɑm/
/a/ /a/ da /da/ dan /dan/
Semi-consonnes
API X-SAMPA Initiale Finale
/j/ /j/ yeux /jø/ fille /fij/
/ɥ/ /H/ huée /ɥe/
/w/ /w/ oui /wi/
Consonnes
API X-SAMPA Initiale Finale
/n/ /n/ nan /nɑ̃/ canne /kan/
/ɲ/ /J/ gnon /ɲɔ̃/ cagne /kaɲ/
/ŋ/ /N/ ping /piŋ/
/ɡ/ /g/ gant /ɡɑ̃/ cague /kaɡ/
/k/ /k/ quand /kɑ̃/ caque /kak/
/m/ /m/ ment /mɑ̃/ came /kam/
/b/ /b/ banc /bɑ̃/ cab /kab/
/p/ /p/ pend /pɑ̃/ cape /kap/
/v/ /v/ vent /vɑ̃/ cave /kav/
/f/ /f/ fend /fɑ̃/ gaffe /ɡaf/
/d/ /d/ dans /dɑ̃/ clade /klad/
/t/ /t/ tant /tɑ̃/ patte /pat/
/ʒ/ /Z/ gens /ʒɑ̃/ cage /kaʒ/
/ʃ/ /S/ chant /ʃɑ̃/ cache /kaʃ/
/z/ /z/ zen /zɛn/ case /kaz/
/s/ /s/ sans /sɑ̃/ casse /kas/
/ʁ/ /R/ rang /ʁɑ̃/ carre /kaʁ/
/l/ /l/ lent /lɑ̃/ cale /kal/
/h/ 1 /h/ ha /hɑ/
/ʔ/ 2 /?/ haut /ʔo/
  1. Ce phonème existe seulement dans l’onomatopée ; on ne le prononce pas toujours.
  2. Ce phonème existe selon certaines théories de la liaison : on le prononce rarement pour lui préférer le h aspiré ; mais il se rencontre aussi parfois dans des mots commençant par une semi-voyelle normalement non aspirée, ou par une voyelle parfois aspirée, et qui se prononcent sans liaison pour certains (par ex. Io /jo/) et pas pour d‘autres où la liaison reste permise (par ex. ouate /wat/).

[modifier] Liaisons

/‿/, pour les exceptions, voir /disjonction.

[modifier] Changements historiques

L’API du français traditionnellement utilisé reflète une prononciation vieille de plus d’un siècle [1]. Le français parisien moderne a perdu certaines distinctions phonémiques, tandis que le français québécois a encore toutes les distinctions, mais avec des prononciations différentes.

Les distinctions complètement ou partiellement perdues sont :

Phonèmes Exemples des paires minimales Notes
/ɔ/ /o/ cote (cote d’amour, avoir la cote, etc.) ; côte (côte de bœuf, grimper une côte) En français parisien, la distinction dans les syllabes non accentuées est déjà perdue. Dans les syllabes ouvertes accentuées et dans les syllabes fermées accentuées avec /z/, on prononce toujours /o/ [2].
/a/ /ɑ/ patte (jambe d’un animal) ; pâte (cuisine) En français parisien, la distinction est déjà perdue. Grevisse note /A/ pour les deux.
/ɛ̃/ /œ̃/ brin (petit morceau) ; brun (couleur) En français parisien, la distinction est déjà perdue, et tous les deux se prononcent comme [æ̃] [1] [3].
/ɛ/ /e/ fait (chose avérée) ; fée (magicienne) En français parisien, la distinction dans les syllabes non accentuées est déjà perdue. Dans les syllabes fermées accentuées, on prononce toujours /ɛ/ [2].
/œ/ /ø/ jeune ; jeûne Les paires minimales sont très rares. Dans les syllabes ouvertes accentuées et dans les syllabes fermées accentuées avec /z/, on prononce toujours /ø/ [2].
/ə/ /ø/ de ; deux En français parisien, la distinction est purement comportementale : on prononce jeudi /ʒø.di/ toujours comme [ʒø.di] tandis que l’on prononce je dis /ʒə.di/ comme [ʒø.di] ou [ʒdi] [1] [2]. → voir e caduc.
/ɲ/ /nj/ gnon ; nions En français parisien, la distinction est en train de se perdre, et certains prononcent les deux comme [nj].
/ɛ/ /ɛː/ mettre ; maître Dans tous les dialectes européens, la distinction est complètement perdue. On la trouve seulement en français québécois, dans lequel /ɛ/ est marqué principalement par ai et è alors que /ɛː/ par , ê et ei. Le Wiktionnaire ne distingue pas les deux.

En français parisien, les qualités de certaines voyelles ont été changées [1] :

Traditionnel Moderne Notes
[ɑ̃] [ɒ̃] Originairement une voyelle nasale ouverte postérieure non arrondie, mais aujourd’hui une voyelle nasale ouverte postérieure arrondie.
[ɛ̃] [æ̃] Originairement des voyelles nasales mi-ouvertes antérieures non arrondie et arrondie, mais aujourd’hui une seule voyelle nasale pré-ouverte antérieure non arrondie.
[œ̃]
[ɔ̃] [õ] Originairement une voyelle nasale mi-ouverte postérieure arrondie, mais aujourd’hui une voyelle nasale mi-fermée postérieure arrondie.
[ə] [ø] Originairement une voyelle moyenne centrale non arrondie, mais aujourd’hui une voyelle mi-fermée antérieure arrondie.

[modifier] Structure syllabique

La structure syllabique en français est relativement simple. Pour voir la simplicité, la sonorité, l’intensité relative phonétique, a une grande importance [4].

Chaque phonème a un certain niveau de sonorité : la sonorité est la plus haute dans les voyelles et la plus basse dans les occlusives, entre lesquelles il y a semi-voyelles, liquides, nasales et fricatives. La sonorité peut se montrer par un graphique à barres comme ci-dessous :

haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive






























Phonèmes a j l n s t

La syllabe est une séquence de phonèmes dont le noyau est un pic de sonorité, qui est en français toujours une voyelle. Dans la syllabe, la sonorité augmente du début au noyau et diminue du noyau à la fin en forme de montagne, à l’exception des fricatives coronales devant l’occlusive. L’ensemble des consonnes devant le noyau, s’il existe, s’appelle l’attaque et celui après le noyau la coda. Le tableau suivant montre des exemples de syllabes :

eau France liberté esprit
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive




































































































Phonèmes o f ʁ ɑ̃ s l i . b ɛ ʁ . t e ɛ s . p ʁ i

Parmi ces syllabes, /li/, /te/ et /i/ ont une attaque ; s/ a une coda ; /ɑ̃s/ et /bɛʁ/ ont les deux. Chaque syllabe, par définition, a un seul noyau.

[modifier] Attaques

Dans l’attaque, on peut distinguer les consonnes séparables et inséparables. La séquence /st/ fonctionne comme attaque dans style /stil/, mais ce n’est possible qu’au début de mot : elle est séparée en deux syllabes dans distille /dis.til/. Il est à noter que les fricatives coronales /s/, /ʃ/ et /ʒ/ peuvent exceptionnellement précéder une occlusive dans l’attaque, même si leurs sonorité est plus haute que celle des occlusives. La séquence plus exotique /ɡn/ est aussi différente dans gnome /ɡnɔm/ et dans diagnose /djaɡ.noz/. Le /s/ dans /st/ et le /ɡ/ dans /ɡn/ sont donc consonnes séparables.

style distille gnome diagnose
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive



















































































































Phonèmes s t i l d i s . t i l ɡ n ɔ m d j a ɡ . n o z

En revanche, la séquence /ɡʁ/ est inséparable parce qu’elle fonctionne également dans gré /ɡʁe/ et dans degré /də.ɡʁe/. On ne la sépare jamais.

gré degré
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive













































Phonèmes ɡ ʁ e d ə . ɡ ʁ e

Cette distinction est stricte, n’ayant pas d’exception. Les attaques suivantes sont inséparables :

  • Une consonne :
    • Une occlusive : /p/, /b/, /t/, /d/, /k/ et /ɡ/ ;
    • Une fricative : /f/, /v/, /s/, /z/, /ʃ/ et /ʒ/ ;
    • Une nasale : /m/, /n/ et /ɲ/ ;
    • Une liquide : /l/ et /ʁ/ ;
    • Une semi-voyelle : /j/, /ɥ/ et /w/ ;
  • Une consonne non semi-voyelle + une semi-voyelle : /Cj/, /Cɥ/ et /Cw/, dont le /C/ signifie n’importe quelle consonne non semi-voyelle ;
  • Une constrictive + une liquide : /pl/, /bl/, /fl/, /vl/, /kl/, /ɡl/, /pʁ/, /bʁ/, /fʁ/, /vʁ/, /tʁ/, /dʁ/, /kʁ/ et /ɡʁ/.

Dans toutes les autres attaques, la première consonne est séparable, et le reste est inséparable. Par exemple, spleen /splin/ a l’attaque /spl/, dont le /s/ est séparable et le /pl/ inséparable. L’attaque de trois consonnes comme cela comprend toujours une consonne séparable qui est fricative coronale et deux consonnes inséparables. Cela explique pourquoi on prononce louer /lwe/ en une syllabe mais clouer /klu.e/ en deux syllabes : le français permet /lw/ comme attaque mais non pas */klw/.

Les affriquées, quant à elles, n’existent qu’en début ou fin de mot mais deviennent séparables en milieu de mot : /ps/, /bz/, /pʃ/, /bʒ/, /ts/, /dz/, /tʃ/, /dʒ/, /ks/, /ɡz/, /kʃ/ et /ɡʒ/ ; dans ce cas, la partie occlusive termine la syllabe précédente, et la partie fricative peut soit former l’attaque de la syllabe suivante, soit rester extra-syllabique si l’affriquée n’est pas suivie immédiatement d’une voyelle.

Les consonnes séparables ne peuvent se placer qu’en début de mot, excepté /s/, qui peut se placer dans des attaques en milieu de mot comme /stʁ/ dans extra /ɛk.stʁa/. Cette limitation indique qu’elles sont extrasyllabiques — consonnes hors de la vraie syllabe.

[modifier] Noyaux

Comme expliqué ci-dessus, le français interdit */tʁw/ comme attaque. Mais pourquoi donc prononce-t-on trois /tʁwa/ ? La structure stricte des attaques nous dirige vers la conclusion suivante : le /wa/ dans trois /tʁwa/ est une voyelle, plus précisément une diphtongue [5]. Dans certains cas cette voyelle réapparaît phonétiquement comme telle (en créant une syllabe supplémentaire) quand il est nécessaire de faire apparaître des distinctions entre des quasi-homophones habituellement considérés comme allophones : la consonne /w/ amuit alors dans le discours usuel une voyelle habituellement muette, mais qui peut influencer subtilement sa prononciation effective comme [əw], [ɔw] ou [ow] dans oi, ou comme [uw] dans oua (voire avec une prononciation distinguée excessivement par cette seule voyelle prononcée alors sans diphtongue, ce qui peut aller jusqu’à la disparition complète de la consonne [w]).

C’est vrai que l’on ne distingue pas phonétiquement (la plupart du temps), oi d’avec oua, ni oin d’avec ouin, mais ils ont des comportements différents après une double consonne d’attaque :

  oi* oua
/ʁ/ roi
/ʁwa/
roua
/ʁwa/
/tʁ/ trois
/tʁwa/
troua
/tʁu.a/
  oin ouin/ouain
/l/ ou // oint
/wɛ̃/
loin
/lwɛ̃/
/ɡʁ/ ou /tʁ/ groin
/ɡʁwɛ̃/
Duguay-Trouin
/dy.ɡɛ̃.tʁwɛ̃/ ou
/dy.ɡɛ̃.tʁu.wɛ̃/

On peut constater que oi /wa/ ou oin /wɛ̃/ ne se sépare (presque) jamais et que c’est plutôt une diphtongue, tandis que le /w/ dans oua ou ou(a)in vient de ou /u/, lequel est facilement séparable de la voyelle qui le suit :

  roi trois roua troua
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive
 









   














   














   
























 
Phonèmes   ʁ wa     t ʁ wa     ʁ w a     t ʁ u . a  

À celles-ci, on doit cependant ajouter encore le cas particulier de la semi-consonne /ɥ/, qui forme des semi-allophones que certains locuteurs confondent facilement :

où l’amuïssement de la voyelle précédente /y/ est presque systématiquement observé dans le discours habituel pour créer les diphtongues correspondantes, tout en restant séparable (avec amuïssement voire disparition complète de la semi-consonne comme dans cruel qui se séparera systématiquement en /kry.ɛl/, au contraire de écuelle /e.kɥɛl/ dont les deux consonnes d’attaque respectent la structure syllabique usuelle mais restent séparables).

Selon cette analyse, le français aurait alors seulement trois vraies diphtongues (que l’on ne sépare qu’exceptionnellement et difficilement, d’une façon considérée comme incorrecte dans le discours courant) : /wa/, /wɛ̃/ et /ɥi/, trouvées respectivement dans trois /tʁwa/, dans groin /ɡʁwɛ̃/ et dans pluie /plɥi/.

[modifier] Codas

La syllabe forme une montagne de sonorité, mais rythme /ʁitm/ ne parait pas suivre cette règle, parce que la sonorité dans la coda augmente du /t/ au /m/ ; son dérivé avec un suffixe ne pose pas ce problème :

  rythme rythmique
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive
 



















   


































 
Phonèmes   ʁ i t m     ʁ i t . m i k  

En fait, les codas comme cela ne se trouvent qu’à la fin de mot (la plupart du temps avant un e muet, qui dans certains cas peut et parfois doit se prononcer comme une véritable voyelle pour former alors une syllabe complète, séparée de la précédente qui devient une syllabe normale, notamment si le mot suivant débute par une consonne interdisant son assimilation parmi ses consonnes d’attaque), justement comme les consonnes extrasyllabiques au début de mot. On peut donc conclure que le /m/ dans rythme /ʁitm/ est extrasyllabique. Certains l’appellent semisyllabe [6]. La semisyllabe se comporte comme si elle était l’attaque de la syllabe suivante sans voyelle.

La semisyllabe peut comprendre plus d’une consonne :

  libre librement
haute

Sonorité

basse
voyelle
semi-voyelle
liquide
nasale
fricative
occlusive
 



















   












































 
Phonèmes   l i b ʁ     l i . b ʁ ə . m ɑ̃  

Puisque la semisyllabe fonctionne comme attaque et que /bʁ/ est inséparable comme telle, on peut constater que libre /libʁ/ a la vraie syllabe /li/ et la semisyllabe /bʁ/. Cette structure devient claire dans librement /li.bʁə.mɑ̃/.

Pour ces raisons, certains dictionnaires préfèrent présenter ces semisyllabes explicitement comme des syllabes normales, en mentionnant leur séparation possible et l’élision du e muet final quand la séparation n’est pas nécessaire. En effet, cette voyelle finale muette doit se prononcer, souvent de façon alors très amuite, avant certains mots : libre /li.bʁ(ə)/ se réalisera alors plus aisément dans libre de /li.bʁə.də/ (puisque la succession /bʁd/ est interdite et nécessite la séparation syllabique). Si l’on tient compte de cette analyse de la structure syllabique du français, une telle explicitation n’est pas nécessaire mais s’en déduit.

L’introduction de semisyllabes nous permet de voir la simplicité de la structure syllabique en français. La vraie attaque a au plus deux consonnes, et la vraie coda a seulement une consonne. Les syllabes ci-dessous sont moins compliquées que leurs apparences :

  Extra-
syllabique
Vraie syllabe Semisyllabe
Attaque Noyau Coda Extra-
syllabique
Attaque Noyau
vide
cloitre   kl wa     (ə)
dextre   d ɛ k s (ə)
marbre   m a ʁ   (ə)
schtroumpf ʃ u m   f (ə)
strict s i k   t (ə)

La structure syllabique française est donc (C)(C)V(C), (consonne)-(consonne)-voyelle-(consonne), avec des consonnes extrasyllabiques au début et à la fin du mot.

[modifier] Voir aussi

Application-certificate Gion.svg Prononciation des langues du Wiktionnaire.

de · en · ar · br · zh · ko · es · eo · fr · el · grc · hi · ja · swb · nl · no · ro · ru · sv · tsolyáni · tr · xh

[modifier] Références