défier

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Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

De dé- et fier avec l’influence du latin diffidere (« ne pas se fier à »).

Verbe[modifier | modifier le wikicode]

défier \de.fje\ transitif 1er groupe (conjugaison) (pronominal : se défier)

  1. Provoquer à une lutte, au duel.
    • Le comte de Ravenstein, sans indiquer les motifs de sa déclaration, défiait le prince Adolphe partout où il pourrait le rencontrer, soit seul à seul, soit vingt contre vingt, soit armée contre armée […]. (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • VadiusJe te défie en vers, prose, grec, et latin.
      TrissotinHé bien, nous nous verrons seul à seul chez Barbin.
      (Molière, Les Femmes savantes, acte III, scène 3)
  2. (Figuré) Braver quelque chose de dangereux, s’y exposer hardiment, courageusement, lutter contre.
    • […] on voyait qu’elle ne défiait pas l’attaque mais qu’une fois commencée, elle était sérieusement résolue à la repousser. (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Quiconque mange bien peut défier le ciel. Ce sont les ascètes et les meurt-de-faim aux estomacs débilités qui ont inventé les dieux. (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, p. 191)
    • (Par extension) Un monument qui semble défier les siècles.
    • Sans compter qu'on chercherait à m'assassiner. Heureusement, je porte une cotte de mailles qui eût défié jusqu'au couteau de Jacques Clément et de Ravaillac. (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » #31, 1907)
  3. Mettre en demeure quelqu’un de faire quelque chose en laissant entendre qu’on le croit incapable de réussir.
    • Les sabbats ont alors la forme grandiose et terrible de la Messe noire, de l’office à l’envers, où Jésus est défié, prié de foudroyer, s’il peut. (Jules Michelet, La Sorcière, Hetzel - E. Dentu, 1862, p. 143)
    • Vous me menacez de me faire un procès, je vous en défie.
    • Je le défie bien de se tirer de là.
    • Je vous défie de deviner.
  4. (Pronominal) Se mettre en garde contre quelqu’un ou quelque chose.
    • Il est aisé de me tromper ; je ne sais pas me défier d’une action que je ne voudrais pas faire moi-même. (Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, 1833, acte I, scène 4)
    • Il se levait de bonne heure, descendait dans la cour, jetait un coup d’œil aux étables, aux écuries. Non qu’il se défiât – il ne se défiait jamais ! – du service de ses domestiques, […], mais ce lui était plaisir que de ne point manquer la sortie de l’étable fumante, […]. (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap.1, 1910)
  5. (Pronominal) Prévoir ou soupçonner quelque chose de fâcheux.
    • Ceux qui se défiaient de l’empire, pressentant qu’il serait la guerre, avaient-ils tort ? (Émile de Girardin, en préface de Le dossier de la Guerre de 1870, 23 septembre 1877)
  6. (Pronominal) Avoir peu de confiance.
    • Se défier de soi-même, de ses forces ; se défier de sa capacité,

Expressions[modifier | modifier le wikicode]

Dérivés[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Prononciation[modifier | modifier le wikicode]

Homophones[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]