brûlot

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Voir aussi : brulot

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

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Nom commun [modifier]

Singulier Pluriel
brûlot brûlots
\bʁy.lo\

brûlot \bʁy.lo\ masculin

  1. (Marine à voiles) Navire rempli de matières combustibles et destiné à incendier d’autres vaisseaux. — Note : C’est le sens initial du mot.
    • Au milieu de la nuit, des brûlots lancés par les Anglais vinrent tomber au milieu de l’escadre. Les capitaines effrayés coupèrent leurs câbles et s’efforcèrent de gagner la haute mer. (Frédéric Zurcher et Élie-Philippe Margollé, Les Naufrages célèbres, Hachette, Paris, 1873, 3e édition, 1877, p. 12)
  2. (Figuré) (Journalisme) Pamphlet incendiaire au ton très virulent.
    • De juillet 1888 à février 1890, Alfred Le Petit réactive son journal satirique de 1871, La Charge, pour en faire un brûlot boulangiste, mais il s’enlise avec le déclin du général. (Bertrand Tillier, À la charge ! : la caricature en France de 1789 à 2000, Éditions de l’Amateur, 2005, p. 73)
    • Il y a presque dix ans paraissait un brûlot collectif intitulé : Interdit aux autruches (Les Intouchables, 1997). Dans l’un des textes du recueil farouchement anti-boomer, l’écrivain Stéphane Despatie déversait tout son fiel sur une « génération qui, selon lui, exerce une mainmise autoritaire sur ses aînés et ses cadets », et qui serait menée par « les trop nombreux péteux d’bretelles, flatteux d’bedaines, mangeux d’avenir et fêteux d’rues se prenant pour les premiers et, bien sûr, les derniers révolutionnaires et citoyens responsables de l’histoire du monde. » (p. 121) (L’Action nationale, volume 96, numéros 1 à 5, Ligue d’action nationale, 2006)
    • C’est un véritable brûlot que M. Aussant a lancé depuis Londres où il travaille dans le secteur financier. Dans une lettre ouverte adressée au Devoir, intitulée «Si j’étais militant péquiste», il plaide pour «une refondation du Parti québécois». (Les candidats à la direction du PQ commentent le brûlot d’Aussant, dans http://www.lapresse.ca, 10 septembre 2014)
  3. (Par extension) (Cuisine) Eau-de-vie ou rhum que l’on brûle pour relever une omelette, une salade d’oranges, etc.
    • — Un brûlot mon gendre, ça chauffe la tripe et ça nettoie la tête; y a rien de meilleur pour le corps. (Guy de Maupassant, Toine, dans Les Contes normands)
    • — Faut faire un brûlot ! cria Mes-Bottes ; deux litres de casse-poitrine, beaucoup de citron et pas beaucoup de sucre ! (Émile Zola, L’Assommoir/Chapitre III, 1877, Charpentier, 1879, p. 111)
  4. (Cuisine) (Vieilli) Morceau très salé ou très poivré [2].
  5. (Histoire des techniques) Ancien polissoir pour les miroirs [2].
  6. (Vieilli) (Désuet) Homme ardent, inquiet, entreprenant, boutefeu [2].
  7. (Antiquité) Baliste [2].
  8. Homme imbibé d’alcool Référence nécessaire
  9. (Par analogie) Sorte d’insecte qui, en automne, cause des démangeaisons à la peau en s’y attachant.
  10. (Canada) Moucheron (genre Simulium) dont la piqûre donne une sensation de brûlure intense.
    • Je pardonne au « moustique à collier blanc », qui provoque un jet de sang à chaque piqûre. Je subis avec patience les coups du « frappe d’abord », les impressions cautérisantes du microscopique « brûlot » ; mais le culex, je le hais, je le méprise, je voudrais le conspuer et le martyriser pendant toute une éternité. (Henry de Puyjalon (1841-1905), Récits du Labrador, 1894, Imaginaire/Nord, 2007, p. 54)
    • Il y a ici des frappe-d’abord ; il y a des brûlots ; ce sont de très-petits moucherons, dont la piqûre est si vive ou plutôt si brûlante, qu’il semble qu’une petite étincelle est tombée sur la partie qu’ils ont piquée. Il y a des moustiques ; ce sont des brûlots, à cela près qu’ils sont encore plus petits ; à peine les voit-on, ils attaquent particulièrement les yeux ; il y a des guêpes, il y a des taons […] (Paul du Poisson, doc. CCI, 1727, p. 292 (Lettre du Père du Poisson, Missionnaire aux Akensas), in Reuben Gold Thwaites (éditeur), The Jesuit Relations and Allied Documents: Travels and Explorations of the Jesuit Missionaries in New France, vol. 67, Burrows Brothers Company, Cleveland, 1900)
    • Taon, mouche à cheval : Taon : Tubanus
      Guêpe à cheval : L’Œstre du cheval :
      Gastrus equi
      Frappe d’abord : Les Chrysops :
      Chrysops niger
      Brulôt : Simule :
      Simulium
      Maringouins : Cousins :
      Culex pipiens
      Mouches à vers : Mouche de la viande :
      Culliphora vomitaria
      Mouche jaune : Mouche merdivore :
      Musca merdaria
      Chiques, barbeaux : Les larves de l’Œstre du cheval :
      Gastrus equi
      Chenilles des vaches : Les larves de l’Œstre du bœuf :
      Hypoderma bovis
      Lève-cul, culbuteux : Les larves des Cousins :
      Culex
      Moustiques : Tous le autres Diptères de petite taille

      (Noms vulgaires des insectes en Canada, Le Naturaliste canadien, tome troisième, no. 4 (mars 1871), C. Darveau, Québec, 1871)
    • Il pourrait désigner, en forçant un peu la note, cette mouche du coche de Lafontaine, qui « pique l’un, pique l’autre, et pense à tout moment qu’elle fait aller la machine… Va, vient, fait l’empressée… » mais malheureusement, je n’ai pas même vu l’ombre d’une mouche à mon départ : Maringouins, frappe-d’abord, mouches noires, moustiques, toute la gent pique-fort était restée dans ses retranchements, car il soufflait un vent du nord qui poussait bien notre pirogue, mais qui n’était pas du tout favorable aux mouches. Nous n’avons pas même senti la piqûre du brûlot, ce liliputien du monde des insectes. (Napoléon Caron, Voyages, 1888, p. 182)
    • Il est vrai que c’est par curiosité que notre mère Ève mangea le fruit défendu. Avec le résultat qu’il nous est désormais interdit de passer nos journées à nous promener dans le jardin d’Éden […] et de manger des bleuets et des catherinettes en caressant négligemment les gentils petits tigres et les éléphanteaux domestiques. Au lieu de cela, du fait de notre première mère nous habitons les rives du Saint-Laurent, mangeons notre pain à la sueur du boulanger et sommes soumis aux attaques des bêtes féroces telles que moustiques, brûlots, frappe-d’abord et inspecteurs du Revenu. (Ringuet (Philippe Panneton), Confidences, Fidès, Montréal/Paris, 1965, p. 83)
    • Le nord du Québec possède pourtant un bien meilleur moyen de repousser les hordes de touristes avides de grande nature […] Au Québec, nous pouvons compter sur les maringouins, les brûlots, les mouches noires et les différentes espèces de « frappe-à-bord » : mouches à chevreuil, à orignal, à caribou, à vache, à tout-ce-que-vous-voudrez et qui, faute de ces animaux, s’accommodent très bien d’une bonne bouchée de pêcheur ou de campeur. […] Chaque insecte se distingue par sa taille, sa rapidité et son mode de torture. De plus, ils ont des horaires complémentaires. Les mouches noires et « frappe-à-bord » dominent durant le jour, tandis que brûlots et maringouins préfèrent le crépuscule, bien qu’ils s’accordent fréquemment des heures supplémentaires. Ces charmantes bestioles ne semblent dormir que par les nuits très fraîches. […] De plus, l’humidité favorise la prolifération de ces meutes de mini-perceuses. (Québec Chasse et Pêche, juillet 1975, p. 45)

Traductions[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]