monter sur ses grands chevaux

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher

Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Au XVIe siècle, certains souliers à talon haut furent appelés « grands chevaux ». Par analogie, à la cour de Lunéville, quatre anciennes familles de rang élevé, les Lenoncourt, de Châtelet, de Ligniville et de Haraucourt, portèrent le titre de « Grands Chevaux de Lorraine ». La prétention des autres familles, désignées « Petits Chevaux », à rejoindre les quatre grands, donna naissance à l’expression.

Locution verbale[modifier | modifier le wikicode]

monter sur ses grands chevaux /mɔ̃.te syʁ se ɡʁɑ̃ ʃə.vo/ (se conjugue, voir la conjugaison de monter)

  1. Prendre un parti vigoureux, menacer, se mettre en colère ; montrer de la hauteur, de la sévérité dans ses paroles.
    • — Mais sur quels grands chevaux êtes-vous donc montée ce soir, ma belle comtesse ? Après votre froideur de tout cet hiver et votre grand soin de me tenir à distance, vous me mandez auprès de vous ; j’en suis aux anges ; j’arrive, je vous trouve, laissez-moi vous le dire, d’une humeur massacrante. (Emilio Pinchia, Bluettes, Laplace, Sanchez et Cie, 18??, p. 30-31)
    • — Eh bien ! quoi ? Ne vas-tu pas monter sur tes grands chevaux pour quelques heures passées avec un aimable garçon et de joyeuses filles ? (Eugène Chavette, Un notaire en fuite : La crème des beaux-pères, E. Dentu, 1881, p. 13)
    • Alors, pourquoi monter sur ses grands chevaux, se regarder de travers et chercher à se faire toutes les niches possibles ? (Ernest Feydeau, Mémoires d'un coulissier, Calmann Lévy, 1882, p. 215)
    • Je lui demande si la façon d’agir du fiancé ne l’étonne pas : il monte sur ses grands chevaux, me répond que la parole d’un gentilhomme est sacrée, et patati et patata. (Léon de Tinseau, Alain de Kerisel, P. Ollendorff, 1883, p. 213)

Références[modifier | modifier le wikicode]

  • Charles Rozan, Petites Ignorances de la Conversation, 1856