églantine rouge

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(Juin 1899) Voir églantine et rouge.
L’églantine rouge - généralement artificielle[1] - portée à la boutonnière servit de signe de reconnaissance aux socialistes à partir de 1899 (manifestations du 11 juin à l’Hippodrome de Longchamp[2]), la droite nationaliste et antidreyfusarde arborant pour sa part des œillets blancs. Après la Première Guerre mondiale, cet insigne fut encore porté lors des grands rassemblements de la gauche socialiste et communiste jusqu’au Front Populaire[3].

Locution nominale [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
églantine rouge églantines rouges
\e.glɑ̃.tin ʁuʒ\
Un militant du Front populaire offre une églantine rouge à Marianne (L'Humanité, 1er mai 1936)

églantine rouge \e.ɡlɑ̃.tin ʁuʒ\ féminin

  1. (Histoire) Églantine rouge - ou, le plus souvent, fleur artificielle imitant l’églantine rouge - utilisée comme signe de reconnaissance porté à la boutonnière par les socialistes français à partir de 1899, puis par la gauche communiste et socialiste des années 1920 jusqu’au Front populaire.
    • Une fille en cheveux allait d'un groupe à l’autre, offrant des églantines rouges. Elle s'approcha de Thérèse. — Citoyenne, achète-moi des fleurs. Thérèse en choisit une, et la passa dans son corsage. Elle remarqua que toutes les boutonnières s’étaient fleuries de la même tache sanglante. Une femme du peuple en portait un bouquet entier entre les seins. — (Léon Thévenin, Le jardin des roses, Édition de la Revue l’OEuvre et l'Image, 1902, page 161)
    • Dans une des salles de rédaction, une immense couronne d’églantines rouges était dressée. Elle était destinée aux obsèques de Jaurès. Un long moment je m’absorbai dans mes pensées devant le symbole révolutionnaire. — (Madeleine Vernet, Au seuil de l’épouvante, 1921, chapitre 4)
    • Dès 13 heures, par le métro, les autobus et le tramway, une foule énorme composée de communistes et de socialistes, arborant à la boutonnière, soit l’églantine rouge, soit plus simplement des bouts de carton rouge, se massait place du Panthéon. — (Le défilé, L’Écho de Paris, 17/02/1936, page 1)
  2. (Par métonymie) Militant socialiste (ou communiste à partir de 1920) porteur de cet insigne.
    • La voiture présidentielle franchit l’enceinte, et M. Loubet prend place dans la tribune d’honneur entre Mme Loubet et Mme Fornielli. Les églantines rouges acclament avec fureur. Les députés, conseillers municipaux et sénateurs, qui occupent une tribune, font chorus. Mais c’est un silence glacial dans les autres tribunes. — (Le Grand Prix en état de siège, La Croix, 13/06/1899, page 2)
    • — Quand les socialistes ont crié : « Vive la République ! Vivent les soldats ! » nous avons répondu : « Vive l’armée ! mort aux juifs ! » Les « œillets blancs », que j’avais dissimulés dans les massifs, ont rallié à mon cri. Ils ont chargé les « églantines rouges » sous une pluie de chaises de fer. — (Anatole France, Monsieur Bergeret à Paris, C. Lévy, 1901, page 931)

Antonymes[modifier le wikicode]

Apparentés étymologiques[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]

  1. Charles Péguy, Le triomphe de la République, Nouvelle Revue Française, 1916 (posthume), pages 59-60
  2. La journée de Longchamp, Le Petit Journal, 12/06/1899, page 1
  3. Annie Geffroy, L’églantine et ses couleurs, in Des mots en liberté, ENS Éditions, 1998, pages 127-136