calfeutrer

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

L'ancien français calefaterie (« calfeutrage ») est proprement le dérivé de calfater avec le suffixe -erie, de l’arabe قلف, qalafa[1]. De là calfeutrer avec influence de feutre, le feutre ayant servi de bourre.

Verbe [modifier le wikicode]

calfeutrer \kal.fø.tʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se calfeutrer)

  1. Boucher les interstices d’une porte, d’une fenêtre, avec du papier, du parchemin collé ou des lisières, etc., pour empêcher que le vent n’entre dans une pièce.
    • Il faut calfeutrer cette porte, cette fenêtre.
    • Cette case était un assemblage de pieux calfeutrés d’un entrelacement de branches. — (Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
    • Les longs étés à Nollet, et les lectures dans la fraîcheur du salon, sur le canapé de Guerre et Paix, les lectures aussi de l’automne devant un grand feu, et les nuits tôt venues de l’hiver où dans un lit calfeutré on n’en finit plus de lire, tandis que le vent passe et tourne autour de la maison. — (José Cabanis, Les cartes du temps, Gallimard, 1962, Le Livre de Poche, page 87.)
  2. (Pronominal) (Par extension) S’enfermer bien chaudement.
    • On voyait maintenant des compositeurs, et jusqu'à des virtuoses, qui connaissaient l'œuvre de Bach! − Surtout on avait fait un grand effort pour combattre l'esprit casanier des Français. Ces gens-là se calfeutrent chez eux ; ils ont peine à sortir. — (R. Rolland, Jean-Christophe, La Foire sur la place, 1908)
    • Je jette avec grâce mon feutre,
      Je fais lentement l’abandon
      Du grand manteau qui me calfeutre,
      Et je tire mon espadon ;
      — (Edmond Rostand, Cyrano De Bergerac, Acte 1, scène IV, 1897)
  3. (Pronominal) (Figuré) Se replier sur soi-même.
    • Élisabeth bouda, se calfeutra dans un mutisme dédaigneux. Ce mutisme l'ennuyant, elle passa de l'emploi de la mégère à celui de nourrice. — (Jean Cocteau, Les Enfants terribles, 1929)

Synonymes[modifier le wikicode]

Dérivés[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Prononciation[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  • Louis Marcel Devic, Dictionnaire étymologique des mots français d’origine orientale, Impr. nationale, 1876, p. 79