hybris

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Voir aussi Voir aussi : Hybris

Français[modifier | modifier le wikitexte]

Étymologie[modifier | modifier le wikitexte]

Du grec ancien ὕβρις, húbris (« démesure »).

Nom commun[modifier | modifier le wikitexte]

Singulier et pluriel
hybris
/y.bʁis/

hybris /y.bʁis/ féminin

  1. Sentiment violent inspiré par la passion et par l’orgueil ; excès coupable.
    • De l’hybris à la némésis, il n’y a guère plus d’un pas.
    • « Vous comprenez, disait Baillargeau, dans la vigne ce ne sont pas des espèces que nous croisons, ce sont des races, des variétés. On devrait dire des métis et non pas des hybrides, mais la coutume est de parler d'hybrides, et puis cela fait plus noble. [...] — Vous soutenez que le terme d'hybride est plus noble que celui de métis. D'abord il est impropre et vous en convenez puisqu'il désigne le croisement de deux espèces différentes; ensuite il est grossier, barbare et, de plus, outrageant puisqu'il est tiré du mot grec hybris qui a le sens de viol, alors que métis vient du latin mixtus au sens exquis de ce qui est mêlé, tendrement mêlé, amoureusement mêlé. » (Maurice Bedel, Le mariage des couleurs, 1951, I, 3)
    • On parle toujours du « fatum », du destin, qui écrase le héros tragique. Or, il s’agit là d’un mot latin ! Dans la tragédie grecque, la fatalité porte le même nom que l’erreur, « l’atè ». C’est « l’hybris » (l’arrogance funeste), détestée des Grecs foncièrement égalitaires, qui, par le sentiment de supériorité qu’elle inspire, mène à l’erreur, à la faute, à « l’atè. » (André Degaine, Histoire du théâtre dessinée, Nizet, 1992)
    • Hybris, l'esprit d'un « orgueil titanique et divin », avait déjà causé la perte de l'Atlantide-Europe. « Au jour de ta chute, toute la foule au milieu de toi sombrera au coeur des mers... Parce que tu as dit "Je suis Dieu"! » (Ez. XXVII, 27; XXVIII, 2) (Dimitri Mérejkovsky, cité dans Hybris, Titanique XXe siècle, Éditions L'Âge d'Homme, Lausanne (Suisse), 2002)
    • Shakespeare invente [dans La tempête] une histoire qui nous renvoie à la philosophie grecque, notamment l’idée d’ordre cosmique mis en péril par un péché capital, très humain : l’hybris, c’est-à-dire l’orgueil de ceux qui ne veulent pas rester à leur place – Antonio, qui usurpe le trône, Stefano et Trinculo qui veulent devenir rois, Caliban qui désire Miranda. (Le Devoir, 28 et 29 juillet 2012)

Variantes[modifier | modifier le wikitexte]

Antonymes[modifier | modifier le wikitexte]

Dérivés[modifier | modifier le wikitexte]

Traductions[modifier | modifier le wikitexte]

Voir aussi[modifier | modifier le wikitexte]