transsubstantiation

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Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

(1495) Du latin médiéval transubstantiatio (« changement d'une substance en une autre »), du latin scolastique transsubstantiationem, expression employée pour la première fois au concile de Latran, en 1215 (voir transsubstantier). (1374) transustanciacion.

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
transsubstantiation transsubstantiations
\tʁɑ̃s.syp.stɑ̃.sja.sjɔ̃\

transsubstantiation \tʁɑ̃s.syp.stɑ̃.sja.sjɔ̃\ féminin

  1. Changement d’une substance en une autre.
    • Ce contraste fait de toi un vrai prodige, et les cent métamorphoses d’Ovide, quoique fort peu banales, ne sont que jeux d’enfant comparées à cette transsubstantiation. — (Ippolito Nievo, Anti-aphrodisiaque pour l’amour platonique, 1851 (première parution 1956) ; traduit de l’italien par Muriel Gallot, 1986, p. 167)
  2. (Anatomie) Nom donné par Vetter et Burdach au cas dans lequel les parties constituantes d’un tissu, ayant été résorbées, sont remplacées par des éléments d’une autre espèce qui se substituent à lui, ce qu’on appelle habituellement transformation.
  3. Transfert mental par lequel une chose banale devient exceptionnelle, consacrée, digne de culte, divine.
    • Le péché, le croyant le perçoit tracé à gros traits noirs dans les schémas criards du blasphème, du mensonge, du vice, de la haine, du vol ou du meutre, mais il l’oublie dans le flou mental des transsubstantiations, par exemple. — (Michel Potay, « Caninerie », dans Et ce que tu auras écrit, Arès, 1990, ISBN 2-901821-05-07 ISBN invalide, pp. 200)
    • Mainte transsubstantiation commença par un penchant et finit lentement religion. Par sa construction culturelle lente et son assimilation progressive à la normale, le péché de transsubstantiation échappe aux schémas bruts des péchés capitaux ; cela le rend peu évident, mais il n’en est que plus redoutable. — (Michel Potay, « Caninerie », dans Et ce que tu auras écrit, Arès, 1990, ISBN 2-901821-05-07 ISBN invalide, pp. 204)
    • Quand, aux temps védiques, à la question : « Combien y-a-t-il de dieux ? », le rishi Yajnavâlkya répondait : « Trente-trois millions », il s’agissait de trente-trois millions de transsubstantiations. — (Michel Potay, « Caninerie », dans Et ce que tu auras écrit, Arès, 1990, ISBN 2-901821-05-07 ISBN invalide, p. 200)
    • Désastreuse conséquence morale de la transsubstantiation : son objet final, pour les dévots, devient critère de vérité. […] « Dieu est-il végétarien ? » (transsubstantiation du végétarisme) ; « Que pense Dieu du sacrifice des rats dans les laboratoires ; proscrit-il les abattoirs ? » (transsubstantiation de la vie animale en équivalence humaine) — (Michel Potay, « Caninerie », dans Et ce que tu auras écrit, Arès, 1990, ISBN 2-901821-05-07 ISBN invalide, p. 202)
    • On ne peut que dire et redire que tous les arguments justifiant le chien devenu partenaire social sont discours d’aveugles ou de tarés, et que d’une façon générale toute transsubstantiation amorce de graves dérives et mène au péché. — (Michel Potay, « Caninerie », dans Et ce que tu auras écrit, Arès, 1990, ISBN 2-901821-05-07 ISBN invalide, p. 236)
  4. (En particulier) (Christianisme) (Théologie) Changement miraculeux de la substance du pain et du vin en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ dans l’eucharistie.
    • Je parle de cette audace insupportable avec laquelle vous avez osé imputer à de saintes religieuses et à leurs directeurs « de ne pas croire le mystère de la transsubtantiation, ni la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie. » — (Blaise Pascal, Lettres Provinciales XVI)
    • Voilà ce qui a fait naître le terme de transsubstantiation, aussi naturel pour exprimer un changement de substance, que celui de consubstantiel pour exprimer une unité de substance. — (Jacques-Bénigne Bossuet, Histoire des variations des Églises protestantes, III, 16, 1688)
    • Si toutefois on croyait qu’il fût à propos pour la satisfaction de quelques esprits d’expliquer comment le sentiment qu’on a de la matière s’accorde avec ce que la foi nous enseigne de la Transsubstantiation, on le ferait peut-être d’une manière assez nette et assez distincte, et qui certainement ne choquerait en rien les décisions de l’Église ; mais on croit se pouvoir dispenser de donner cette explication principalement dans cet ouvrage. — (Nicolas Malebranche, De la recherche de la vérité livre III : De l’entendement, ou de l’esprit pur, partie II, ch. 8)
    • C’est ainsi qu’on avait donné deux natures et une personne à Jésus ; ainsi on avait donné à Marie le titre de theotocos ; ainsi le terme de transsubstantiation ne s’établit que vers le XIIe siècle. — (Voltaire, Annales de l’Empire : Charlemagne, 806)
    • Brenz, au contraire, avait développé jusqu’à son maximum la doctrine de l’ubiquité, dont le but était d’expliquer la présence du corps du Christ dans le pain de la Cène —ce qu’on nomme la consubstantiation— d’une manière qui tend à rapprocher la cène luthérienne de l’eucharistie catholique, laquelle se définit par la transsubstantiation. — (Alain Dufour, Théodore de Bèze : poète et théologien, 2006, p. 111)

Synonymes[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier le wikicode]

Références[modifier le wikicode]