femme

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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

(1080) À l'origine du mot femme, on trouve le mot latin fēmĭna (« femme », « épouse » et « femelle »). Mais ce mot latin n’a toujours pas actuellement une origine clairement établie. Malgré une racine indo-européenne *fe[1] (« qui donne le souffle/la vie ») bien identifiée (qui donnera aussi la racine grecque φύ-ω), les étymologistes hésitent, en ce qui concerne le latin, entre deux interprétations de cette racine *fe, qui donne femina :
  • La première hypothèse fait venir de la racine *fe un verbe *feo[2] (« produire, enfanter ») duquel femina serait un participe moyen substantivé (reconstruit *foemina), ce qui donnerait ainsi littéralement « celle qui enfante, qui donne la vie ». Ce verbe a donné aussi les mots fetus, fetura, fecundus, fenum et fenus notamment. Cette hypothèse est globalement admise actuellement.
  • La deuxième hypothèse part du mot fello[2] (« sucer, téter ») qui donnerait le sens de « celle qui allaite » , où la notion de vie est associée à la notion de nourriture.
Originellement, femina désigna d'abord en latin la femelle de l’animal et s'étendit ensuite à celle de l’homme[3]. Le mot femina était en concurrence sur le territoire gallo-romain avec les mots mulier (« femme ») et uxor (« épouse »). Ces deux derniers mots passeront en ancien français, mais n'y survivront pas (TLFi), sous la forme: moillier (« épouse, femme ») et oissour (« épouse ») (très rare). Comme le mot latin femina était accentué sur la première syllabe, c'est elle qui restera en ancien français. Le mot sera prononcé avec une voyelle longue fẽ-me, qui s’ouvre ensuite en fã-me pour se raccourcir enfin, /fam/ après la dénasalisation qui s’est produite au xviie siècle. L’orthographe évoluera d'une manière différente. La forme femme est la première forme attestée en (1080) dans La Chanson de Roland, mais elle a cohabité avec les formes feme et fame durant le Moyen-Âge, la première étant plus influencée par l’étymologie et la deuxième par la prononciation. On trouve dans les autres langues d’oïl une évolution similaire : feume en wallon, fanne en bourguignon et fonne en nivernais (dialecte du berrichon) (Littré).

Nom commun[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
femme femmes
/fam/
Dessin d’une femme de morphologie moyenne, tel qu’il figure sur la plaque de Pioneer 11.

femme /fam/ féminin

  1. Être humain de sexe féminin (par opposition à homme), femelle de l’Homo sapiens.
    • La femme est en effet le potage de l’homme ;
      Et quand un homme voit d’autres hommes parfois
      Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts,
      Il en montre aussitôt une colère extrême.
      ( Molière, L’École des femmes, 1662)
    • […] ce n’est jamais d’après le masque hypocrite des femmes qu’il faut s'aviser de les juger. (DAF de Sade, La prude ou la rencontre imprévue)
    • Les Benjamites furent avertis qu’ils pourroient s’approcher secrètement du lieu de la fête, s’aposter de manière à bien voir les femmes qui s’y trouveroient, et enlever sans résistance celles qu’ils voudroient pour épouses. (Rabelleau, Histoire des Hébreux, t.1, 1825, p.261)
    • Cependant les femmes de Lima gouvernent les hommes parce qu’elles leur sont bien supérieures en intelligence et en force morale. (Flora Tristan, “Les Femmes de Lima”, La Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • Je suis l’ennemi de ce règne de l’homme qui n’est pas encore terminé. Pour moi, la femme est l’avenir de l’homme, au sens où Marx disait que l’homme est l’avenir de l’homme. (Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, commentaire, 1963).
  2. Personne adulte et nubile de sexe féminin (par opposition à fille, fillette et femme-enfant).
    • Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l’amour, c’est de faire l’amour.
      (La Rochefoucauld, Maximes, 1664)
    • Mais peu avant sa vingtième année, quand de jeune fille elle devint femme et vit s’effiler sous les seins le premier pli charmant de la maturité qui va naître, il lui vint tout à coup des ambitions. (Pierre Louÿs, Aphrodite, 1896)
    • …une peinture sous verre, fixée sur la façade, représentait une femme appétissante aux yeux noirs qui, frileusement, s’emmitouflait de fourrures. (Francis Carco, L’Homme de Minuit, 1938)
    • Mes tempes battent ; toute ma chair va à cette femme presque nue et charmante dans le matin et dans le transparent vêtement qui enferme la douce odeur d’elle… (Henri Barbusse, L’Enfer, 1908.)
    • Telle est la chair des femmes, un abîme où s’engloutir sans recours, et celle des vierges un brasier qui consume l’âme. (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, 1958.)
  3. Conjointe, épouse, partenaire.
    • Néanmoins la foi conjugale est sans cesse violée dans les grandes sociétés policées. Il est peu de maris qui soient fidèles à leurs femmes ; il est peu de femmes qui soient fidelles[sic] à leurs maris. (Jean-Claude de La Métherie, De l’homme considéré moralement ; de ses mœurs, et de celles des animaux, vol. 2, p. 268, an XI – 1802)
    • Quand je la menai à l’autel, j’étais bien convaincu que ma femme l’emportait en beauté sur toutes les femmes belles de la terre, […]. (Octave Mirbeau, La tête coupée,)
  4. Personne qui revendique ou assume une part de féminité, en particulier :
    1. En tant qu’être délicat, fragile → voir sexe faible.
      • (Il s’agit d’un homme) Tout penseur complet doit être femme par les côtés délicats du cœur. (Victor Hugo, Ruy Blas, 1838, p. 330)
    2. En tant que personne exploitée et méprisée → voir bobonne.
      • Moi aussi, je crois que j’ai un petit côté femme !
        S’il se limite à éplucher les légumes…
        (Abdoulaye Ndiaye, Le mannequin de bois, 2001)
  5. (Vieilli) (Au pluriel) Domestiques féminines . → voir femme de ménage et femme de chambre.
    • Elle se tourna de l’autre coſté en achevant ces paroles, & commanda à sa fille d’appeller ses femmes sans vouloir l’écouter, ny parler davantage. (Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves, 1678)
    • Faut-il que j’appelle vos femmes ? demanda le roi. (Alexandre Dumas , La Reine Margot, C. Lévy, 1886)
Note[modifier | modifier le wikicode]
Le terme femme est en premier ou second élément d’apposition ou de composés pour la féminisation de professions :
  1. L'usage du substantif masculin n'a pas été affecté par la féminisation : femme maçon. C'est le cas pour les métiers essentiellement virils.
  2. Le féminin existe (professeure) mais n’est pas perçu à l’oral où il faut préciser : femme professeur, professeur femme, femme-détective. La Femme auteur de Balzac fournit un autre exemple de cette structure simple et classique, à une époque où la féminisation était marginale.
  3. Le féminin existe mais est perçu comme « épouse de » : femme-patron/patronne.
  4. Le féminin existe mais les professionnelles tendent à revendiquer l’emploi du titre au masculin pour manifester l’égalité absolue : D’où le professeur Mme X, le docteur Mme Y, etc.

Synonymes[modifier | modifier le wikicode]

Dérivés[modifier | modifier le wikicode]

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

Hyponymes[modifier | modifier le wikicode]

Vocabulaire apparenté par le sens[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Prononciation[modifier | modifier le wikicode]

  • France  : écouter « femme [fam] »

Homophones[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]

Sources
Références
  • [1] : Jean Bouffartigue et Anne-Marie Delrieu, Trésor des racines latines, page 42, 2008, Éditions Belin
  • [2] : Lewis & Short, Latin Dictionary, 1879 (en ligne); Michel Bréal et Anatole Bailly, Dictionnaire étymologique latin, Hachette, Paris, 1885, [en ligne]; Georges, Ausführliches lateinisch-deutsches Handwörterbuch, 1913 (en ligne).
  • [3] : Félix Gaffiot, Dictionnaire latin français, Hachette, 1934 (femina)