éprouver

Définition, traduction, prononciation, anagramme et synonyme sur le dictionnaire libre Wiktionnaire.
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Français[modifier]

Étymologie[modifier]

(Date à préciser) Mot dérivé de prouver avec le préfixe é-. (1080) esprover, « mettre quelqu’un à l’épreuve ».

Verbe [modifier]

éprouver \e.pʁu.ve\ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Mettre à l’épreuve, tester.
    1. Tester un objet pour se rendre compte s’il a toutes les qualités voulues.
      • J’allai dans la sellerie où je choisis des courroies solides dont j’éprouvai la force de résistance. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Le Colporteur)
      • C’est un remède que j’ai éprouvé.
      • Éprouvez si cela vous fera du bien.
    2. Tester des personnes pour vérifier leurs qualités, leurs sentiments, etc.
      • Ils se fièrent aussi en Dieu, les pauvres moines, et en leur bonne cause.
        […]. Mais les bénédictins avaient mal placé leur confiance. Dieu pour les éprouver sans doute, jugea à propos de les abandonner.
        — (H. Leymarie, « Excursion à Die », dans la Revue du Lyonnais, Lyon : chez Léon Boitel, 1835, vol. 1, p. 466)
      • Éprouver quelqu’un avant de se fier à lui. — Éprouver la fidélité, la probité de quelqu’un. — Le malheur nous éprouve.
  2. Ressentir, connaître par expérience, tant au sens physique qu’au sens moral.
    • Elle rangeait sa chambre tous les matins, et elle éprouvait un ravissement inconnu à caresser la soie de son pyjama […] — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "« Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
    • Cependant l’aérostat s’abaissait vers la terre, et la nacelle, rasant les inégalités du sol, éprouvait de fortes secousses. — (Julien Turgan, Les Ballons : histoire de la locomotion aérienne, chap. 18, 1851, p. 203)
    • La courte nuit d’été lui parut cependant interminablement longue. Il éprouvait une sensation désagréable d’insécurité et il s’imaginait, sans la moindre raison, que le jour la dissiperait. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 98 de l’éd. de 1921)
    • Parfois elles étaient si dures les nouvelles selles merveilleuses, qu’elle en éprouvait un mal affreux au fondement… Des déchirements… — (Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932)
    • C’était bizarre. Jamalou n’éprouvait plus, devant cette face douloureuse dont les yeux révulsés, la bouche aux lèvres tuméfiée, presque noire, révélaient l’atroce agonie, aucune espèce de compassion. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Je n’éprouvais plus qu’une sensation vague des objets et des êtres. Tout passait devant moi, avec des formes indécises. — (Octave Mirbeau, Lettres de ma chaumière : La Tête coupée, A. Laurent, 1886)
    • Le vrai fait nouveau, aujourd’hui, n’est peut-être pas que les peuples éprouvent les passions politiques, mais qu’ils prétendent les éprouver. Cette prétention suffit, d’ailleurs, à les rendre agissants et à fournir un merveilleux terrain d’exploitation à leurs meneurs. — (Julien Benda, La Trahison des clercs, 1927, éd. 1946)
    • À cause des obstacles de chaque côté de la grand-route, il éprouva des difficultés à faire tourner ses chars et half-tracks pour les lancer à l’attaque. — (Charles B. Mac Donald, Noël 44 : La bataille d’Ardenne, traduit par Paul Maquet & Josette Maquet-Dubois, Luc Pire Éditions, Bruxelles, 1984, p. 287)
  3. (Par analogie) Subir des changements, des variations, des altérations, qui surviennent aux choses.
    • Les altérations qu’une substance éprouve quand elle est soumise à l’action du feu.
    • Sa conduite, son caractère en éprouva un changement notable.

Dérivés[modifier]

Traductions[modifier]

Prononciation[modifier]

Anagrammes[modifier]

Références[modifier]