Canadien

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Voir aussi : canadien

Français[modifier le wikicode]

Étymologie[modifier le wikicode]

De Canada avec le suffixe -ien. Première occurrence sous la plume de Jacques Cartier, dans la première moitié du XVIe siècle[1].

Nom commun [modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin Canadien
\ka.na.djɛ̃\
Canadiens
\ka.na.djɛ̃\
Féminin Canadienne
\ka.na.djɛn\
Canadiennes
\ka.na.djɛn\

Canadien \ka.na.djɛ̃\ masculin (équivalent féminin : Canadienne)

  1. (Géographie) Citoyen du Canada.
    • Pour Danielle Al-Halabi, une jeune Canadienne d’origine libanaise rapatriée hier, le plus dur a été de laisser la famille derrière soi. — (Le Devoir, 22–23 juillet 2006)
    • On ne peut certes pas reprocher au gouvernement fédéral de chercher à développer des valeurs communes à tous les Canadiens, mais on ne saurait non plus faire grief au Québec de développer sa spécificité et d’en rechercher une reconnaissance constitutionnelle. — (Benoît Pelleter, Le Devoir, 13 octobre 2006)
  2. (Vieilli) Francophone du Canada, descendant des colons français.

Note d’usage :

Au début (XVIe s.), sous la plume de Jacques Cartier, le mot Canadien désigne les Iroquois de Stadaconé (emplacement de la future ville de Québec). Au début du XVIIe, Champlain l’utilise à nouveau, mais pour désigner tous les Amérindiens de la vallée du Saint-Laurent, ainsi que les Micmacs.
  • Les premiers colons qui prennent racine dans la colonie au début du XVIIe siècle sont décrits par les autorités comme des « habitants » ou des « François ». Ce n’est qu’à partir de 1670 que l’ethnonyme « Canadien » vient à désigner ceux qui ne sont ni des « Sauvages » ni des Français de passage. — (Éric Bédard, Histoire du Québec pour les nuls, Éditions First, 2015, p. 55)
  • Entre 1670 et 1680, une nation canadienne vit le jour. Cette réalité fut très nettement perçue par les Canadiens, comme par les Français. On nomma les premiers : « résident », « domicilié », « habitué au pays », « habitant » ou « originaire », tandis que les seconds étaient de « nouveaux arrivants ». Talon lâcha le grand mot en 1670 : il parla des Canadiens, par opposition aux Français. — (Jean Hamelin (dir.), Histoire du Québec, Edisem, 1977, pp. 166-167)
À partir de la Conquête (1760–1763), le mot Canadien a continué de désigner les habitants francophones du Canada, par opposition aux nouveaux maîtres, appelés tout simplement Anglais (le Canada n’était encore qu’une colonie britannique). Malgré un mouvement de certains anglophones cherchant à appliquer le terme Canadiens aux anglophones et Canadiens-Français aux francophones[2], la dichotomie « Canadiens / Anglais » a prévalu au moins jusqu’au début du XXe siècle.
  • Qu’est-ce que les Canadiens? Généalogiquement, ce sont ceux dont les ancêtres habitaient le pays avant 1759, et dont les lois, les usages, le langage leur sont politiquement conservés par des traités et des actes solennels; […] — (Augustin-Norbert Morin, La Minerve, 23 avril 1827)
  • Cet Écossais, nommé Brown, est l’ami des Canadiens français. Il dit qu’il aime mieux les Canadiens que les Anglais. Il nous parle souvent de sa femme qui est une Canadienne française. — (Journal de Lorenzo Létourneau (1898), 17 Eldorado, Qualigram/Linguatech, Montréal, 2006)
  • Quand on lit les discours des premiers ministres du Canada, on doit attendre Sir Charles Tupper, quelque 25 ans après la Confédération de 1867, pour entendre un premier ministre parler des « Canadiens » dans le sens politique actuel de « citoyen du Canada ». — (Le Devoir, 28 novembre 2005)
De 1791 à 1840, on parle aussi de Bas-Canadiens, le territoire canadien ayant été divisé en deux : le Haut-Canada (actuel territoire de l’Ontario) et le Bas-Canada (actuel territoire du Québec).
À partir des années 1840[3] et jusque dans les années 1960, le mot couramment utilisé était Canadien français (souvent avec un trait d’union), que l’on opposait toujours à Anglais ou à Canadien anglais. À partir de la fin des années 1960, avec la Révolution tranquille et la montée du sentiment d’identité proprement québécoise, le mot Québecois (qui s’est simultanément transformé en Québécois) en est venu à déloger Canadien et Canadien français, lesquels ont été dès lors associés à une époque révolue ou à un fédéralisme de mauvais aloi. (L’inconvénient de cette évolution est qu’elle laisse dans l’ombre le million de francophones hors Québec, lesquels ont alors hérité, justement, de cette appellation, qui semble accentuer leur situation marginale.)
Il faut noter la forme populaire Canayen, attestée pour la première fois en 1890 mais dont l’origine orale remonte sans doute plus loin, et qui demeure utilisée en guise de clin d’œil aujourd’hui.
Enfin, parmi les variantes historiques, citons Boréalien, Canadois (XVIIe siècle) ; Québécain, Québé-Canadien et Québecien (1837) ; Franc-Canadien, Francien, et Franco-Canadien (vers 1840) ; ainsi que Franconien et Laurentien (vers 1910). Aucun de ces termes n’a eu bonne fortune.
Note[modifier le wikicode]
Ce mot est un gentilé : il désigne les habitants d’un lieu, les personnes qui en sont originaires ou qui le représentent (par exemple, les membres d’une équipe sportive).

Apparentés étymologiques[modifier le wikicode]

Traductions[modifier le wikicode]

Nom propre [modifier le wikicode]

Canadien \ka.na.djɛ̃\

  1. (Sport) Prestigieux club de hockey sur glace professionnel, basé à Montréal et fondé en 1909.
    • Le Canadien de Montréal.
Note : Dans la langue populaire, on dit souvent plutôt les Canadiens de Montréal.

Synonymes[modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier le wikicode]

  • Canadien sur l’encyclopédie Wikipédia Wikipedia-logo-v2.svg
  • Éric Bédard, Histoire du Québec pour les nuls, Éditions First, 2015, p. 55.
  • Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, vol. 1, « Des origines à 1791 », 2013.
  • Éric Bédard, Les Réformistes – Une génération canadienne-française au milieu du XIXe siècle, p. 72.