démon

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
Aller à : navigation, rechercher
Voir aussi Voir aussi : demon

Français[modifier | modifier le wikicode]

Étymologie[modifier | modifier le wikicode]

Du latin daemon (« esprit, génie, démon »), du grec ancien δαίμων, daímo̱n (« divinité, génie »).

Nom commun[modifier | modifier le wikicode]

Singulier Pluriel
Masculin démon
/de.mɔ̃/
démons
/de.mɔ̃/
Féminin démone
/de.mɔn/
démones
/de.mɔn/

démon /de.mɔ̃/ masculin (équivalent féminin : démone)

  1. (Antiquité) Génie, esprit ou divinité, bon ou mauvais.
    • Que l’honneur de mon prince est cher aux destinées ! Que le démon est grand qui lui sert de support ! (François de Malherbe, II, 7)
    • Que saurait enseigner aux princes
      Le grand démon qui les instruit.
      (François de Malherbe, III, 2)
    • Or qu’en un saint ouvrage un saint démon m’appelle. (Abbé Mathurin Régnier, Poésies diverses : Commencement d’un poème sacré)
    • Un plus puissant démon veille sur vos années. (Pierre Corneille, Cinna, II, 1)
    • Leur chef nous a paru le démon des combats. (Pierre Corneille, La Toison d’or, I, 2)
    • [Il] Respecterait en lui le démon de l’empire. (Pierre Corneille, Pulchérie, III, 3)
    • Ô ciel ! quel bon démon devers moi vous envoie, Madame ? (Pierre Corneille, Héraclius, empereur d’orient, V, 2)
    • Que les hommes, les dieux, les démons et le sort
      Préparent contre nous un général effort.
      (Pierre Corneille, Horace, II, 3)
    • Quel démon envieux
      M’a refusé l’honneur de mourir à vos yeux ?
      (Jean Racine, Britannicus, II, 6)
    • Fatale furie
      Que le démon de Rome a formée et nourrie.
      (Jean Racine, Mithridate, V, 1)
    • J’ose donc dire d’abord qu’il ne faut pas accuser Dieu d’injustice parce que les enfers des Égyptiens, d’Orphée et d’Homère, n’existent pas, et que les trois gueules de Cerbère, les trois Furies, les trois Parques, les mauvais démons, la roue d’Ixion, le vautour de Prométhée, sont des chimères absurdes. Les charlatans sacrés qui inventèrent ces horribles fadaises pour se faire craindre, et qui ne soutinrent leur religion que par des bourreaux, sont aujourd’hui regardés par les sages comme la lie du genre humain ; ils sont aussi méprisés que leurs fables. (Voltaire, Dialogues et entretiens philosophiques, XX)
    • Platon avait imaginé les démons pour former une échelle par laquelle, de créature plus parfaite en créature plus parfaite, on montât enfin jusqu’à Dieu, de sorte que Dieu n’aurait que quelques degrés de perfection par-dessus la première des créatures. (Denis Diderot, Dictionnaire encyclopédique : Antédiluvienne (philosophie))
    • (Figuré) Croyant sur la parole des esprits doux, que Diable et Démon ne sont qu’une même chose, et, par exemple, ayant ouï dire que la peine et la récompense sont les deux démons qui gouvernent les choses humaines, qu’Aristote est le démon de la nature, que le favori est le démon de l’État, etc. ; ils rediront innocemment, et sans craindre de parler mal françois, que la peine et la récompense sont les deux diables qui gouvernent les choses humaines, qu’Aristote est le diable de la nature, que le favori est le diable de l’État, etc. (Jean-Louis Guez de Balzac, Remarques sur des sermons et sur des traités de controverse : discours dixième)
    • Deux démons à leur gré partagent notre vie,
      Et de son patrimoine ont chassé la raison […]
      J’appelle l’un amour et l’autre ambition.
      (Jean de la Fontaine, Fables, X, 10)
  2. (Christianisme) Un des diables, des esprits malins, par opposition aux anges, pour les chrétiens
    • Le démon recourt à des calomniateurs pour nuire à François. Maintes fois l'évêque de Genève a fait l'objet de calomnies et de ragots de la part de certains ministres du culte réformé : […]. (Gilles Jeanguenin, Saint François de Sales: son combat contre le démon, page 38, Éditions de l'Emmanuel, 2009)
    • Que les démons et ceux qui les adorent
      Soient à jamais détruits et confondus !
      (Jean Racine, Esther, II, 9)
    • C’est une étrange vision,
      Et cependant, ange ou démon
      J’ai vu partout cette ombre amie.
      (Alfred de Musset, Poésies : La Nuit de décembre)
  3. (Religion) Le Diable, Satan, prince des démons, et principe du mal. — Note : Il porte alors une majuscule.
    • […] et le Démon profite de cette accalmie pour entrer en scène.
      Il lui apparaît sous des formes belliqueuses de monstres, casse tout, fuit, en s’effumant dans des buées puantes ; […].
      (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Et bravant du Démon l’impuissant artifice,
      De la religion soutient tout l’édifice.
      (Jean Racine, Esther, prologue)
    • Vous irez crier partout qu’il faut être organe du Démon pour vous imputer des choses dont il n’a ni marque ni vestige dans vos livres. (Blaise Pascal, Provençal, 15)
  4. Personne méchante qui se plaît à tourmenter les autres.
    • Cet homme est un vrai démon, un démon incarné.
  5. (Familier) Enfant vif et malin.
    • C’est un petit démon.
  6. Cause de l’inspiration, des impulsions bonnes ou mauvaises.
    • Quel démon me poussait à toujours reprendre la mer ? (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Que faisons-nous, Romains ? Dit-il, et quel démon nous fait venir aux mains ? (Pierre Corneille, Horace, I, 3)
    • Quel démon vous irrite et vous porte à médire ? (Nicolas Boileau-Despréaux, Satire IX : À son esprit)
    • Dès lors que son démon commence à l’agiter,
      Tout, jusqu'à sa servante, est prêt à déserter.
      (Nicolas Boileau-Despréaux, Satire VIII : À M. M… (Morel), docteur de Sorbonne, sur l’Homme)
    • Eh ! que serait-ce donc si le démon du jeu
      Versait dans son esprit sa ruineuse rage ?
      (Nicolas Boileau-Despréaux, Satire X : Les Femmes)
    • Térence n’est pas possédé de ce démon-là. (Denis Diderot, Sur Térence)
    • Celui qu’un vrai démon [l’inspiration] presse, enflamme, domine,
      Ignore un tel supplice, il pense, il imagine.
      (André Chénier, 12)

Variantes orthographiques[modifier | modifier le wikicode]

Dérivés[modifier | modifier le wikicode]

Ah ! que vous êtes prompte !
La Mouche tout d’un coup à la tête vous monte ;
Et, sans considérer s’il a raison ou non,
Votre esprit contre moi fait le petit démon.
(Molière, L’Étourdi, Scène VIII)
Il a fait le petit démon quand je lui ai dit que vous m’aviez envoyé de l’argent pour lui, il n'en a que faire. (Marquise de Sévigné, 157)
Se dit aussi en bonne part, en parlant d’une résistance ou d’une attaque honorable
Le maréchal de Créqui fait toujours le démon dans Trèves [assiégée]. (Marquise de Sévigné, 214)
Le petit-fils de St-Hérem, qui courait comme un démon à cheval avec le comte de Toulouse, tomba et fut trois heures sans connaissance. (Marquise de Sévigné, 471)
On ne convient pas de ce qu’était ce génie, appelé ordinairement le démon de Socrate, d’un mot grec qui signifie quelque chose qui tient du divin, conçu comme une voix secrète. (Charles Rollin, Historique ancien, tome IV, p. 359. Le Démon de Socrate, titre d’un livre où M. Lélut cherche à prouver que le démon de Socrate était, chez ce philosophe, une hallucination de l’ouïe)

Apparentés étymologiques[modifier | modifier le wikicode]

Traductions[modifier | modifier le wikicode]

Anagrammes[modifier | modifier le wikicode]

Voir aussi[modifier | modifier le wikicode]

Références[modifier | modifier le wikicode]