prendre
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[modifier] Français
Étymologie
- Du latin prehendĕre, puis prendĕre (Ie siècle avant J.-C.) (« prendre », « saisir », « s'emparer de »), composé du préfixe prae- et d'une racine *ghend (« saisir ») issue de l’indo-européen commun (source). Il a éliminé le classique capĕre en bas latin.
Verbe
prendre /pʁɑ̃dʁ/ transitif 3e groupe (conjugaison)
- Saisir, mettre en sa main.
- Prendre un livre. - Prendre une épée. - Prendre une pierre.
- Saisir une chose, l’enlever, la tirer à soi autrement qu’avec la main.
- Prendre quelqu’un dans ses bras. - Prendre quelque chose avec les dents.
- Saisir les choses avec leur gueule, leur bec, leurs griffes, etc., en parlant des animaux
- Le perroquet prend souvent avec sa patte ce qu’il veut prendre ensuite avec son bec.
- Mettre sur soi, en parlant des habits, des vêtements.
- Vous avez pris aujourd’hui un vêtement bien léger. - Il a pris son habit de cérémonie.
- (Vieilli) Commencer à porter.
- Prendre la perruque ou prendre perruque.
- Emporter avec soi certaines choses par besoin ou par précaution.
- Prendre un parapluie, une lanterne. - Prendre sa canne, son épée, son chapeau.
- Il a pris son fusil et il est allé à la chasse.
- Emporter en cachette ou de force, ôter à quelqu’un ce qu’il possède, le lui dérober.
- On lui a pris sa bourse, sa montre, tout ce qu’il possédait. - Ils lui ont pris jusqu’à sa chemise.
- Ce chien a pris un poulet sur la table.
- S’emparer, se saisir par force d’une chose ou d’une personne.
- Il a pris l’arme de son adversaire.
- Prendre quelqu’un au collet, à la gorge, par le bras, à bras-le-corps.
- (Jeu) Enlever à l'adversaire.
- Je prends votre dame avec mon roi.
- (Absolument) Je prends et je joue.
- Faire des levées d’hommes.
- Il a été pris pour le service militaire.
- Arrêter quelqu’un pour le conduire en prison.
- (Militaire) Ce voleur s’est enfin laissé prendre. - La gendarmerie a déjà pris deux de ces bandits.
- Butiner à la guerre, y faire des prisonniers.
- On a pris à l’ennemi quinze cents hommes, deux drapeaux, dix canons.
- (Militaire) Se rendre maître par la force des armes ou autrement, d'une place forte.
- Cette place a été prise de vive force, et cette autre par la famine.
- (Chasse) (Pêche) Attraper à la chasse ou à la pêche.
- Nous avons chassé tout le jour sans rien prendre.
- Prendre des oiseaux à la pipée, au trébuchet.
- Nous avons pris vingt carpes d’un coup de filet.
- Poursuivre et saisir un gibier, en parlant des animaux de chasse, des oiseaux de proie, des prédateurs.
- Mon chien a pris deux lièvres.
- Ses chiens n’ont rien pris de la journée.
- (Figuré) S’emparer de quelqu’un, gagner quelqu’un en s’attaquant à son esprit, à son cœur, à ses sens.
- Il le prit par les sentiments. - Il le prit par son propre intérêt.
- Surprendre.
- Je l’ai pris à voler des fruits dans votre jardin. - Il promit qu’on ne l’y prendrait plus. - Tout le monde y aurait été pris.
- Attaquer, aborder.
- Prendre une armée de flanc. - Prendre son ennemi par derrière. - Prendre quelqu’un en traître, en trahison.
- Manger, boire, avaler, absorber, en parlant des aliments, des boissons, des médicaments solides ou liquides.
- Prendre deux repas par jour. - Prendre un bouillon, un verre de vin. - Prendre un médicament.
- Faire usage pour sa santé, pour son agrément, etc.
- Prendre un lavement. - Prendre un bain, une douche, un tub.
- (Vieilli) Se faire contaminer par contagion, en parlant des maladies.
- Il a pris la peste, la fièvre jaune, le typhus. - C’est d’un tel qu’il a pris la grippe.
- Atteindre par surprise
- L’orage, la pluie nous prit en chemin.
- La fièvre l’a pris le samedi.
- (Par extension) — La frayeur, la colère, l’ennui, l’enthousiasme, etc., le prit.
- Fixer sur le corps
- Il prend de l’embonpoint. — Il prend du ventre. - Prendre des forces.
- Contracter, adopter.
- Il prend de mauvaises habitudes. — Il a pris un ton insupportable, des manières ridicules, des airs impertinents.
- Il prit un ton sévère, un air sévère pour lui parler. — Prendre un goût, une odeur, une couleur, une consistance.
- Se donner, employer , en parlant de titres, de qualités, de noms.
- Il prit le titre de comte. - Elle prit le nom de son mari.
- Acquérir, acheter.
- Je prendrai tout à six francs pièce. - Vous en demandez trop cher : je ne le prendrai pas.
- (Absolument) — C’est à prendre ou à laisser.
- Demander, percevoir un prix pour quelque chose que l'on vend.
- Ce marchand prend vingt francs du mètre de ce drap. - On m’a pris mille francs pour ce travail.
- Recevoir, accepter.
- Rien n’avait été convenu entre nous : il a pris ce que je lui ai donné.
- Ce train prend des voyageurs de toutes classes.
- Emprunter, tirer de.
- Il a pris l’idée de cette tragédie dans un vieux roman. — C’est un mot que nous avons pris du latin.
- Engager des personnes, ou s’engager avec elles, sous certaines conditions.
- Prendre un domestique, une femme de chambre, une cuisinière, un chauffeur, etc. — Prendre un ouvrier, des ouvriers à la tâche, à la journée.
- Prendre un associé, une épouse.
- Joindre quelqu’un en quelque endroit, pour se rendre ailleurs avec lui.
- J’irai vous prendre à deux heures précises. - Il est venu me prendre pour aller au théâtre.
- Emmener avec soi.
- Le capitaine prit trente hommes pour faire cette reconnaissance.
- Recueillir, donner l’hospitalité.
- Je l’ai pris chez moi. - Il eut la bonté de prendre chez lui toute cette famille.
- Ôter, retirer, retrancher une partie d’un tout.
- Prendre dix mille francs sur une succession. - Il a pris mille francs d’avance sur son traitement.
- (Intransitif) Retrancher de quelque chose pour subvenir à autre chose.
- Prendre sur sa nourriture, sur sa dépense, sur son nécessaire, etc. ,pour donner aux pauvres. — Prendre sur son sommeil pour travailler.
- Se charger d’une chose, entrer en possession, en jouissance d’une chose à certaines conditions.
- Prendre des terres en fermage. — Prendre un appartement en location.
- J’ai pris une chambre, un pied-à-terre dans cette maison.
- (Marine) Charger quelque chose, recevoir quelqu'un, à bord.
- Engager et conduire, en parlant d'une affaire.
- Il a mal pris son affaire, voici comme il fallait la prendre.
- Prendre une affaire du bon, du mauvais biais.
- Choisir, préférer, adopter de préférence, se décider pour.
- Je ne veux pas de cette étoffe, je prends celle-ci. — Je ne sais quel livre prendre.
- Choisir une route, un chemin, s’y mettre en marche, en parlant particulièrement de ceux qui voyagent, qui cheminent.
- Prendre les routes secondaires plutôt que l'autoroute. - Prenez la première rue, la seconde rue à droite, à gauche.
- (Par extension) (Intransitif) Entrer dans un chemin qui se présente au choix.
- Prendre à droite, à gauche, tout droit.
- (Par extension) Utiliser un mode de locomotion qui se présente au choix.
- Prendre la voiture, prendre le train, prendre le paquebot,
- Prendre un cheval, une voiture, un bateau, une automobile, un avion.
- (En particulier) Couper, utiliser, façonner, de certaines façons, en parlant des étoffes, des viandes, et plus généralement ce que l'on coupe ou tranche avec art.
- Le tailleur a mal pris cette étoffe. - Prendre une étoffe de droit fil, de biais.
- Vous coupez mal ce morceau; vous n’avez pas pris le sens.
- (Figuré) Entendre, comprendre, concevoir, expliquer, interpréter, considérer d’une certaine manière.
- Les commentateurs prennent ce passage en des sens très opposés.
- À bien prendre la chose, vous devez être plus content que fâché de cet arrangement.
- Vous prenez mal mes paroles.
- (Figuré) Adopter, soutenir avec chaleur.
- Il a pris ma défense. - J’ai pris ses intérêts. - J’ai pris son parti.
- Éprouver, en parlant des sentiments, des passions, des affections et des répugnances.
- Prendre du plaisir, prendre son plaisir à quelque chose. — Prendre quelque chose en dégoût.
- Prendre intérêt à quelqu’un, à quelque chose. — Prendre quelqu’un en amitié, en affection, en aversion, en haine, en grippe.
- Obtenir, recueillir.
- Prendre un congé.
- Prendre l’avis de quelqu’un, prendre conseil d’un avocat.
- Déterminer par la mesure, les dimensions , la grandeur d'une chose.
- Prendre la largeur d’une armoire. - Prendre la surface de la pièce.
- (Par extension) — Prendre la température, la tension artérielle d’un malade.
- Rédiger, relever, fixer sur le papier.
- Prendre des notes, prendre un croquis, prendre un plan, prendre une photographie.
prendre intransitif 3e groupe (conjugaison)
- S’enraciner, pousser, croître.
- La vigne ne prend pas dans cette région.
- Il y a des plantes qui prennent également en toute sorte de pays; il y en a d’autres qui ne prennent qu’en de certaines terres.
- (Figuré) Réussir, trouver son lectorat, son auditoire, en parlant d'un ouvrage de l’esprit, d’une proposition, d’un compliment, etc.
- Ce livre, cette pièce de théâtre n’a pas pris.
- Cette plaisanterie n’a pas pris.
- (Par extension) — Ce jeune homme a bien pris dans le monde.
- Adhérer, s’attacher, produire son effet.
- Cette couleur naturelle ne prend pas sur les tissus synthétiques.
- L’encre ne prend pas sur le papier huilé.
- Le feu a pris à cette maison, à ce magasin.
- Faire une impression trop forte à la gorge, au nez.
- Cette odeur est trop forte, elle prend à la gorge.
- Se geler, se coaguler, s’épaissir, se solidifier.
- La rivière a pris cette nuit.
- Mettez de la présure dans ce lait, pour qu’il prenne.
- Vos confitures ont mal pris. - Cette gelée ne prendra pas.
- Le fleuve était entièrement pris.
- Contribuer à un bon ou à un mauvais résultat.
- Bien lui a pris d’avoir été averti à temps.
- Il lui prendra mal un jour d’avoir montré tant d’insouciance.
- (Avec la particule en) — Après ce qu’il avait fait, bien lui en prit d’avoir des protecteurs.
- Être atteint
- La fièvre, la goutte lui a pris.
- (Impersonnel) — Il lui prit une colique, un mal de dents, une sueur froide, une faiblesse, etc.
- (Figuré) — Il lui prit une fantaisie, un dégoût; il lui prend des accès d’humeur.
se prendre pronominal
- S’attacher, s’accrocher.
- Rencontré Artaud, […], qui s'est pris le pied dans la roue de sa voiture, a cogné la tête dans le marchepied, et est retombé sur une botte de paille; il aurait voulu le faire qu'il n'y serait jamais arrivé. (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
- Concevoir un sentiment pour quelqu’un.
- Se prendre d’amitié , se prendre d’aversion, se prendre de passion, pour quelqu’un.
- Provoquer, s’attaquer à quelqu’un
- Il ne faut pas se prendre à plus fort que soi.
- Se contracter, en parlant de maladies.
- La grippe se prend très facilement en cette saison.
- Se figer, se solidifier.
- L’huile se prend quand on la tient dans un endroit froid. - Le sirop se prendra bientôt.
Note
- Dans son sens transitif, il se construit avec la préposition à dans diverses locutions particulières :
- Il se construit aussi avec la préposition pour → voir prendre pour
- Il se construit avec la conjonction que: → voir prendre que
- Il se construit avec un substantif non précédé de l’article dans un grand nombre de locutions particulières qui équivalent souvent à un seul verbe, et dont la plupart expriment un commencement d’action ou d’état.
Dérivés
Synonymes
Apparentés étymologiques
Expressions
- À partir de la forme transitive de prendre
- À partir de la forme intransitive ou pronominale de prendre
Traductions
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Anagrammes
Prononciation
Références
Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935) (prendre)
[modifier] Catalan
Étymologie
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Verbe
prendre /ˈpɾɛn.dɾə/