bataclan

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Voir aussi : Bataclan, bataclán

Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(1761)[1][5][6][9] (Le Larousse étymologique et historique de la langue française indique « vers 1750 » sans donner de sources[3].) À l’origine de ce mot on trouverait une onomatopée[1][2][5][6], proche de pa-ta-tra[4][8][9], formée à partir de la racine *patt-[3][4][7][9] que l’on retrouve dans presque toutes les langues romanes[7] et surtout dans les langues gallo-romaines sur tout le territoire français[2][7]. Cette onomatopée donne l’idée du bruit d’un ensemble d’être et/ou de choses en mouvement avec une idée de chute[2][6][7][9]. Ainsi, on la retrouve interprétée de diverse manière selon les régions :
  • On a l’idée du bruit dans le picard pataclan (« bruit d’un corps qui tombe »)[7], le normand pataclan (« tapage, fracas »)[7], pour celui de Bray, précisément, pataclas (« grand bruit »)[7], pareil pour celui du Havre où s’ajoute un sens dérivé qui désigne « un vantard »[7]. Dans le normand de l’Orne pataclan désigne le « bruit d’un corps qui tombe dans l’eau »[7]. On retrouve aussi cette idée en occitan comme en Provence pataclan (« tapage »)[7], dérivé en « gros enfant potelé, personne grossièrement faite »[7], dans le bas-Limousin potoclan (« tapage ») dérivé en (« fatras »)[7], le béarnais bataclam (« bruit »)[11], le gascon bataclam (« vacarme, tapage »)[10] et on note aussi à Agen l’expression avé pataclan : « avoir roi, dame et valet, au jeu de carte »[7].
  • On trouve l’idée d’un ensemble de chose dans l’occitan marseillais pataclan (« tout l'avoir d’une personne »)[7], le normand du Havre pataclan fait aussi « mobilier, ustensiles d’un ménage »[7], que l’on retrouve aussi dans le gallo de Coglès [bataklɛ̃ɔ̃] (« biens, avoirs »)[7], le champenois de Langres bataclan (« tout ce qu’on possède »)[7], le franc-comtois bataclan (« tout ce qu’on possède ») dérivé en « tout ce qui compose la famille »[7], le francoprovençal du Val d’Aoste [bataklɑ̃] (« tout ce qui forme un ménage, ustensiles, bétails, enfants, etc. »)[7], de Thônes (savoyard) bataclian (« attirail encombrant »)[7], de Grenoble bataclan (même sens)[7]. On la retrouve même dans l’ancien occitan pataclin (« bibelot de ménage »)[7].
Cette variété montre que le mot est populaire[12] et notamment argotique[12]. En effet, c’est par les représentations populaires auxquelles il assiste que Charles-Simon Favart[9] utilise ce mot dans son journal qui reste la première attestation écrite à l’heure actuelle[9]. Il le fait apparaître dans l’expression et tout le bataclan qui restera utilisée depuis[9]. Il est difficile d’affirmer que les différents sens populaires, régionaux et argotiques du mot soient issus de la même langue régionale, ni de déterminer de laquelle, tant l’émigration fut variée dans le Paris des 18e et 19e siècles. L’hypothèse d’Oscar Bloch et Walther von Wartburg indiquant que le mot français vient du picard pataclan[2][7] qui a changé son initiale sous l’influence de battre[2] a été reprise dans quelques ouvrages actuellement[6][9]. Le sens originel de bruit a disparu du français actuel[6][9].

Nom commun [modifier]

Singulier Pluriel
bataclan bataclans
\ba.ta.klɑ̃\
Déménager avec tout son bataclan (sens 1).
Photographie de mouton gênant le trafic routier
Ce bataclan (sens 3) est bien encombrant pour les voitures.
Un bataclan (sens 5) personnalisé.

bataclan \ba.ta.klɑ̃\ masculin

  1. (Populaire) Ensemble d’objets embarrassants.
    • — Tenez, monsieur Ledru, me dit le valet du bourreau, voilà votre affaire ;
      — vous n’avez pas besoin de vous presser ce soir ;
      — nous vous laissons tout le bataclan ;
      — demain, on les enterrera ;
      — il fera jour ;
      — ils ne s’enrhumeront pas pour avoir passé une nuit à l’air.
      — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes, 1849)
    • On fera la noce tout de suite, demain si ça se peut, on aura les dispenses, d’ailleurs ici les formalités ne sont pas lourdes, le doyen fait ce qu’il veut, on est marié avant qu’on ait le temps de crier gare, ce n’est pas comme en France, où il faut des bans, des publications, des délais, tout le bataclan, et tu pourras te vanter d’être la femme d’un brave homme, et il n’y a pas à dire, c’est que c’est un marin, je l’ai pensé dès le premier jour quand je l’ai vu revenir de Herm avec le petit canon.. — (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866)
    • Très-bien ! Mais combien un prêtre peut-il dire de messes par jour ? J’ai entendu dire, à l’époque où mes parents me faisaient élever dans la connaissance du catéchisme, de la liturgie, de la théologie et de tout le bataclan, j’ai entendu dire qu’un prêtre ne pouvait pas dire plus de trois messes par jour, et encore fallait-il, pour cela, qu’il fût spécialement autorisé par le pape. — (Léo Taxil, Encore le Sacre Cœur dans À bas la calotte, Bibliothèque anti-cléricale, 1879)
  2. (Figuré) Précisions superflues.
    • Les autres professeurs lui apparaissent médiocres, ils se perdent dans un bataclan de détails assénés de manière péremptoire, au lieu d’insister sur ce qu’impliquent les principes les plus fondamentaux de la physique : le rôle des symétries, l’élégance des équations, les propriétés essentielles du réel. — (Étienne Klein, En cherchant Majorana, Gallimard, 2013, page 40)
  3. (Par extension) (Populaire) Cohue ; troupe qui embarrasse.
    • Brigite.
      Comment, vous ne savez pas ça. Allons ; fait bien voir que vous venez de loin. (confidemment) Il y aura vendredi cinq semaines, qu’il arriva ici, au château ; lui, sa fille, ses chiens, ses chevaux et tout le bataclan.
      — (August von Kotzebue, Le Fils naturel, 1791)
  4. (Populaire) (Vieilli) Vacarme, bruit gênant.
    • Des pingouins partout, des pétrels-tempêtes. Un endroit terrible. Ah ! Mille saints, mille singes ! Quel bataclan, et comme ça tape ! La bourrasque n’a pas besoin qu’on aille à son secours. — (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866)
    • CHŒUR.
      Ah ! quelle musique
      Magnifique !
      Quel bataclan
      Retentissant !
      — (Jacques Offenbach, Le Voyage dans la Lune, 1875)
  5. (Argot) (Désuet) Outils, pour les ouvriers.
    • Je vas pas par quatre chemins ; quand je dis quelque chose, c’est que c’est ça : avec moi il y a pas de porte de derrière ; et la preuve que c’est pas comme tu crois, c’est que je vais te confier que pas plus tard qu’à ce soir je fais un chopin. J’ai déjà préparé tout mon bataclan, les fausses clefs ont été essayées ; si tu veux venir avec moi, tu verras comme je m’arrange. — (Eugène-François Vidocq, Mémoires, Tenon, 1829)
  6. (Suisse) (Populaire) Bande, groupe d’amis.

Variantes[modifier]

Synonymes[modifier]

Ensemble d’objet
Troupe
Vacarme

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Anagrammes[modifier]

Voir aussi[modifier]

Références[modifier]

Références
Sources