cothurne
Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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[modifier] Français
Étymologie
- Du latin cothurnus.
Nom commun
| Singulier | Pluriel |
|---|---|
| cothurne | cothurnes |
| /kɔ.tyʁn/ | |
cothurne /kɔ.tyʁn/ masculin
- (Antiquité) Sorte de chaussure montante que portaient les anciens Grecs, entourant le pied et une partie du mollet.
- Les capitaines, portant des cothurnes de bronze, s’étaient placés dans le chemin du milieu, sous un voile de pourpre à franges d’or, qui s’étendait depuis le mur des écuries jusqu’à la première terrasse du palais. — (Gustave Flaubert, Salammbô).
- (Théâtre) Brodequin de cuir à semelle très épaisse dont les acteurs tragiques se servaient dans la représentation des tragédies pour paraître d’une taille plus élevée, qui couvrait le gras de la jambe, et était lié sous le genou, et faisait paraître la taille plus belle.
- C’étoient de grands brodequins liégés, sur lesquels les Acteurs des Tragédies étoient montés comme sur des échasses. — (Blaise de Vigenère)
- Ils se tiennent sur des cothurnes ; c’est une chaussure haute quelquefois de quatre ou cinq pouces. — (abbé Barthélémy, Voyage du jeune Anacharsis en Grèce dans le milieu du IVe siècle, 3e édit. Paris, 1790)
- Eschyle invente le cothurne, qui grandit l’homme, et le masque, qui grossit la voix. Ses métaphores sont énormes. — (Victor Hugo, William Shakespeare, IV, I, p. 41.)
- Si cette Muse, à qui, Monsieur, vous n’êtes rien,
Avait l’honneur de vous connaître, croyez bien
Qu’en vous voyant si gros et bête comme une urne,
Elle vous flanquerait quelque part son cothurne.
— (Edmond Rostand, Cyrano De Bergerac, I, IV) - (Vieilli) Chausser le cothurne, faire des tragédies, prendre un ton élevé et pathétique, dans une occasion, dans un ouvrage qui ne le demande pas.
- Mais quoi ! je chausse ici le cothurne tragique ? — (Nicolas Boileau)
- (Par extension) Tragédie, symbole du genre tragique, par opposition au brodequin ou à la socque qui est celui du genre comique.
- Voilà des vers qui sont dignes du cothurne.
- Quitte ce langage tragique, et mets bas le cothurne.
- Quitter le brodequin pour prendre le cothurne, abandonner le théâtre comique pour le théâtre tragique.
- Chaussure montant jusqu’au mollet et lacée ; les lacets de ces souliers.
- Justine s’agenouilla, défit les cothurnes des souliers, déchaussa sa maîtresse, qui nonchalamment étendue sur un fauteuil à ressorts, au coin du feu, bâillait en se grattant la tête. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831)