gourer

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(XIIIe siècle) gorré (« trompé, dupé »), on le dit dérivé du même radical que goret avec le sens originel de (« agir comme un porc »), d’une manière sale et méprisable. Néanmoins cette étymologie est assez mal fondée. Il semble plus probable et raisonné qu'il dérive de l’arabe غَرٌَ, gharra qui signifie (« tromper, duper »)[1][2][3].

Verbe [modifier]

gourer \ɡu.ʁe\ transitif ou pronominal 1er groupe (conjugaison) (pronominal : se gourer)

  1. Duper, tromper.
    • Ma mémoire me gourait pas. (Albert Simonin, Le cave se rebiffe, Série noire, 1954, page 78)
    • Aussi bien, je sais qu’on vous fait étudier le latin dans vos séminaires pour gourer plus facilement les pauvres gens. (Ferdinand Fabre, Courbezon, 1862, p. 235)
  2. Falsifier une drogue.
  3. (Pronominal) Se tromper.
    • Se gourer de porte, de route.
    • Ce soldat à moitié éveillé dit : — C’est à droite, puis encore à droite, et alors tout droit. Ne vous gourez pas. (Henri Barbusse, Le Feu, 1916, p. 220)
    • Pour la première fois de sa vie il s’était foutu le doigt dans l’œil ! Il s’était entièrement gouré. (Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Denoël, 1936, p. 408)
    • Si Bourbaki [le colonel] avait pensé rompre la bonne entente de l’équipe en introduisant un gradé parmi nous, il s’était gourré ; jamais l’entente n’avait été aussi parfaite. (Blaise Cendrars, La Main coupée, 1946, p. 243)
    • Il ne se gourait pas tout à l’heure dans ses pronostics. (Albert Simonin, Touchez pas au grisbi !, 1953, p. 65)
    • Tu t’es gourré sur un point : jamais mon type ne deviendra communiste. (Simone de Beauvoir, Les Mandarins, 1954, p. 122)
    • Il yoyote de la touffe, il ondule de la toiture dans les grandes largeurs, s’il croit que je vais l’aider, il se goure, il se met le doigt dans l’œil, jusqu’au coude ! (Monique Colombet, Yuke et le manuscriptum allegorum, Édilivre - APARIS, 2007, p. 160)
  4. (Pronominal) Se douter de quelque chose.
    • Sans se gourer que…
    • Malgré qu’il était fada, il se gourait bien d’une passe bizarre… Il se méfiait que je le plaque au flan au milieu de la nuit… (Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Denoël, 1936, p. 324)
    • Je vais foncer pour essayer d’murer les Sora [qui veulent nos millions]. J’tiens pas à leur refiler une bougie, tu dois t’en gourer. (Auguste Le Breton, Du rififi chez les hommes, Gallimard, Série noire no 185, 1953, p. 173)
    • Ils étaient venus se poster là pour mieux pouvoir surveiller la sortie du fleuve, sans se gourrer que nous étions —nous qu’ils voulaient capturer— à cinq mètres d’eux séparés par un feuillage. (Dussort, Mém., Cavale, 1929-34, dép. par G. Esnault, 1953)
    • L’aubergiste : Il a tenu l’enfant bouclé… On était loin de se gourer qu’il s’agissait d’un kidnap’-pinge. (Auguste Le Breton, Du rififi chez les hommes, Gallimard, Série noire no 185, 1953, p. 223)
  5. (Pronominal) Se méfier.
    • Goure-toi de ce frère-là : il est tout ce qu’y a de crème. (Bruant, Dict. fr.-arg., 1905, p. 86)
    • Goure-toi qu’il ne te fasse quelque saloperie. (Bruant, Dict. fr.-arg., 1905, p. 147)

Variantes orthographiques[modifier]

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Références[modifier]